Une petite expérience : un blog pour parler de France, de francophonie, du français (etc.) avec les étudiants.
En construction quoiqu'en activité. Les suggestions sont les bienvenues.
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La voix de Patrick Floersheim, le narrateur, avait tendance à me déconcentrer à la vision de Rafah, Chroniques d’une ville dans la bande de Gaza. Heureusement, sa présence n’a pas duré. Je me suis renseigné sur sa carrière de doubleur. Ce film dénote un peu par rapport aux documentaires vus sur le même sujet la semaine dernière : Ici, les Palestiniens interrogés en 2006 (après l’évacuation de Gaza) après une période de liesse, regrettent l’occupant israélien à cause de la corruption, de l’arrivisme de la classe politique, et du renouvellement désastreux de la clientèle des trafiquants d’armes qui, faute de combattants, vendent aux particuliers. On y souligne les désastres d’une longue occupation.
On retrouve Hanna Schygulla dans Le Mariage de Maria Braun. Sur le papier, ce mélodrame pourrait sembler too much. En fait, il y a pas mal de retenue.
L’Ami américainmontre Paris comme si c’était Hambourg (les grues) et donne envie d’aller à Hambourg. Il y a un casting de cinéphile et des pièces de la collection d’Henri Langlois exposées à la cinémathèque française. Malgré tout ça et le rythme lent, le film est excitant. La poursuite dans le métro marque. Le design des logos (tf1, libération, rtl, leroy merlin) a changé, mais pas Paris plein de pubs. Un cadeau surprend un conjoint.
Madame porte la culotte était le deuxième volet du cinéclub autour de Stanley Cavell, ce qui permet de fermer une fenêtre car il commence à faire froid. C’est une bonne idée d’avoir nommé Amanda (Katharine Hepburn) la conjointe d’Adam (Spencer Tracy). Ici, ce n’est pas vraiment un remarriage car il n’y a pas eu de vrai divorce.
Le personnage offert par Les Prédateurs à Catherine Deneuve est très proche de celui de Je vous aime. Un cadeau surprend un conjoint. Bauhaus et Shubert.
Je comprends mieux la la filiation de Vampire avec Nosferatu puisqu’on retrouve dans l’un comme dans l’autre une fascination pour les mangeurs dans la nature.
Rafah, Chroniques d’une ville dans la bande de Gaza, Alexis Monchovet, Stéphane Marchetti & Sébastien Mesquida, 2008
Der Ehe Maria Braun, R. W. Fassbinder, 1979
Der amerikanische Freund, Wim Wenders, 1977
Adams’Rib, George Cukor, 1949
The Hunger, Tony Scott, 1983
Nosferatu, eine Symphonie des Grauens, W. F. Murnau, 1922
Y a des abeilles en Autriche, mais elles habitent une aut’ ruche
J’avais eu vent juste avant de regarder Chronique d’une tempête annoncée et les Reportages à Naplouse de la polémique lancée par le président du CRIF suite à la diffusion d’une émission sur la possibilité de la création d’un état palestinien. Si j’ai bien compris les arguments de monsieur Prasquier, qu’aurait-il dit de ces reportages-là ?
Vous ne l’emporterez pas avec vous a des airs d’an 01 avec ses encouragements à faire des pas de côtés.
Je me sensibilise. Par exemple, la première fois que j’avais vu Zazie dans le métro (vers 2003), je n’avais pas eu le vertige durant les scènes de Tour Eiffel ; cette fois-ci, si. Je ne différenciais pas les personnages, je n’identifiais pas les acteurs, j’étais perdu quand Philippe Noiret n’était plus là ; cette fois-ci je me souviendrai de Vittorio Capprioli, de Jacques Gridoux Dufilho (qui aurait fait un chouette Astérix avec cette composition si contemporaine des débuts du personnage) et des autres personnages.
Chronique d’une tempête annoncée, Catherine Jentile & Manuel Joachim, 1998
Reportages à Naplouse, Bertrand Coq & Gilles Jacquier, 2003
You can’t take it with you, Frank Capra, 1938
Zazie dans le métro, Louis Malle, 1960
À Rennes vient d’avoir eu lieu le festival court métrange. Je l’ai su grâce à cette interview du formidable Jean-Pierre Dionnet. Vive Jean-Pierre Dionnet, Il Grande Silenzio et Django et son cercueil, et à bas toutes les chapelles !
On m’a prêté voici quelque temps un coffret contenant les 25 premiers documentaires et reportages ayant valu à leurs auteurs le Prix Albert Londres (entre 1985 et 2010). J’en avais vu deux la semaine dernière. Comme il sera bientôt temps de le rendre, je vais essayer d’être un peu plus systématique. Cela me permet aussi d’utiliser mon petit dictionnaire géopolitique*. Inutile de préciser combien j’ai appris grâce à ces journalistes. Cette semaine le Liban.
