ar plac'hig a zouge he c'hroaz : ma bukez vo kañv ha glac'har

Publié le par Tzvetan Liétard

Trois parties la semaine dernière
1. Deux films antithétiques
2. Cycle Michael Anderson
3. Fourre-tout (comme d’habitude)

 

Dans un premier temps on constatera l’omniprésence des médias dans la fille aux allumettes (guerre du golfe, mur de Berlin, Tien An Men) et dans un homme et une femme (faits divers, météo, vieille rengaine, formule 1). Hormis cette ominiprésence déjà antithétique par leur contenu, tout oppose ces deux films.

Ce mélo assumé par un titre référentiel scandinave (l’altération en français grandit la protagoniste interprétée par Kati Outinen, celle des titres anglais – the match factory girl – et finnois précise le contexte industriel) est aussi extraverti qu’un Finlandais. Cet un exemple radical de l’art d’Aki Kaurismäki tant pour le style que pour le propos.

La perspective de revoir Un homme et une femme (dernier film de l’année montré en cinéclub) m’a rappelé que je connaissais Jay-Jay Johansson bien avant et la surprise que j’eus en identifiant une des musiques du film comme un sample du suédois dans It hurts me so.
J’aime Jay-Jay Johansson et ce film de Lelouch pour cette alchimie sobre (quoiqu’on en dise) d’éléments qui auraient pu paraître kitsches (éléments baroques d’un mauvais goût). La voix de crooner du scandinave, les arrangements fonctionnent. On est pas dans la parodie. Un Homme et une Femme parle d’amour, il comporte des motifs romantiques (coucher/lever de soleil, comédie musicale, …) mais fourmille de détails inédits (Lucky Luke et Astérix, un enfant polyglotte – bien, la non-direction des enfants – un documentaire sur les courses automobiles,... ) et dispose surtout d’une structure narrative apparemment improvisée mais finalement maîtrisé (le flash back final est un coup de maître). Le traitement sobre mais fort du deuil a plu à un public plus habitué à du pathétique plus hwstérique que fin.

 Donc, relative sobriété ici, austérité là, pour des genres a priori fondamentalement dramatiques.


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Quelqu’un sur FB a partagé son enthousiasme pour Logan’s Run pour lequel je n’avais qu’une curiosité relative. Ce coup de pouce m’a motivé non seulement pour le visionner mais aussi ceux des autres films de Michael Anderson que j’avais à ma disposition. Tous traitaient de leur époque à travers d’autres époques.

L’inventaire des invraisemblances dans L’âge de cristal a sans doute déjà été fait. Je soulignerai ce qui m’a intéressé :
- Le personnage de Logan 7 totalement acquis à la cause qu’il est censé défendre. Contrairement à, mettons, Winston Smith dans 1984 (dont on doit une version à Michael Anderson), le système dans lequel il vit le satisfait totalement. Il ne lui vient pas à l’idée de remettre en cause un système dont il s’accomode parfaitement. Son évolution dépend des évènements.
- La musique de Jerry Goldsmith proche dans l’expérimentation de celle de Planet of Apes (auquel semble se référer la vision d’un New York occupé par la nature).
- Une séquence finale de résistance mentale qui fait du bien malgré le fait qu’on ne peut y croire.

Les souliers de Saint-Pierre devaient être un film d’anticipation mais aucun travail sur les costumes ou les décors n’a donné l’impression que ce film tourné en 1968 se passait dans un futur proche situé dans les années 80. Tant mieux. Ce film pourrait paraître un documentaire sur les procédures au Vatican. Une fois l’absence d'action acceptée, on suit le rythme de la réflexion. L’anticipation porte sur quelque chose de difficilement envisageable. L’histoire illustre une réflexion politique sur le rôle du Vatican. La question de la spiritualité est illustrée par quelques remarques dans les dialogues et le jeu convainquant d’Anthony Quinn (bien au delà de Fernandel dans Don Camillo en Russie). En parlant de performance, en quelques scènes, Laurence Olivier joue parfaitement la raison d’état. Note pour plus tard : voir finalement Habemus Papam.

Opération Crossbow est un film d’espionnage situé dans la deuxième guerre mondiale. Le déroulement est comme d’habitude inattendu. Il commence avec une longue description des opérations avant de rencontrer les protagonistes. Avant ce moment-là, on rencontre relativement longtemps des Allemands en version originale et peu caricaturaux (avec même une certaine empathie conçue pour l’une d’entre eux). Cet acteur qui ressemble tant à Crispin Glover, c’est en fait Tom Courtenay, rencontré dans Billy Liar.

