c'en est fini de leur tapage, elles tournent la page et vont s'endormir

Publié le par Tzvetan Liétard

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La plupart des films nominés aux oscars ont été projetés dans le cadre de Fest 2014, le festival de cinéma de Belgrade (voir trois notes à paraître sous peu). Ce n’était pas le cas d’American Bluff. Avec David O’Russel, j’en étais resté au sympathique Three Kings. Je serai assez curieux de voir les films précédents. Celui-ci donne l’impression d’un grand désordre, comme si cette histoire d’arnaque  renonçait à l’épate habituelle des films d’arnaques. Ici, les arnaqueurs et demi des arnaqueurs y laissent quand même des plumes. Les souvenirs qui m’en restent plus d’un mois après l’avoir vu tiennent aux personnages (et donc à ce bon mélange d’écriture et d’interprétation). Il y a eu un baiser lesbien furtif qui a provoqué une réaction tonitruante quoique localisée dans la salle.

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Le film Valdez se joue des clichés. Valdez s’en prend plein la gueule et la morale est curieuse. Un bon moment de détermination incarnée par Burt Lancaster.

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Je me demande comment j’aurais perçu Monuments men si je n’avais pas vu un certains nombre de films de guerre. J’ai l’impression que ces personnages sautent de films en films avec un fil narratif un peu ténu. Vu aussi au cinéma, il y a eu des réactions étonnantes : un moment, les Monuments men découvrent des tonneaux remplis de dents en or.
« - qu’est-ce que c’est ?
- des dents. »
Gros éclats de rire de jeunes ados. Je pense que c’est l’incrédulité sur un tel sujet.
Le film aura rempli sa mission de représentation. Un film de guerre, même raté, ne le sera pas totalement, s’il a au moins fait cet effort. Le film de Clooney a d’autres qualités que je n’irai pas jusqu’à appeler atouts.
Notons la présence d'habitués des films des frères Coen (George Clooney, John Goodman, Matt Damon) et de Wes Anderson (Bill Murray, Bob Balaban et, disons, Cate Blanchet). La musique qui illustre les scène parisienne m'avait étonné par sa ressemblance avec les arrangements de chansons des années 50, spécialement 3 petites notes de musique (Colpi - Delerue) dans Une aussi longue absence (pas vu, mais la chanson est l'une des plus belles au monde). C'est cela et les comédiens de Wes Anderson qui m'ont mis ma puce à l'oreille quant à la participation d'Alexandre Desplat.

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Tête de Turc a fait l’objet d’un cinéclub de fac. Je montre souvent des films que je n’ai pas vus mais qui me semblent avoir un certain intérêt. Le sujet social assez casse-gueule conjugué au talent d’auteur et de comédien de Pascal Elbé ne m’a pas paru un trop grand risque. Parmi les choses qui m’ont fait cogiter, il y a ce casting qui n’attribue pas les rôles des personnages étrangers en fonction des origines des acteurs avec lesquels ils ont en commun d’être Français. Simon Abkarian ne joue pas d’arménien (en tout cas apparemment pas) alors que Pascal Elbé et Roshdy Zem, si. Cela m’interpelle car c’est le sujet du film. Je suis également content de voir Zem et Elbé jouer de vrais frères, après les avoir vu jouer des personnages très proches dans Mauvaise Foi de Roschdy Zem. Puisque l’on parle de famille d’acteurs (j’y suis assez sensible), j’ai été touché de voir Monique Chaumette interpréter la mère de Pascal Elbé alors que Philippe Noiret a été son père dans un autre film écrit également par Elbé. De bons acteurs, donc, au service d’une bonne histoire pleine de symboles. Le film a été tourné du côté de Poissy.

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Poissy, c’est l’endroit où Pignon,L’emmerdeur, a fait construire un pavillon pour sa femme. Je n’avais jamis vu ce film, mais j’avais vu tous les Pierre Richard – Gérard Depardieu. J’aime bien ce film parce qu’il va jusqu’au bout du cauchemar. Une moralité, un moment touchant finit toujours par être désamorcé. Je ne sais plus qui de Pignon ou de Milan est le plus flippant.

 

 

American Hustle, David O’Russel, 2013

Valdez is coming, Edwin Sherin, 1971

The Monuments men, George Clooney, 2014

Tête de Turc, Pascal Elbé, 2010

L’emmerdeur, Édouard Molinaro, 1973

 


Toutes les illustrations sont bien sûr de Šejma.

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