a fine little girl is waitin' for me but i'm as bent as dostoevsky

Publié le par Tzvetan Liétard

J’ai fait l’emplette d’un recueil de texte d’un critique yougoslave. Je me suis dit : « Voilà l’occasion de travailler sur de la matière serbo-croatophone sur des sujets qui m’intéresse. » Puis j’ai lu un petit paquet d’articles qui m’ont semblé aberrants. J’ai donc eu l’idée d’en traduire quelques-uns, non seulement pour l’exercice mais pour être sûr d’avoir bien compris. J’ai commencé à travailler sur l’article consacré à Gremlins (le premier) et bizarrement intitulé « Comme à Disneyland » (« Kao u Diznilendu »). Le critique s’appelait Slobodan Novaković et c'est à titre documentaire (une certaine perception dans un lieu et dans une époque donnée) que j'espère diffuser quelques articles de ce critique.

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Tout ça pour dire pourquoi j'ai choisi de regarder Gremlins 2, la nouvelle génération. Ça m'a rappelé la grosse tête que j'avais en sortant des salles de cinéma des années 90, sonné que j'étais par ces gros films. Quinze ans après l'avoir vu ce film, j'ai pu mesurer le progrès en terme de références (j'ai repéré la référence à Marathon Man et Edward G. Robinson et – peut-être – la belle et la bête de Cocteau). Les Gremlins sont sympathique pour leur humour potache (le gag que je préfère est celui de l'ascenseur) et leur forme d'anarchie (il ne sont sous le joug d'absolument aucune autorité – pas de chef – et s'il meurent, c'est la vie).

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C'est parce que dans les deux épisodes de Gremlins on trouve une référence à la Vie est belle que j'ai voulu le voir. Je le rangerais avec Sergeant York (pour l'esprit de communauté) et avec The best years of our lives pour l'après-guerre. J'en avais lu The Duck who never was, un remake réalisé par Keno Don Rosa à l'occasion d'un anniversaire de Donald célébré dans le Journal de Mickey (oui, bon). Sans rappeler le principe, disons que le mélo du film porte énormément sur l'exposition du personnage de George Bailey et de ces sacrifices. La bande-dessinée fait l'économie de la présentation du personnage et rend à la fois plus surprenante et plus plausible ce postulat angélique.

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C'est parce que d'une part on m'avait rendu ce dvd et que d'autre part je venais de voir une histoire d'ange gardien, que j'ai voulu voir Looking for Eric. Eric Cantona n'est pas un acteur, mais on comprend bien l'importance de son personnage dans la mythologie du M.U. Même moi qui n'aie regardé qu'un seul match de foot dans ma vie (et encore, pas en entier), je me suis dit que décidément, ce n'est plus ce que c'était. Le DVD contenait aussi un documentaire sur la place du football en Angleterre et explique l'importance défoulatoire du film. Bien que le deuxième ne soit absolument pas un remake du premier, il y a beaucoup de motifs communs entre ce film de Loach et celui de Capra. Grammaticalement, on retrouve une certaine capacité dans le scénarion à ne pas s'étendre sur une anecdote. On tire les conclusions des informations données. Quelque soit le sens dans lequel va l'histoire, c'est façon de faire me plaît.

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Une certaine télévision (celle qui raccole, qui manipule, qui cherche à émouvoir) vaccine contre les reportages et documentaires sur les éclopés de la vie. En général, le moment où un intervenant qui raconte une mésaventure catastrophique ayant entraîné la mort d’un proche suffit à discréditer ce document poubelle. Moi qui ne suis pas partisan de l’objectivité à tout prix, j’en viens à rejeter tout signe de détresse de plus en plus systématiquement au point que je me demande si c’est pour ne pas être manipulé ou bien par crainte de ne pas être affecté par une réalité dérangeante. Il me semble avoir eu ce réflexe d’« auto-défense » lorsque j’ai visionné certains documentaires qui ont reçu le prix Albert Londres. Aurais-je seulement regardé From one second to the next s’il ne m’avait pas été présenté comme un film de Werner Herzog ?

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En tout cas, en conservant leur dignité aux intervenants, beaucoup de choses le distinguent d’un reportage racoleur et poubelle :
- Les intervenant ont le temps de parler.

