Das Glück ist nicht immer lustig

Publié le par Tzvetan Liétard

Tout comme pour Pierre Bourdieu, on se rend compte que  Paul Ricœur n'est pas facile à aborder au lycée. Même après, ce n'est pas facile. Ce n'est pas une raison pour ne pas faire l'effort. Quand il parle d'un pays qui a perdu la volonté du vivre ensemble, ça nous touche, forcément.

Les ombres du paradis a déjà la pureté des films de Kaurismäki. Le dernier travelling auquel j'ai participé fut celui sur Helsinki.

Together est plus léché que les autres films du Free Cinema. C'est aussi une fiction avec des acteurs qui sont surtout connus pour leurs peintures et sculptures. Ce sont Eduardo Paolozzi(1924-2005, joli) et Michael Andrews (1928-2001, joli aussi).

Tous les autres s'appellent Aliest une traduction étrange du titre de ce film. Littéralement, ce devrait être quelque chose comme La peur (ou l'angoisse) dévore l'âme. Il me semble mieux comprendre d’où vient Kaurismäki. Jusqu'à présent, je croyais ce réalisateur très original jusqu'à ce que je découvre ce film très différent des quatre autres films de Fassbinder que j'avais vus. D'ailleurs, c'est la première fois que je vois un film de lui sans Hanna Schygullah. Ce film pourrait faire partie de mes dix films préférés.

Contrairement à ce que j'ai lu écrire un peu partout, le masque de cuir n'est pas mal du tout. C'est peut-être même le plus hitchcockien des films des années 20 que j'ai vu de lui, si ce n'est par les thèmes, du moins par la technique. L'ouverture dans les manèges a rappelé Strangers in the train : on a envie de voir l'un de ceux qui s'y amusent s'écraser quelque part. Les différents cadrages du match de boxe final et leur montage aura impressionné. Le film était muet, pourtant on jurerai entendre le boxeur gentil hurler Adrian.

 

Le Fest traditionnel, c'est maintenant. Il y a trois salles qui se partagent la programmation : le DKC (Dvorana Kulturnog Centra) et le Dom Omladine, près du centre et le Sava Centar à Novi Beograd. On pourrait ajouter le FDU, la fac d'art dramatique qui en montre gratuitement. Le Sava Centar présente le programme principal (les films avec des grosses stars comme Georges Clooney, Ryan Gosling ou André Wilms) et les autres les autres. Encore une fois, j'espère voyager. Le critère de choix principal sera mon emploi du temps, le deuxième les pays que je connais mal. J'ai un peu la nostalgie de l'Arvor où j'allais voir sporadiquement des films inconnus, dont je suis rarement capable de citer à la fois le nom de l'auteur et le titre mais qui m'ont laissé une impression assez vive.

 

Ce journal est donc là pour que je me souvienne, par exemple, de Here I am de Beck Cole. Du film lui même, je me souviendrai sans problème. Le problème avec les petits films (en terme de notoriété) est qu'on rechigne à trop en dire de peur de gâcher le plaisir de la découverte. Disons que c'est un film qui parle de réinsertions, de minorités (aborigènes), de femmes, de maternité... Disons aussi qu'il y a beaucoup de chansons et de chanteuses familières (la première que nous avions reconnue était Cat Power, cette BO fait partie des plaisirs qu'on rechigne à dévoiler). Ces jolies musiques pop/rock/folk jouent le même rôle que dans la vie. Elles sont le contrepoint nécessaire à l'âpreté de la vie de Karen, interprétée par Shai Pittman.

Les personnages de Kochegar (comment appelle-t-on l’homme dont le métier consiste à alimenter une chaudière ?) ont connu l'URSS, la Russie et les Iakoutes (que j’ai appris à situer grâce au film). Si, comme on le pense, le personnage du Sniper représente Putin, et que le film est une métaphore de la situation en Russie, alors c'est mal barré. On extrapole peut-être un peu trop... Je viens de commencer Tristes Tropiques. Claude Lévi-Strauss y parle de la disparition des lieux et civilisations qui n'en finissent pas de disparaître. Cela constitue un point commun entre ces deux derniers films. Kochegar étant bien plus sombre sur ce point que Here I am.

Levi-Strauss et Paul Kemp (dans Rhum Express) font tous deux escale à Puerto Rico (que j’ai appris à situer grâce au film). Kemp est plus idéaliste mais ils font le même constat. Il y a tout ce qu'il faut pour que ça me plaise comme un propos à la film noir (des rencontres décalées, des offres d'emploi suspect), un décor pas nécessairement pittoresque mais marquant (les décharges, les îles, les hôtels), une BO à la Chico Hamilton, etc. Il y a une impression d'anachronisme pas désagréable (pas parce que le film se passe dans les années 60 mais parce qu'il aurait pu être fait de la même façon dans les années 80). J'ai une culture un peu IMDb. Ça veut dire que des noms, des titres me sont familiers sans que je n'aie rien vu qui y soit lié. M'informant sur les comédiens que j'avais appréciés, je me suis aperçu qu'ils avaient tous fait leur trou, que j'avais déjà consulté sinon leur fiche au moins celle d'un film auquel ils avaient participé. Maintenant, j'ai un film à quoi m'accrocher. Accessoirement, c'est le premier film américain de 2011 que je vois.

 

Paul Ricœur, Dominique Bollinger & Philippe Miquel, 1993

Varjoja paratiisissa, Aki Kaurismäki, 1986

Together, Lorenza Mazzeti, 1956

Angst essen Seele auf, Rainer Werner Fassbinder, 1974

Ring, Alfred Hitchcock, 1927

Here I am, Beck Cole, 2010

Kochegar, Alexey Balabanov, 2010

The Rum diary, Bruce Robinson, 2011

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