ce guimauv’ singer, moi, tout c’qu’il sing, ça m’plaît

Publié le par Tzvetan Liétard

Cette semaine, j’ai essayé de donner un fil conducteur au programme. Cela m’a permis de voir des films que je ne pensais pas voir. Évidemment, il y a trois exceptions dont une jeunesse chinoise. C’est un film très français (on y fait beaucoup l’amour avec une certaine tristesse) mais assez exotique (au sens de Segalen). On voit à l’université de Pékin des étudiants étrangers. Le film dure longtemps, le film dure 15 ans.
Nosferatu à Venise est un peu n’importe quoi. Il suffit de comparer le traitement de deux scènes au contenu similaire : le vampire suit une femme dans la nuit des rues de Venise. L’un est saisissant et l’autre est marrant. Nosferatu, à l’envers, ça fait Utarefson.
Alexandre Nevsky est le film de la semaine dont on se souviendra le moins, sauf concernant l’amitié entre Vassili et Gavrilo, et comme d’habitude, la foule.
Je n’aime pas dire d’un film que c’est une réflexion sur le cinéma. Mais le Magicien montre pourquoi il faut aimer les films avec Vincent Price et pourquoi il faut respecter toute la carrière de Max von Sydow.
Une fille dans chaque port était le premier film de la soirée Louise Brooks à la kinoteka de Belgrade. Projection splendide (la copie étaut nette), tout comme le film. C’est peut-être la première fois que je reste hilare et intéressé toute la durée d’un film muet. Victor McLaglen a une physionomie dont je me rappellerai pour elle même, même si elle m’a tour à tour rappelé celles de Maurice Chevalier, Yves Montand ou Tommy Lee Jones. Mais alors le dynamisme, la brutalité maîtrisée, l’expressivité goguenarde et naîve sont quelques couleurs de sa palette qui le rend éminemment sympathique. Coïncidence, on peut en voir ici des photos. Ce qu’y dit Howard Hawks de Louise Brooks est vérifié à deux cents pour cent dans ce film et le suivant. Bien plus marrant qu’un slapstick, avec de vraies bastons et de l’émotions. La scène d’ouverture montre Spike Madden au travail : c’est un marin. J’ai eu l’impression de voir pour la première fois sérieusement représenté le boulot de la mer. Si c’est tourné en studio, c’est très bien fait. On voyage (Amsterdam, Rio, Marseille, etc.) Le port d’Amsterdam rappelle celui de l’enfance de Marnie.
La conclusion du Journal d’une fille perdue est la même que celle de Detective Story, voire du Dictateur. Il y a de sacrées gueules, spécialement celles d’Andrews Engelmann et de Fritz Rapp. Il y a beaucoup d’émotions qui me paraissent inédites dans ces deux films, et ce n’est pas seulement dû à l’actrice même si elle y est pour beaucoup. J’en veux voir plus, de ces films muets dans les quels on voit bien plus que des gens s’agiter.
J’avais choisi de regarder Hamlet pour voir Peter Cushing. Je ne l’ai pas trouvé. Mais on y trouve une autres référence à la guerre des étoiles dans la voix de Hamlet père. Le film semble annoncer les Corman à la Poe des années 60 (une citation, puis un plan sur un château au bord de la mer, puis l’histoire qui se déroule dans ce seul lieu).
Tomorrow’s Saturday est un autre bijou du Free Cinema. Ces documentaires sans commentaires tentent de capturer une atmosphère et c’est très bon. On entend dans celui-ci Molly Malone, Rock my soul, une comptine et surtout Come along in dont je ne suis pas certain du titre mais dont les paroles furent introuvables sur le moteur de recherche le plus utilisé au monde (à tel point qu’il en est devenu un choix naturel). Maintenant, disponibles, elles le sont. Comme alors en ce bar fantasmé, ces films y seraient bien diffusés.
Pour Celebrity, Kenneth Brannagh devait imiter Woody Allen. J’ai retrouvé dans ce film la course du rat (Lauzier), l’un de mes livres préférés. Je doute que Woody Allen l’ait lu, il en a peut-être vu l’adaptation (je vais craquer, Leterrier). Le nombre de motifs communs à ces deux oeuvres, jusqu’à la structure, est étonnant. C’est peut-être le milieu qui veut ça.


頤和園, Yíhé Yuán (Palais d’été), Lou Ye, 2006
Nosferatu a Venezia, Augusto Caminito, 1988
Odia il prossimo tuo, Ferdinando Baldi, 1968
Aleksandr Nevski, Sergei Eisenstein & Dmitri Vasilyev, 1938
Ansiktat, Ingmar Bergman, 1958
A girl in every port, Howard Hawks, 1928
Tagenbuck einer verlorenen, Georg Wilhelm Pabst, 1929
Hamlet, Laurence Olivier, 1948
Tomorrow’s Saturday, Michael Grigsby, 1962
Celebrity, Woody Allen, 1998

 

Edith ! Cet article complète le film de Bergman évoqué plus haut. Merci, Le Cinéma est mort, une émission nécrophile (Canal B) !

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Le Cinéma est mort 26/02/2012 18:51


merci pour les renvois vers nous dans ce chouette blog que je vais désormais suivre régulièrement! (et oui on se google de temps en temps...)

Tzvetan Liétard 27/02/2012 18:57



Wow ! Les gars du cinéma est mort chez nous ! Soyez les bienvenus ! (faites surtout pas attention au bordel)