慎吾 ママ です みんな 今日 も 元気 に 挨拶 した よ ね

Publié le par Tzvetan Liétard

On reprend les films de l’année. On parie combien qu’au moins cinq des films de cette semaine [1er/01 – 5/01] figureront dans la liste des 20 meilleurs films vu en 2014 ?

(On réactualisera cette note d'ici ce soir ou demain, avec les dessins qui manquent, mais j'avais tellement de retard que je ne voulais plus attendre pour la publier.)

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Le 12 décembre 1903 naissait Yasujirō Ozu. Le 12 décembre 1963 marquait sa disparition. Le 13 décembre 2013, j’achète ce coffret qui contient entre Bonjour. J’ai découvert Ozu lors d’un cycle au TNB. J’avais 20ans. Peut-être à cause du titre, j’avais choisi le goût du saké qui n’en finit pas de résonner. Bonjour est un film tellement limpide que tout commentaire paraît superflu. C’est un film qui donne envie d’être poli. C’est avec ce film que nous avons commencé l’année 2014. Bon augure.

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Dans Le Golem, un personnage s’appelle Florian, comme moi. Souvent les Florian de fiction sont des caricatures (celui de Notre-Dame-de-Paris), tout le contraire de moi. Celui-ci avait au début quelque chose d’un fat avant que les circonstances n’en fissent le jeune premier.

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Une courte séquence de l’Atlantide se déroule à Paris. Un plan montre un musicien de jazz noir en 1921. Je suis persuadé que l’un des acteurs principaux, Jean Angelo, a servi de modèle à Jean Dujardin pour la série des OSS117. Les mimiques, les expressions sont les mêmes. Ils sont aussi une physionomie parfois assez proche. On en acquiert la certitude en regardant la scène du labyrinthe, ou bien celle ou il résiste à la Princesse amoureuse de lui. Une autre séquence m’a intéressé : c’était une revue de presse internationale.

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J’avais déjà vu Le Mecano de la « General » à Toulouse avec tonton et Fred. Le patriotisme du héros lui donne un mauvais goût, mais on est pris par le désir du personnage de vouloir prouver sa valeur.

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Il fait partie des nombreux films mentionnés par Gille Deleuze dans L'Image-Mouvement. Cet ouvrage a contribué à m'encourager à visionner beaucoup des films de cette période !

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Pater est un jeu dont les acteurs ne sont pas dupes. Mais même s’il ne porte pas trop à conséquences, ce jeu affecte malgré tout ces comédiens, au point que l’on peut être légitimement inquiet quant à la santé mentale des hommes politiques de la réalité qui ont autant de codes et de règles à respecter. Dans leurs cas, les enjeux autrement plus grave (pour résumer : le bien-être contre la précarité) cèdent la place à des querelles, des problèmes d’égo auxquels n’échappent pas les plus sincères de nos hommes politiques.


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Une séquence silencieuse dans laquelle Alain Cavalier se regarde dans le miroir en constant son vieillissement résonne avec celle dans la quelle Agnès Varda filme ses vieilles mains dans les Glaneurs et la Glaneuse.


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Quelques détails prosaïques m’ont intéressé comme les assiettes, le chat, les bibliothèques et la pièce qui sert de garde-robe à Vincent Lindon. Ce rapport aux objets m’a plu. Les considérer, les regarder, en parler, aussi trivial et indécent que cela puisse paraître, m’a fait plaisir. Car ces cravates et ces chaussures accumulées, si elles ont été offertes ou achetées oar caprice, continuent d’avoir une vie. Ce mur plein de chaussures m’a fait l’effet d’une bibliothèque, d’un archivage. Dans l’œil de Lindon, il y avait le plaisir de l’objet bien fait et fait pour durer. S’il y avait de l’utopie dans ce film, c’était peut-être là, sans doute à cause de l’écho, dont je ne me rends compte que maintenant, avec l'expérience des cordonniers interviewés dans « Travailler deux heures par jours ».

