and you make them long, and you make them tough

Publié le par Tzvetan Liétard

 

J'ai de plus en plus de mal à livrer à l'heure.

Un peu d’identification avec les premiers films, des westerns. Dans le premier, James Stewart jouait de l’accordéon et dans le second, Kirk Douglas portait des lunettes rondes.

Dans Le survivant des monts lointains le jeu d’Audie Murphy était proche de celui qu’il avait dans No name on the bullet. C’est fou ce qu’on repère une boîte à sandwich quand on la sait contenir un magot.

Le Reptile figurera sans doute dans la liste des meilleurs films vu en 2013 bien que je l’aie déjà vu ado, sans doute avant le Grand Détournement. C’était même le seul film que j’étais capable d’identifier. Autant dire que Henry Fonda était pour moi avant tout barbu. Ce film vient à point nommé pour illustrer certains textes de l’Anthologie de Subversion Carabinée que depuis quelque temps j’étudie. Il ne démontre rien mais montre efficacement des archétypes dont je retiendrai le couple formé par Hume Cronyn et John Randolph. Un directeur de pénitencier s’appelle Le Goff, un type de nom assez rare dans un western pour le signaler. Paris Pitman, Jr, le personnage de Kirk Douglas, est dans mon panthéon des personnages les plus intelligents et les plus libres.

C’est bien sûr le casting Serge Gainsbourg et Jane Birkin qui m’a donné envie depuis longtemps de voir Balade à Sarajevo, film de partisan qui rappelle un peu Bombaši et qui surtout ne se passe pas du tout à Sarajevo (un peu comme quand René Château diffuse Coffy, un film qui se passe à Los Angeles, Cofy, La Panthère de Harlem pour bien montrer que c’est un film de Blaxploitationm cočče il le raconte dans l'un des cinq numéro de cette série).

On ne verra ni Sami Naceri ni René Château ni Jean-Luc Godard dans cet hommage à Belmondo, un itinéraire…, non, mais beaucoup de chouettes extraits.

En regardant Flic ou voyou, j’ai compris ce qui tyachait dans beaucoup de films de Bébel de cette période : c’est sa façon d’humilier les personnages, fussent-ils méchants. Cela constaté, je vais pouvoir regarder les autres tranquillement et en connaissance de cause pour les qualités de mise en scène et peut-être aussi d’autres surprises, tels les musiciens engagés (ici Chet Baker, Ron Carter, Billy Cobham d’un côté, Hubert Rostaing, de l’autre).

Un divan à New York a des problèmes de rythme sensible pour une screwball comedy, c’est peut-être pour cela que certaines péripéties ont du mal à passer. Elles passent cependant. Juliette Binoche et William Hurt jouent bien. On a une fois de plus envie de visiter Brooklyn et Belleville (Manhattan, un peu moins).

La dialectique peut-elle casser des briques ? est bien plus marrant que What’s up Tiger Lilly ?. La somme compilée par Noël Godin a de nouveau permis ce film dans lequel sont cités Coeurderoy, Fourier et les éditions Champ Libre. Mon personnage préféré fut le gamin ninja vindicatif. 

L’ennemi intime  est un film incroyablement fluide. L’opposition que l’affiche me laissait présager n’a pas eu lieu : il n’y aura pas de cliché. Ce n’est pas le Platoon français. Je n’ai vu le film d’Oliver Stone il y a plus de dix ans, mais j’en ai retenu les allégories interprétées par Dafoe et Berenger qui m’avaient déplu (les allégories, pas les acteurs). Il y a plus de similitude avec Mon Colonel, des archétypes que l’on retrouve ici et là, mais avec de grandes variations qui fait qu’on ne pas pas les confondre. Et puis il y a des éléments culturels qui ne sont pas des anachronismes mais qui en disent long sur le personnage du Lieutenant Terrien : il fait partie du peu de lecteurs de L’Écume des Jours (dans l’édition de Gallimard, avant la réédition de 1962 qui aura, elle, du succès) et les gens écoutent Le Chachacha du loup d’un Gainsbourg pourtant encore peu connu en 1959 et certainement pas aussi festif que Dario Moreno ou d’autres pour des appelés. Cela m'a paru bizarre. En tout cas, cela change des chansons de Bourvil que je croyais obligatoire dans les films racontant cette époque.

L’homme de la loi s’ouvre sur un flash back suivi de l’arrivée d’un homme de loi à cheval accompagné d’un autre cheval sur l’échine le cadavre de son cavalier. Ce motif se trouve à la toute fin de There was a crooked man et c’est intéressant parce que les personnages vivant dans les deux cas suivent une trajectoire similaire qui fait l’objet d’un froncement de sourcil dans un cas et d’un film dans l’autre.

 

 

Night Passage, James Neilson, 1957

There was a crooked man, Joseph L, Mankiewicz, 1970

Devetnaest djevojaka i jedan mornar, Milutin Kosovac, 1971

          Belmondo, Itinéraire…, Vincent Perrot, 2011

Flic ou voyou, Georges Lautner, 1979

Un divan à New York, Chantal Akerman, 1996

La dialectique peut-elle casser des briques ?, René Viénet, 1973

L’ennemi intime, Florent-Émilio Siri, 2007

Lawman, Michael Winner, 1971

 

Les notices (apocryphes) de Georges Sadoul

Aujourd’hui, Chantal Akerman

(Bruxelles, 6 juin 1950) « Jeanne Dielmanest l’aboutissement de mes recherches précédentes, formelles aux USA, narratives en Europe. C’est pour moi la rencontre d’un sujet et d’une forme. » Ainsi Chantal Akerman résume-t-elle, à propos de son premier long métrage, son itinéraire géographique et cinématographique. C’est dire du même coup ce qui fait le prix de ce minutieux inventaire des gestes de la vie quotidienne d’une femme, cette autre façon de dire l’imminence du désordre dans l’ordre immuable de la répétition ; et qui l’imposa dès son premier film. [Une liste.]

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