Touche pas à la femme blanche, Marco Ferreri, 1973

Publié le par m. florian

Après du vent dans les branches de sassafras, après Al Crane, je voudrais ajouter Touche pas à la femme blanche. J'en avais vu plein d'illustrations étant petit, dont une affiche dessinée par Giraud, dans un style Giraldien. Je crois l'avoir pour cela assimilé à une bande dessinée. Je ne suis pas le seul : "C'est la glorieuse épopée de l'Ouest, mise en pièces et en bande dessinées par Gotlib pour Charlie Hebdo ou Hara-Kiri. Cest sain, hilarant, utile, impitoyable." Jacques DONIOL-VALCROZE, l'EXPRESS, 1974.

Parce que tout le monde apporte quelque chose de personnel et d'énorme à ce film, oui, d'accord pour la filiation avec l'équipe de la rue des Trois-Portes. Parce que ceux qui font ce film s'amusent sérieusement (déconnent talentueusement, sont vivants, fonczt ce que vouldront), je pense que le lien avec les fondateurs des éditions du squares n'a rien d'incongru.

Maintenant, je sais bien que le médium ne fait pas le message, même si ce qu'on veut faire passer en dépend encore beaucoup. Ce n'est pas parce qu'un film s'affranchit du premier degré, est très drôle, d'une actualité intense (1973 : le Watergate, le Vietnam, le Chili, les Halles, les Algériens...)... que ce n'est pas un vrai film. D'ailleurs, dans Touche pas à la femme blanche, il y a aussi du premier degré (Ferreri sait faire un western et les acteurs - je répète ce que j'ai lu avant de voir le film - ont beau jouer sur le registre de a carricature, quelque chose de vrai passe), il y a aussi des moments sérieux/émouvants (Reggiani, Tognazzi, Mastroiani, Cuny, Darry Cowl, Noiret, Piccoli, et Deneuve), et surtout, il fonctionne encore maintenant. Par exemple, et sans entrer dans les détails, on pourrait croire qu'il a été fait de nos jours, mais en se demandant comment. C'est sûr, quand il y a de la matière dans un film...

On y parle de la bataille (du massacre) de Little Big Horn. Custer, Taureau Assis, tout ça...

 

L'occasion aussi d'apprendre le nom de JEAN-PIERRE RASSAM.

 

J'oubliais : le film a été réalisé dans le "trou des halles" alors en chantier. On y pense plus même si c'est marrant d'assister à la bataille de Little Big Horn dans le Paris de 1973. Métaphores et décalage.

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