9782020050777.jpgdessin de Topor


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Murnau aurait dû figurer dans la liste de fin d’année avec Faust et Le Dernier des hommes. L’Aurore est tout aussi maîtrisé et émouvant. Là encore, j’ai pensé à l’Amérique de Kafka. La balade dans la ville représente un Paradis retrouvé, une rédemption d’une simplicité évangélique comme j’en ai rarement vu dans le cinéma ou la littérature. Les mots que j’ai choisis ("Paradis", "rédemption", "évangélique") illustrent une promesse rarement offerte par l’église. Ce film est un miracle (encore un mot appartenant à ce champ lexical) parce qu’il l’offre l’image de cette possibilité.

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Elle n'a dansé qu'un seul été met lui aussi en scène un paradis retrouvé. Par ailleurs, ce que j’y ai aimé les moments musicaux infradiégétique et le visage de Ulla Jacobsson. Le film manquait peut-être un peu de subtilité dans sa charge contre l’église puritaine puisque le pasteur qui le représente est méchant. Mais ça fait quand même plaisir. Le personnage principal, interprété par Folke Sunquist, s’appelle Göran Stendal. C’est curieux. D’abord, j’apprends l’existence de ce prénom qui n’a rien à voir avec celui, plus familier dans les Balkans de Goran. D’abord, ça ne se prononce pas pareil : Göran (Djuran) et Goran (Gorane) n’ont ensuite pas la même étymologie. Quant au nom, il est stipulé dans le film qu’il s’écrit sans « h » contrairement à ce qui est indiqué dans les bases de données habituelles. Ça n’empêche que ce nom induit un rapprochement évident avec l’écrivain français.summer.jpg


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Le Samouraï fait parti de ces films qu’on connaît sans connaître, et dont la vision procure ce plaisir étange mélange de découverte et de révélation. Maintenant que je l’ai vu, je pourrais le revoir indéfiniment. Parmi les nombreuses citations, on a relevé une page de journal remplie de dessin de Chaval. Dans les films noirs US 50's, on a les funnies et autres sunday pages, dans au moins un polar français des années 60, on a Chaval. D'habitude, c'est France Soir qu'on lit dans ce type de film. J'aime bien que Melville remplace les tartines de texte par des dessins "sans légende" qui en racontent tout autant à l'instar de l'essentiel du film. Connaissant l'auteur, ce détail n'était sûrement pas fortuit.


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お早う (Ohayô), Yasujirō Ozu, 1959

Der Golem, wie er in die Welt kam, Paul Wegener & Carl Boese, 1920

L’Atlantide, Jacques Feyder, 1921

The General, Buster Keaton & Clyde Bruckman, 1926

Pater, Alain Cavalier, 2011

Sunrise - A song of two humans, Friedrich Wilhelm Murnau, 1927

Hon dansade en sommar, Arne Mattsson, 1951

Le Samouraï, Jean-Pierre Melville, 1968

 

Les notices de Georges Sadoul…

 

Cette fois-ci Arne Mattson :                           

(Uppsala 2 décembre 1919) S’il sut peindre avec bonheur les amours juvéniles, il ne reste pas seulement le réalisateur d’Elle n’a dansé qu’un été (1951) et de ses succédanées. Il a su, parmi d’autres films secondaires, aborder le drame, notamment dans Salka Valka (1953).

 

Toutes les illustrations sont de Šejma.

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Uzo 17/01/2014 16:29


Vu Voyage à Tokyo il y a qques jours. D'une résonnance limpide également, mais fait plutôt démarrer l'année sous des auspices mélancoliques...

tOzUvetan 17/01/2014 17:04



De bons auspices mélancoliques, alors ! Et cinématographiques aussi, étant donné le nombre de belles choses que ce film annonce pour moi !


Bonne continuation, Orijusay San.