C’était bien. 


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Sinon en vrac :

La série de trois heures intitulée Noirs de France rappelle dans la forme et le propos Comme un juif en France dans le sens ou cette traversée historique permet de faire un point sur l’histoire de la République et de ses valeurs. Le premier volume remplit son office, informe, donne envie d’approfondir cette question. En lisant Les Nègres par exemple, dont la première distribution comprend deux membres de la famille de Pascal Légitimus (et dont j'ai vu une représentation hier, par l'atelier théâtre de la chaire de français de Novi Sad).

Le retour de l’inspecteur Harry montre que ce personnage permettait une nouvelle variation sur le thème de la loi et de la vengeance. La conclusion complexifie la position du personnage (ce que permettait déjà Magnum Force), même si elle ne résiste pas un instant à une enquête qui aurait mis à jour pas mal d’incohérences.

Le soupirant m’a fait penser que Pierre Étaix a probablement fait partie des plus grandes influences d’Artus de Penguern.

J’ai revu René Goscinny : profession humoriste que j’avais vu sur Arte lors de sa diffusion en 1998 (la télé était dans le salon) ! L’impression de réviser une histoire connue pour avoir lu des biographies de cet auteur et une histoire de Pilote. Des images connues, d’autres moins comme celles des Arroseurs de Cherbourg de Jacques Troisquart et Michel Lepetit et interprété par Roger Pierre. On s’est rappelé l’opposition entre Goscinny et Cavanna qui a obligé Reiser, Gébé et Cabu à revenir à choisir entre Pilote et Hara Kiri.

Imphy, capitale de la France est une découverte très drôle, celle du cinéaste Luc Moullet dont je ne pouvais pas m’imaginer qu’il serait si ludique : un Rohmer burlesque en fait. Ici, il se met en scène, ne joue pas très bien, mais me fait jubiler. J’ai hâte d’explorer tout ça.

Le documentaire Vive la France est un film dégueulasse. J’ai ricané aux vacheries d’Audiard, parfois bien vues. Le point positif est qu'il m'a énervé. Il ferait penser à un Sacha Guitry qui cracherait sur la France.
La première fois dont j’ai entendu parler de ce film, me renvoie dans la chambre de bonne que j’occupais étudiant rue de Toulouse, au moment où je dévorai un recueil des Lundis de Delfeil de Ton dans lequel il expliquait pourquoi il n’aimait pas ce film, (ni, par ailleurs, Siné qui a commis quelques illustration pour ce film). Effectivement, Audiard et Hara Kiri, s’ils avaient les mêmes cibles (De Gaulle, l'armée), sont à des années lumières l'un de l'autre.

La France culturelle des années 60, c’est quatre pôles avec des échanges comme ça :
- La Nouvelle Vague contre la Bande à Audiard (avec des acteurs qui jouent avec les deux : Belmondo et Brialy).
- Pilote "contre" Hara Kiri (avec des auteurs qui ont travaillé pour les deux : Gébé, Reiser, Cabu et Fred).

 

Tulitillutehtaan Tyttö, Aki Kaurismäki, 1990

Un homme et une femme, Claude Lelouch, 1966

Logan’s run, Michael Anderson, 1976

The Shoes of the Fisherman, Michael Anderson, 1968

Operation Crossbow, Michael Anderson, 1965

Noirs de France (1/3) Le Temps des pionniers, Juan Gélas & Pascal Blanchard, 2012

Sudden Impact, Clint Eastwood, 1983

Le Soupirant, Pierre Étaix, 1963

René Goscinny : Profession Humoriste, Michel Viotte, 1998

Imphy, capitale de la France, Luc Moullet, 1995

Vive la France, Michel Audiard, 1973

 

Les notices de Georges Sadoul

Cette semaine, Michel Audiard

(Paris, 15 mai 1920) Brillant dialoguiste français de style boulevardier, a poursuivi après 1950 la tradition d’Henri Jeanson. A collaboré avec Hunebelle, Delannoy, La Patellière, etc.

S’est décidé, à partir de 1968, à mettre lui-même en scène ses mots d’auteur. Et cela a donné : [une liste].

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George McFly 19/06/2013 13:25


Je me suis souvent demandé : d'où vient cette fascination pour Crispin ?

Train FIreman 21/06/2013 16:26



Moi aussi, d'autant qu'en somme j'ai vu très peu de films avec lui. Mais justement, dans Retour vers le futur il me faisait un peu peur.