ce salaud me fauche tout mon oseille et me refile cinquante balles net

Publié le par Tzvetan Liétard

 

Ce sont des films vus entre le 12 et le 17 juillet.

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La plupart des Chabrol que j’ai vus datent des années 90 et 2000 parce que c’est de cette période que datent la plupart des titres de la médiathèque de l’Institut Français. J’aimerais bien voir ceux avec Jean Yanne et ceux de la période Nouvelle Vague, par exemple, sans compter les films un peu barrés. Merci pour le chocolat appartient donc à la période que je « connais » le mieux.J’aime bien cette musique un peu subversive et ces histoires simenoniennes.

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J’ai compris vers lafin (l’apparition du personnage de Françoise Fabian, la mère de l’héroïne interprétée par Sandrine Bonnaire) à quel mythe se réfère le très beau Secret défense. J’ai abordé ce film en m’attendant à un ballet de rivettiennes (comme Céline et Julie, La Bande des Quatre et Haut Bas fragile), ce film était plus tendu, plus tragique.

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Le personnage d’Audie Murphy, le héros d’À feu et à sang, est condamné à être un outlaw jusqu’à ce qu’en l’en condamne. Parmi les motifs familiers, des films de cette période, il y a le principe de l'opposition entre les gentils et les méchants rendue complexe par le fait qu'il y ait d'un côté des gentils gentils et des gentils méchants et de l'autre des méchants méchants et des méchants gentils. On voit ainsi que c'est complexe mais on espère que la justice triomphera. Chaque fois que je suis dubitatif sur le charisme d’Audie Murphy, je me rappelle qu’avant d’être acteur, il a été un héros de guerre. Les autres comédiens semblent s’en souvenir aussi.


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Gosses de Tokyo figurait en bonus dans un coffret consacré contenant également Bonjour ! Le fait que les deux films mettent en scène deux enfants en grève contre les adultes indique que celui-ci est un remake de celui-là. Si Bonjour ! est touchant et donne à méditer, Gosses de Tokyo est infinimment plus violent et douloureux dans ce que les enfants perçoivent comme l’humliliation chez un père qui se confond en politesse face à son patron.

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C’est vrai, l’allégorie est très bien faite entre ce qu’incarnent Beauregard et Personne. Je m’en rends bien compte quand je mesure la différence en terme de densité et d’humanité entre les deux personnages, le tout revenant à Fonda. « Postmoderne » mais pas bavard, bancal, Mon nom est personne en est d'autant plus touchant.

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L’Arriviste, c’est Reese Witherspoon, mais ce n’est pas le seul personnage du film. 15 ans après Ferris Bueller, Matthew Broderick incarne de nouveau un personnage détestable, mais là, c’est exprès. Il est d’ailleurs tellement chargé qu’il tient plus de la caricature que de la satire. C’est aussi une petite leçon de politique.

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Après Mélo et La Vie est un roman, j’avais un perdu ma foi [de consommateur] en Alain Resnais, mais alors Vous n’avez encore rien vu a parfaitement fonctionné et a produit des images qui deux mois après me hantent encore. J’y inclurais la dernière réplique d’Amalric, saisissante. Ce film, adaptation de deux pièces d’Anouilh rejoint Secret Défense qui travaillait sur Giraudoux. Fantasmons : et si Jouvait avait pu jouer pour Resnais et Rivette. Il y en a bien qui rêvent un film avec Gabin dirigé par Chabrol…

 

Merci pour le chocolat, Claude Chabrol, 2000

Secret défense, Jacques Rivette, 1997

The Cimarron Kid, Budd Boetticher, 1952

大人の見る絵本 生れてはみたけれど, Otona no miru ehon - Umarete wa mita keredo, Yasujiro Ozu, 1932

Il mio nome e nessuno, Tonino Valeeri & Sergio Leone, 1973

Election, Alexander Payne, 1999

Vous n’avez encore rien vu, Alain Resnais, 2012

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Alain Resnais.

(Vannes 3 juin 1922) Le meilleur cinéaste de la Nouvelle Vague française, entendue comme la promotion, après 1959, par le long métrage, d’une centaine de nouveaux réalisateurs. Il est exigeant, inquiet, minutieux, respectueux, parfois à l’excès, de ses scénaristes, et pourtant chacun de ses films porte profondément sa marque, celle d’un véritable auteur. Pendant plus de dix ans, les conditions de la production l’obligèrent à s’exprimer parle seul court métrage. On le crut d’abord spécialiste des films sur l’arrt, après le succès d’un Van Gogh un peu anecdotique. Mais  Guernica  était tout autre chose, une sorte d’opéra où s’unissaient Picasso, le lyrisme d’Éluard, la réalité espagnole, la musique de Guy Bernard. On aurait pu comprendre dès lors que, pour lui, l’art du film était d’abord le montage : le choix des images, leur cadrage, leur rythme, l’organisation, en partant d’éléments parfois disparates, d’un contrepoint audio-visuel tendu comme une corde vibrante, qui prend loe temps et l’espace comme matières, les combinant pour les besoins de sa création. Dès ses courts métrages, il eut un sens aigu de la « contemporanéité », ce qui qui lui valut la censure de Nuit et Brouillard, sur les camps nazis, ou l’interdiction des  Statues meurent aussi, pour crime de lèse-colonialisme. Il aborda le long métrage par le plus ardent problème contemporain, la bombe atomique, la guerre et la paix, avec Hiroshima mon amour, dont le sens profond est ce cri : « Comment peut-on faire cela aux hommes ! » Tout en se plaçant à l’avant-garde du cinéma moderne avec un intellectualisme certain, il se réfère constamment aux traditions populaires, méprisées par les élites, du roman-feuilleton à la bande-dessinée. Peut-être est-ce pourquoi Hiroshimaou Marienbad, que l’on on aurait pu croire réservés à un public d’amateurs éclairés, touchèrent ddans de nombreux pays un très vaste public. Son univers était loin d’être aussi clos que le palace baroque de Marienbad : même ce film, en apparence intemporel, s’ouvrait en définitive sur la réalité contemporaine, comme le firent ensuite, très ouvertement, Muriel et, bien plus encore, La guerre est finie. [Une liste].

Durant quatre ans, celui que tous tenaient pour l’un des plus grands réalisteurs français fut muré dans le silence : un demi-échec financier, (Je t’aime, je t’aime), des projets qui n’aboutissent pas faute de producteurs pour en assurer le financement, une grave crise et c’est assez, l’industrie du cinéma étant ce qu’elle est, pour qu’ne voix se taise pendant quatre ans. Si Stavisky pourtant, marque en 1974 son retour sur les écrans, c’est en 1977 que l’on retrouve Alain Resnais, avec Providence, angoissée mise en abyme des fantasmes d’un écrivain vieillissant.

 


- Toutes les illustrations sont de qui ?

- Toutes les illustrations sont de Šejma.

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