and the papers want to know whose shirts you wear

Publié le par Tzvetan Liétard

 

Le Loup de Wall Street est le genre de film dont il paraît vain de dire si on l’aime ou non. On m’a raconté une séquence du Masque et de la Plume equi lui était consacré et au sujet duquel chacun relevait les mêmes points pour justifier le fait de l’aimer ou pas. Comme il fonctionne sur l’outrance, il impose la distance et l’analyse. La seule scène qui m’ait ému est l’une res rares scènes sans Wolfy (comment il s’appelle en vf ? Loulou ? Et Dujardin ?). On voit une rame de métro et un journal à travers les yeux de l’incorruptible, de l’élément moral, du film. Elle a eu le temps de m’émouvoir malgré ou en raison de son extrême brièveté. Cette courte séquence avait une fonction de bouée de sauvetage. Je ne sais pas si elle était nécessaire à la composition, à l’ensemble. Je ne me serais pas posé la question si elle n’avait pas été signalée ici.
Par contre la bande-originale le pose un problème diégétique : autant j’ai été content d’entendre les musiques typiques des bandes originales des films de Martin Scorsese, autant j’ai des doutes quant à leur rapport avec les goûts des personnages. Les scènes d’excès devaient plutôt être illustrées avec un type de musique plus, mettons, bvz-bvz-bvz-bvz-BVZ-BVZ-BVZ-BVZ, des gros beats de musique déguelasse, quoi. La musique esthétise et digère. Cela dit, le personnage de Di Caprio est  un jouisseur et cette musique, celle qui est utilisée, est jouissive, mais cette jouissance n’est-elle pas le fruit de temps passé à l’écouter.
 


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Le décor de Cabiria époustoufle. C’est à la fois le premier film avec Maciste et le premier film avec Maciste que je vois. Pour une fois, je fais les choses dans l’ ordre. C’est bien. Pourquoi suis-je toujours plus touché dans les films du début du XXème par les les scènes marines, les scènes de bord de mer, bref les scènes avec des vagues, que par les décors gigantesques ?

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Six chevaux dans la plaine, un beau titre et une série B pour laquelle je retiendrais Dan Duryea dont on a relevé ici et là la ressemblance avec William Macy. Je retiendrai aussi un drôle de chien dont je me demande bien ce qu’il fait là.

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Fort de Zoolander et de Tropic Thunder, je suis allé voir serein la Vie rêvée de Walter Mitty. Fort de The "General" et des critiques négatives (de ceux qui détestent l’acteur) vu et lues récemment, je me rends compte que Ben Stiller partage une certaine filiation avec Buster Keaton : un visage peu expressif et les moyens d’une grosse production pour une comédie. On voit du pays.

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The Wolf of Wall Street, Martin Scorsese, 2013

Cabiria, Giovanni Pastrone, 1914

Six Black Horses, Harry Keller, 1962

The Secret life of Walter Mitty, Ben Stiller, 2013

 

 

Les notices de Georges Sadoul…

 

Cette fois-ci Giovanni Pastrone :

(Asti 13 septembre 1882 – Turin 29 juin 1959) D’abord technicien et fondateur de l’Italia, il fut le premier à se lancer dans les mises en scène italiennes à très grand spectacle, avec la Chute de Troie. Il fit triompher ses conceptions dans Cabiria, signé Piero Fusco, chef-d’œuvre du genre, film clef de l’histoire du cinéma, qui influença sans aucun doute D.W. Griffith. C’était un homme d’une rare intelligence. Il abandonna le cinéma après 1914. [une liste]

 


Toutes les illustrations sont de Šejma.

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