- Ils expriment des idées inhabituelles. Certaines sont simples (« n’écrivez pas d’SMS en conduisant »). D’autres semblent plus difficile à concevoir (sur la culpabilité, le pardon, le deuil, la rupture, la vengeance, etc.).
- Il y a de la mise en scène, bien sûr, (une rencontre organisée, un travelling arrière sur une personne seule, …) mais elle est au service des gens.

- Enfin, tout ce dispositif entraîne le spectateur dans un processus d’identification, d’empathie pour les coupables d’homicides qui s’expriment ici, un processus trop rare à la télévision qui évacue trop rapidement les choses (mais pas au cinéma : The crossing guard, un pan du film noir…)
Ce documentaire m’a rappelé qu’un film n’a pas à avoir honte de vouloir servir à quelque chose (Charles Tatum a raison d’appeler ce film un docu-tract).

 


Publié le 7 août 2013 par ShareATT

 

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Ce n’est qu’au bout de quelques minutes que j’ai réalisé Fernando Rey était doublé par Michel Piccoli dans Cet obscur objet du désir. Ça m’a un peu déconcentré du reste du film qui m’a malgré tout captivé.

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Ajouté le 6 janvier 2008 par lpmangas

C’est la volonté de satisfaire un souvenir loin qui m’a conduit vers Ferdinand le Taureau. Un dessin animé tellement pacifiste montre à quel point l’Europe est loin des préoccupations médiatiques états-uniennes. Je me demande d’ailleurs s’il y avait des corridas en Espagne pendant la guerre civile. ferdinand.jpg

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Le sketch que je préfère dans Coffee and Cigarettes est « Cousins ? » Lorsque je l’avais vu en 2007, c’était le seul moment que j’étais capable de raconter. C’était la première fois que je voyais Alfred Molina et Steve Coogan. C’est en revoyant ce sketch, très drôle et très bien interprété, que je me suis décidé à revoir le film en entier, et redécouvrir de bons moments. Ce que j’aime le plus dans ce film, c’est la captation d'un moment. Lorsque les personnages boivent un café ou fument une cigarette, ils ne sont pas occupés même s’ils prétextent parfois un rendez-vous ou s’ils sont stressés.

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Gremlins 2 : The new batch, Joe Dante, 1990

It’s a wonderful life, Frank Capra, 1946

Looking for Eric, Ken Loach, 2009

            From one second to the next, Werner Herzog, 2013

Cet obscur objet du désir, Luis Buñuel, 1977

            Ferdinand, the Bull, Dick Richard, 1938

Coffee and cigarettes, Jim Jarmusch, 2003

 

 

Les notices de Georges Sadoul…

Cette semaine, Frank Capra : 

(Palerme 19 mai 1897) Celui qui dirigea et écrivit les meilleurs films de Harry Langdon s’imposa de 1932 à 1941 comme le spécialiste de la comédie légère américaine, d’après des scénarios imaginés surtout par Robert Riskin. Il écrivit à propos de Mr Smith au Sénat : « Le sens d’un film, me semble-t-il, n’est pas dans sa vérité ou sa fausseté, mais dans sa persistance comme idée et dans sa popularité auprès du public… Il peut être considéré moins comme un miroir de la vie que comme un document de psychologie humaine, un témoin de l’esprit populaire. » pour résoudre les injustices sociales, ses fables, souvent imaginées ou traitées par Riskin, comptèrent sur les « bonnes fées » :gangsters (Lady for a Day), milliardaires généreux ( Mr Deeds ) ou convertis ( Vous ne l’emporterez pas avec vous ), naïfs convaincus (Mr Smith au Sénat). Il fut lui-même avec un certain humour une sorte de Mr Smith, possédant la plus grande foi dans les mythes du « New Deal ». Cet utopiste incarna, jusque dans la fameuse série documentaire Pourquoi nous combattons, les convictions rooseveltiennes ; puis après 1945, lorsque cette ère fut révolue, ce Sicilien railleur devenu un Américain 100 pour 100 ne retrouva plus jamais sa vogue ancienne : sa bonne humeur, son entrain optimiste, sa candeur un peu roublarde, sa confusion, ses qualités comme ses défauts étaient à tout jamais passés de mode dans l’Amérique d’après-guerre.

  

Toutes les illustrations sont de Šejma.

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