cette histoire, je le sens, ne finira pas sans effusion de sang

Publié le par Tzvetan Liétard

Une affaire de femmes contient la meilleure performance de François Cluzet que j’ai vue dans un film de Chabrol (je n’ai pas encore vu l’Enfer). Un film complet sur l’ambiance de l’occupation et sur l’avortement, sujet qu’aucun personnage ne semble maîtriser, dont tout le monde semble se ficher pour lui-même. On peut penser au Dernier Métro ou à du Tavernier, mais ce film-ci révèle des perversités et endevient donc encore plus intéressant, comme souvent dans les bons films de Chabrol. Tout le monde est un salaud. C’est de cet auteur le premier film traitant la période de l’occupation que je vois (peu de souvenirs de la Ligne de démarcation vu au lycée). La B.O. était de façon inattendue relativement familière. J’aimais bien la Chanson du maçon de Maurice Chevalier, la retrouver ici m’a mis d’aussi bonne humeur que les personnages qui la chantaient.

Fitzcarraldo montre un Klaus Kinski passionné, déterminé et positif. Magnifiquement tourné, avec un traitement étonnant d’une idée piquée dans At the circus. Jean-Claude Dreyfus s’est caché dans ce film. Sauriez-vous le repérer ?

Habemus Papam ne m’a pas semblé réussi. Dans un genre similaire (un film construit sur une succession de scénettes légèrement burlesques, je préfère Podalydès ou Mouret). Ce film raconte un pape fraîchement élu qui rechigne à prendre des fonctions qu’il a pourtant acceptées. Piccoli (87 ans) semble lui-même rechigner à jouer dans ce film qui aurait pu, mais qui ne fonctionne pas. Après avoir vu The shoes of the fisherman, film hollywoodiennement efficace qui décrit le fonctionnement de l'élection papale, il est facile de sentir le poids qu'impliquent de telles responsabilités, il est difficile d’imaginer un cardinal ne pas avoir anticipé le devoir que sa position risquait de lui imposer. Hormis pas mal de motifs partagés par ces deux films (la couverture médiatique de cet événement, le pape incognito dans les rues de Rome) Melville (en fait un Bartleby qui n’aimerait mieux pas, ça a été relevé) et Lakota ont autant en commun que les mondes qu’ils décrivent (guerre froide contre aujourd’hui), ou ceux d’où ils viennent (URSS contre occident).

No laisse dubitatif. En tout cas l’aspect documentaire est extrêmement frustrant car il laisse attendre quelque chose qui ne vient pas :
- une réflexion sur le véritable impact de la publicité, rien que des applications de truc marketting. Le résultat était-il couru d’avance ou bien le travail de René Saavedra a-t-il vraiment été utile ?
- une plus grande nuance sur la pseudo-équitabilité du partage des 15 minutes par camp (le oui contre le non à un retour de Pinochet au pouvoir).
Il faut donc se rendre à l’évidence : ce film n’est pas un documentaire.

3:10 pour Yuma, enfin de retour dans ce qui est sans doute le genre que je préfère. Ayant lu la nouvelle de Leonard, j’avais fait mon casting des deux têtes d’affiche (Van Heflin et Glenn Ford) et je me suis totalement gouré : mon choix était trop évident, celui du film ajoute une dimension qui aurait ma manqué à ma version. C’est le film des deux semaines qui m’apporte le plus de plaisir à posteriori. (voir une critique chez Tepepa.)

 La prestation de Nathalie Wood dans La fièvre dans le sang me confirme à quel point elle ne me laisse pas indifférent. À part la peinture étonnante d’une institution psychiatrique d’où on sort guéri ( !) L’action commence en 1928. On ne se doute de rien, mais lorsqu’au réveillon du nouvel an suivant, on se souhaite une bonne année, on frémit.

Tick Tick Tick et la violence explosam’a paru mal fichu pendant un certain temps malgré la gueule de George Kennedy et l’ambiance de la séquence d’ouverture. Jusqu’à une mort violente. La réplique finale fait penser que le personnage de Jim Brown est allé encore plus loin en 2008, joué par un autre acteur.

3:10 pour Yuma m’a paru boursouflé au regard de l’original. On ajoute beaucoup de péripéties, quelques enjeux, que permettent probablement plus de moyens. La séquence d’attente dans une chambre d’hôtel l’arrivée du train de 3 heures 10 pour Yuma se retrouve perdue au milieu de ce film. Christian Bale m’a épaté pour sa composition. C’est aussi la première fois que je le vois dans un autre rôle que la trilogie de Batman, et donc avec une autre voix. (Voir une critique chez Tepepa.)

Les Insaisissables permet de faire un tour à Las Vegas, à Paris et à la Nouvelle-Orléans. Vraiment très plaisant. Tiens, il y a aussi deux acteurs de Batman (Freeman and Caine) qui ici se rencontrent. Chouette.

Flaming creatures est une drôle d’expérience. Incritiquable à cause de son radicalisme et de ses petits moyens, difficile à analyser ou à mettre en perspective, même si beaucoup de motifs sont familier (on a pensé à Genet, Wahrol, au glam rock apparu en 1970, et la troupe des Mirabelles (1974-1982). Il va falloir que je fasse le tri.

 

 

Scorpio rising, a été de ce point de vue beaucoup plus abordable que le précédent. On a retrouvé un rapport son image proche des premiers Meyer, avec le même type de couleur. On a vu aussi beaucoup de rapports avec the Doom Generation (1995 pour le nazi, homosexualité) et identifier le Marlon Brando de The Wild One (1953, film avec apparemment plein de motards). En le jouant, on obtient une playliste sixties de bonne tenue.

 


Publié le 12 novembre 2012 par IIllIlIIllllIIlIllII

 

 Une affaire de femmes, Claude Chabrol, 1988

Fitzcarraldo, Werner Herzog, 1982

Habemus Papam, Nanni Moretti, 2011

No, Pablo Larrain, 2012

3:10 to Yuma, Delmer Daves, 1957

Splendor in the grass, Elia Kazan, 1961

… Tick … Tick … Tick …, Ralph Nelson, 1970

3:10 to Yuma, James Mangold, 2007

Now you see me, Louis Leterrier, 2013

            Flaming creatures, Jack Smith,

          Scorpio rising, Kenneth Anger, 1963

 

Les notices de Georges Sadoul

 

Cette semaine, Delmer Daves :

(San Francisco 24 juillet 1904) Assez humain, nettement inégal, cet ancien scénariste employa bien son sens du récit dans quelques « films noirs » : [une liste].

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