Down in the long narrow hall he was led into her rooms with her tapestries red

Publié le par Tzvetan Liétard

Le grand amour a été tourné à Tours. Cette comédie expérimentale repousse les limites du slapstick. La balade onirique en lit/voiture est-elle une réminiscence d’un gag de Gaston ?

C’est ma lecture du moment qui a motivé le choix des films suivants. Je lis Là-Bas de Joris-Karl Huysman. Il y était question d’Ambroise Paré, rencontré naguère dans le roman d’Alexandre Dumas, lors d’une discussion sur l’histoire de la médecine entre Durtal (alter ego de Huysman) et son ami le docteur des Hermies.

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(piqué ici)

On ne voit pas le médecin dans l’adaptation de Chéreau/Thompson qui a choisi de le mêler à deux autres personnages. Le plaisir procuré par cette adaptation de La Reine Margot est dû au fait qu’elle s’attarde sur ce qui m’a semblé trop légèrement traité (notamment le massacre de la Saint-Barthalémy) dans le roman et qu’il évacue pas mal de péripéties peu utiles au film. Mas il pourrait tout aussi bien avoir été adapté pour le théâtre à quoi le film peut faire penser non pour une utilisation la caméra qui serait statique (elle ne l’est pas du tout) mais pour la mise en scène de certains échanges (quelques dialogues quasiment superposés notamment entre la Marguerite et Henri de Navarre rappellent plus une expérience scénique que cinématographique). Du point de vue de l’adaptation, la « restructuration » est exemplaire (hormis l’étrange et inévitable impression, pour qui a lu le roman, à un moment précis, d’avoir sauté une centaine de pages. La séquence que je ne voulais pas voir coupée a été restituée. L’impression que Charles IX était le personnage principal a de nouveau été ressentie (sauf lorsqu’il dit « la raison d’État » dans le film).

Ma lecture du moment n’a pas conditionné le visionnement du document suivant. Mais il le recoupe en certains points, notamment sur le rapport à la ville, à Paris.

La Conférence inaugurale de Satan Trismégiste démarre sur Baudelaire mais partage des thèmes avec le livre, notamment le satanisme traité sur un mode autant érudit que satirique.

 


Les apparitions récentes de Pacôme Thiellement m’intéressaient pour les thèmes abordés (notamment la présentation de Delfeil De Ton à Mauvais Genre ou à la seule fois que j’ai regardée depuis longtemps Ce Soir Ou Jamais). Les racines Hara-Kiriennes qu’il y décrit m’ont touché. J’aurais adoré voir L’expo Citadelle en suspens à Paris. Bien que son approche pop (quoique Zappa et Fripp ne sont pas si pop) peut sembler chercher à ratisser large, il sait manifestement de quoi il parle. Il me réorienterait vers des artistes dont je me suis détourné il y a quelques années (tels que David Lynch ou Lars von Trier) ou d’autres artistes de l’ère (mais pas de la zone) pompidolienne.
J’avoue enfin que le fait d’être accompagné par le guitariste Olivier Mellano (que j’ai souvent vu jouer à Rennes) et d’avoir utilisé la couverture de Qu’est-ce que je fous là ? (Gébé, le Square) sur son profil facebook ne sont pas étrangère à la sympathie que j’éprouve pour ce gars-là. C’est de ce livre qu’était tiré la double page intitulée En ce temps-là que j’avais dit accompagné de copains musiciens.

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Dans Là-bas de J.-K. Huysmans, Durtal travaille sur une biographie de Gilles de Rais, compagnon de Jeanne d’Arc.

Jeanne d’Arcest un mythe que je ne connais que de loin, moins familier que celui de Jesse James. La version de Besson étonne par le contraste entre la virtuosité de la mise en scène et la bizarrerie de certains motifs (dialogues, mysticisme, traitement de certains personnages assez indigne). Sans en être dupe, on a été captivé par le film. Un peu trop même : la scène dans laquelle Jeanne d’Arc se confie à Charles bientôt VII est tourné dans un champ/contre champ qui ne fait pas confiance à la capacité du spectateur à être attentif : au lieu d’écouter, John Malkovich fait des grimaces qui montrent qu’ils écoute. Une autre séquence assez courte montre les réaction des compagnons de Jeanne d’Arc face au message qu’elle comptait faire parvenir aux anglais : cette lettre passe de main en main montrant la réaction des hommes sans qu’ils ne la lisent. C’est bien entendu une licence poétique, mais elle montre la volonté du tout en action (mouvements, grimaces) et peu en contemplation. Une scène donne l’impression que l’auteur a cherché à faire mentir le sketch de Pardaillac des inconnus. Il y parvient quant aux moyens et à la mise en scène. Les Anglais Richard Ridings et Timothy West sont des découvertes. Dunois (Karyo) et Gilles de Rais (Cassel) sont bien interprétés mais ne correspond à ce que nous en a appris Huysmans. Nous nous sommes aperçu par la suite des erreurs/libertés prises avec l’histoire grâce, notamment au bonus du DVD de la version de Bresson (ahah) ce qui nous a permis de rencontrer Georges Duby dans un entretien avec Laure Adler à l’occasion d’un numéro des Brûlures de l’Histoire (ahahah !). Bien que je n’y aie pas assisté, je me souviens de la conférence de Luc Besson venu présenter son film dans l’amphithéâtre Chateaubriand de Rennes 2 Villejean.

Présent dans les deux films, Pascal Greggory y joue le même personnage.

 

Le Grand Amour, Pierre Étaix, 1969

          Conférence inaugurale de Satan Trismégiste, Pacôme Thiellement & Olivier Mellano, 2013

La Reine Margot, Patrice Chéreau, 1994

Jeanne d’Arc, Luc Besson, 1999

 

Les notices (laconiques) de Georges Sadoul.

Cette semaine, Pierre Étaix :

(Roanne 23 novembre 1928) Excellent comique, acteur et réalisateur de ses films. [une liste].

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