Les cinq Reportages au Liban illustrent ce dont j’entendais vaguement parler dans des archives de l’époque en arrière-fond ou en avant-plan (comme dans les chroniques Joëlle ou Les Cèdres de Pierre Desproges). Je me souviens aussi que mon père, technicien FT, a fait partie d’une des équipes techniques dépêchées un peu partout (la sienne en Suisse) pour la retransmission du retour de Jean-Paul Kauffmann et des autres otages. Plusieurs équipes avaient été dépêchées parce qu’on ne savait pas alors exactement où ils allaient atterrir. Ils n’ont pas atterri en Suisse (mais à Villacoublay).
Au titre choisi pour le coffret Albert-Londres, Liban, au pays des morts vivants, je préfère mille fois le titre original. Non seulement, les reporters montrent la situation des civils, mais ils choisissent des témoignages de gens qui, bien que très affectés, ne veulent pas se laisser décourager. On y parle beaucoup français. Même si l’expression a été employée, je n’ai pas vu de morts vivants.
J’avais une aussi grande curiosité pour La Rumeur qu’une grande appréhension. Le dispositif spatio-topique (hihi) peut rappeler celui des Diaboliques : deux femmes (Audrey Hepburn et Shirley McLaine) travaillent dans une école privée, Karen (Hepburn) a une relation avec un jeune docteur dans la même ville (James Garner) qui contrairement au mâle du film de Clouzot n’a aucun rapport avec l’institution dirigée par les deux femmes. Si on pense au film de Clouzot, c’est aussi à cause du thème de l’homosexualité. En effet, les deux femmes "accusées" d’homosexualité à cause d’un mensonge d’enfant vont perdre leurs pensionnaires. De même qu’il y a des films contre la peine de mort (Dead Man Walking - pas vu) et d’autres contre l’exécution d’un innocent (True Crime), la question qui rendait ce film passionnant était de voir comment serait traitée la question de l’homosexuel dans la société (celle d’un criminel ? d’un pervers? ou bien d’une victime de la société ?). Le film a beaucoup de mal à parler clairement des choses : il s’adresse vraisemblablement à un grand public qu’il a l’air de chercher à éduquer et s’il a le courage d’aborder ce thème, il le fait sur un ton parfois exagérément dramatique. Le mélodrame est pourtant un genre pour lequel Wyler a déjà réalisé des choses plus contenues (ici, sur la réinsertion des soldats, là, entre autres, sur l’avortement). Pourtant au lendemain de cette vision, on se dit que ce qui nous paraît être des défauts de rythme, de lourdeur, etc., n’ont pas tant d’importance.
Danielle Arbid, qui se met en scène dans Seule avec la guerre, a un comportement assez irritant par moments, mais ce sont ses partis pris (questions insistantes, prises de bec au lieu de pincettes) qui rendent ce documentaire passionnant. Au Liban, l’État et les gens veulent oublier la guerre civile de 1975-1989, mais rien n’a été fait pour passer cette étape. On est passé directement des maronites contre les chiites à tous contre Israël sans aucun travail de mémoire. Les gens refusent l’idée d’un mémorial mais les entretiens avec d’anciens miliciens (amnistiés globalement pour tous les crimes qui auraient été commis avant 1991) en montreraient la nécessité. Je comprends mieux Incendies.
J’avais déjà vu Harry dans tous ses états il y a une quinzaine d’années, au lycée. Hormis Sleepers et Love and Death que j’avais vu tout petit et dont je ne me souviens que d’un gag, ce devait être le premier. Je ne me rendais pas compte de la violence et de la crudité de ce film. Ça fait du bien.
Dans la mesure où on ne se concentre pas sur une mission, Weekend a Zuydcoote serait un film de guerre reposant, s’il n’y avait le pilonnage incessant par les Allemands sur les troupes françaises et anglaises encerclées sur les plages de Dunkerque. Au début, on croit retrouver le quatuor du Taxi pour Tobrouk, (interprétés ici par Belmondo, Périer, Marielle et Mondy) mais on se concentre vite sur le loyal sergent Maillat (Belmondo) qui voudrait bien se barrer de là.
Je me suis offert le DVD de The Rolling Stone Rock and Roll Circus pour mon anniversaire. Personne n’y aurait pensé, même pas moi. Ça s’est trouvé un peu par hasard, pourquoi pas. C’était coloré, il y avait des invités. C’est peut-être cette circonstance qui m’a fait réaliser en le regardant que le temps passé entre ce concert et notre naissance est plus court que celui du temps passé entre notre naissance et maintenant. Qu’est-ce que c’est, 12 ans. Cette considération s’est trouvée renforcée par la constatation que la plupart des protagonistes étaient alors plus jeunes que nous maintenant. Ces mathématiques du temps qui passe n’ont pas du tout gâché le plaisir de voir ces great entertainers un peu freaks mais de génie faire leur impressionnant show.
