aujourd'hui ça et là, les gens passent encore, mais la tombe est hélas la dernière demeure

Publié le par Tzvetan Liétard

Cet été-là je reçus un coffret de 25 films de la RKO dont je fis l’emplette au printemps dernier ; j’injecte ces films dans mon programme qui s’improvise au jour le jour.

 

Ce sont des films vus entre le 26 et le 31 août.

 


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Il paraît que King Kong fait partie des films qu’il faut avoir vu avant 14 ans. J’en ai vingt de plus au moment où je le découvre. Je ne sais pas si c’est ma capacité à m’émerveiller ou bien celle du film à fasciner, mais il a fonctionné.

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Dillinger est mort fait plus penser à une installation d’art contemporain qu’à un film. J’ai l’impression de m’être balader dans une galerie d’art avec plusieurs salles dans lesquelles on erre, on revient, on sent quelque chose s’élaborer. Mais ce n’est qu’une impression puisque le fil du film est celui de l’évolution de Glauco, interprété par Michel Piccoli. Un film qui donne envie de savoir cuisiner.


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RKO

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Sylvia Scarlett fait partie des films du coffret dont je n’avais jamais entendu parler. C’est aussi celui qui m’a révélé Katharine Hepburn, comédiennne volubile et dynamique, que je découvre ici agile, véritable pendant féminin de Cary Grant qui joue également dans ce film un personnage d’escroc qui se révèle assez touchant.

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J’ai décidé de regarder Remorques sur youtube tout frais du livre que je venais de lire. Tout au long du livre c’est Gabin que je visualisais, c’est Gabin que j’entendais dans le rôle d’André Renaud, rebaptisé André Laurent dans le film. Malheureusement, le scénario finalisé par Prévert patit de ce prévérisme qui arrive comme une boule de poil dans la soupe. Si on s’accommode dans un premier temps des mots d’auteur à la Prévert, l’histoire d’amour entraîne le film dans une direction un peu trop spécifique pour ne pas faire songer à un gâchis. Même si le film réussit à faire comprendre les enjeux, est formidable quand il met en scène la tempête et les efforts des machines ou l’histoire d’amour dont on se serait bien passé. C’est d’ailleurs un travers que l’on reproche généralement à Henri Jeanson. Mais Brest et le cours Dajot…


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Cela faisait un certain temps que je voulais voir Tendres passions, un film avec Jack Nicholson dans un second rôle. En quelque sorte et malgré lui, c’est le parrain de ce marathon de cinq ans désormais. Cette délicate comédie mélodramatique est la plus instructive que j’ai pu voir sur la société américaine du début des années 80. Les complications que connaissent les personnages dans leur vie ne compliquent pas le scénario, elles en sont le sujet. C’est pour cela que c’est un long film.

 

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RKO

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Outre que ce film a été élu meilleur film sorti en France en 1970 par l’équipe des blogueurs de Zoom arrière (qui par ailleurs, aime beaucoup Jacques Tourneur),La Féline contient l’intérêt non cinématographique de mettre en scène une actrice française interprétant un personnage serbe (je suis prof de français en Serbie). C’est évidemment d’une Serbie d’opérette dont il s’agit (il eût pu aussi bien s’agir de la Syldavie) mais c’est à ma connaissance le seul film américain antérieur à l’ère titiste mettant en scène un restaurant et une communauté serbe sur le sol américain.

 

King Kong, Ernest B. Schoedsack & Merian C. Cooper, 1933

Dillinger è morto, Marco Ferreri, 1969

Sylvia Scarlett, George Cukor, 1935

Remorques, Jean Grémillon, 1941

Terms of endearment, James L. Brooks, 1983

Cat people, Jacques Tourneur, 1942

 

 

Les notices de Georges Sadoul :

Aujourd’hui, George Cukor.

(New York 7 juillet 1899) Un homme de goût, cultivé, soigneux, sans vrai génie, mais intelligent et honnête, qui compta dans sa carrière plus d’une bonne ou excellente réussite. Venu du théâtre, il s’établit à Hollywood avec le parlant et s’essaya à tous les genres : pièces de répertoire, films à costumes, comédies musicales et légères, adaptations de romans, etc., avec un bonheur inégal, consentant parfois au pire. On lui doit : Little Women, Dîner à huit heures, Vacances, Comment l’esprit vint aux femmes, la Famme sacrée, la Diablesse en collant rose, etc. C’est un homme lucide, modeste et sincère, qui a ainsi décrit les servitudes de son métier : « J’avais passé cinq semaines à surveiller le montage de la Diablesse. Le film valait ce qu’il valait, mais au moins il avait un sens ; j’ai eu le malheur de m’absenter ; on a remonté le film d’une façon stupide, et il a tout perdu. Légalement, je n’avais aucun droit de protection. […] En Europe un metteur en scène est bien mieux considéré. À Hollywood, quand vous venez de terminer un film, tout le monde se croit en mesure de vous donner son avis. »

Après avoir été acteur et metteur en scène à Broadway, est appelé à Hollywood où il est directeur de dialoguespour Lubitsch, 1930-1932. [Une liste]


Toutes les illustrations sont de Šejma.

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