Reportages au Liban, Philippe Rochot, 1986
La guerre des nerfs, Frédéric Laffont, 1987
The Children’s hour, William Wyler, 1961
Seule avec la guerre, Danielle Arbid, 2001
Deconstructing Harry, Woody Allen, 1997
Weekend a Zuydcoote, Henri Verneuil, 1964
The Rolling Stone Rock and Roll Circus, Michael Lindsay-Hogg, 1968, 1996
*Le Dictionnaire géopolitique du 20e siècle est un outil très clair malgré l’absence de carte. Bien mieux écrits que les articles du Robert des Noms Propres, bien plus synthétique (et sans doute plus fiable) qu’un article de Wikipédia, bref, très utile pour se préparer à la lecture d’un article du monde diplomatique.
Dictionnaire historique et géopolitique du 20e siècle, Sous la direction de Serge Cordelier, La Découverte (2000, réédition régulière – la mienne date de 2007) (La Découverte dont le catalogue contient pas mal de l’ancien fond de Maspero)
Et puis l'atelier du son pour écouter François de Roubaix :
Je préfère le titre français de Sailor & Lula. C’est un film démesuré.
Dans Casque d’or non plus on ne comprends pas les motivations de certains comme Manda, par exemple.
Tu m’avais prêté The Magdalen Sisters qui était fort édifiant. Les Blanchisseuses de Magdalen est un reportage produit par France 3 (avec du matos de Rennes) qui le complète. On a l’impression de retrouver certains personnages de la fiction de Peter Mullan. Dans ce documentaire, je retiendrai le destin de Rita parce qu’elle s’était évadée de l’un de ces couvents. Je me souviendrai aussi de la froideur de la Mère supérieur et de son ébauche insatisfaisante d’autocritique. Mais on se rappellera de chaque histoire On y rencontre aussi certaines des pensionnaires qui n’ont pas réussi à s’insérer dans la société. Elles rappellent les vies gâchées des appelés de la guerre sans nom qu’on rencontre à la fin du documentaire.
La vie de château est une leçon de rythme et de montage. C’est peut-être la première comédie française sur l’occupation (moins d’un an avant la grande vadrouille). Philippe Noiret chatelain, avec un fusil contre des nazis.
J’avais déjà conscience de ce qu’était le Nouvel Hollywood grâce aux bouquins de Truffaut et à quelques films américains que j’ai aimé regarder (Five easy pieces, Marathon Man, the Candidate, etc.) sans en chercher le dénominateur commun. J’ai regardé Les Trois jours du Condor car c’était le seul film cité entre ce programme-ci et ce programme-là que j’avais à ma disposition, mais que je n’avais pas encore vu. Après cette vision, je crois comprendre que ça peut être une synthèse entre la liberté de la nouvelle vague, la maîtrise technique en plus et la consistance des films hollywoodiens (tant scénaristique que technique), le réalisme en plus. Par exemple, à un moment, Joe Turner (Robert Redford) veut emmener pour la protéger une amie qui attend des invités à dîner. Et bien en partant, il n’oublie pas d’éteindre le four.
L’histoire que raconte La Taupe est tout aussi passionnante. Il y a d’ailleurs un parallèle à faire entre ce que disent ici certains membres alors importants de la DST et du KGB et ce que dit Higgins (Cliff Robertson) dans le film précédent : ils parlent de ces affaires comme de parties d’un jeu sans considération pour les vies sacrifiées.
Il y a deux ans, j’aurais probablement regardé Indiscrétion en baillant, sans distinguer Cary Grant de James Stewart. Mais maintenant qu’ils me sont plus familiers, ainsi que les films hollywoodiens de cette période, j’ai eu énormément de plaisir à regarder cette comédie. James Stewart et Katharine Hepburn jouent remarquablement l’ivresse. C’est le premier film d’un cycle organisé par une autre exploratrice cinéphile belgradoise autour d’un livre de Stanley Cavell. Il y en aura sept en tout.
Ce qui frappe dans Je suis une légende, c’est l’atmosphère à la Night of the living dead, dans un film sorti quatre ans plus tôt. La lecture chrétienne qu’on peut faire de ce film ne le gâche pas du tout. Encore une confirmation que la vision que j’avais autrefois de Vincent Price était erronée : c’était un bon acteur qui a fait beaucoup de bons films. Il paraît que celui-ci vient de sortir dans un très bon format.
Wild at Heart, David Lynch, 1990
Casque d’or, Jacques Becker, 1952
Les Blanchisseuses de Magdalen, Christophe Weber & Nicolas Glimois, 1999
La vie de château, Jean-Paul Rappeneau, 1966
Three days of the Condor, Sidney Pollack, 1975
La Taupe (L’affaire Farewell), Hervé Brusini & Dominique Tierce, 1992
The Philadelphia Story, George Cukor, 1940
The last man on earth, Ubaldo Ragona & Sidney Salcow, 1964
Charles Napier vient de mourir. Je l’ai appris ici.
Le titre d'aujourd'hui vient de cette belle chanson, trouvée bien entendu ici.
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