e un'emozione che cresce piano piano

Publié le par Tzvetan Liétard

Grâce au onze novembre qui est férié, j'ai pu poursuivre, avec le Chicon tout juste rentré de Bruxelles, les séances de rattrapage permises par Slobodna Zona.

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On m’a mis au parfum sur le fait divers qui a inspiré À perdre la raison. Ce n’est pas ce qui a suscité mon intérêt, mais le fait de connaître d’avance cette histoire permet de se préparer à certaines séquences. En tant que spectateur, je ne parviens pas à établir d’autres liens que celui entre une fiction et le fait divers qui l’a inspiré. N’ayant pas pris connaissance des détails de l’affaire (et ne le souhaitant pas), je suis plus sensible au réalisme qu’au véridisme de ce film. Même s’il est orienté (par des choix scénaristiques, des choix d’interprétation) il me paraît avoir la délicatesse de montrer sans expliquer, de susciter l’empathie sans prendre partie.
(On a convoqué Jean Ferrat, Daniel Lavoie et Julien Clerc.)

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Par contre, je ne savais absolument rien de L’inconnu du lac. Ce film m’a beaucoup plu en raison des atmosphères très rares dans les films que j’ai pu voir récemment. J’ai d’abord pensé à Rohmer (tendance Le Genou de Claire ou Conte d’été) puis on vire vers Chabrol. On s’habituer vite aux paires de couilles des hommes qui bronze. C'est réconfortant de voir que les regards, les visages, ont plus attiré mon attention, malgré la surprise du début. Je n’ai jamais vu tant de gens sortir de la salle de cinéma.

cocteau.jpgCe qui me plaît dans Orphée ce sont les deux duos de personnages qui ici se rencontrent. Inutile de dire qu’Heurtebise et la Mort m’ont bien plus impressionné qu’Orphée et Eurydice, que le jeu de François Périer (grâce à qui j’avais auparavant deviner la fin des Bonnes Femmes et de L’Inconnu du Lac) et celui de María Casarès (ceux qui l’ont vu au théâtre doivent s’en souvenir) en font les véritables héros au détriment de Jean Marais (drôlement caricatural) et Marie Déa (dans un rôle ingrat). Orphée n’est pas le seul mythe convoqué ici, puisqu’on retrouve aussi Narcisse.

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jamaica.jpgJe voulais voir Cyclone à la Jamaïque au moins depuis La Fiancée du Pirate (c’est l’un des films que, cinéma ambulant, Michel Constantin projetait de patelin en patelin, de bisrot en salle de fête). C’est une heureuse surprise dans lequel une fois de plus Anthony Quinn m’épate. À regarder si on a aimé lire Lord of the Flies. C’est un vrai film d’aventure avec des enfants et sur la découverte des mochetés du monde. Décidément, plus j’y pense plus Chavez est un personnage marquant, émouvant. De Mackendrick, je n’ai vu que Sweet Smell of Success. Il n’est pas loin de devenir l’un des mes réalisateurs préférés (je me cherche des héros, et ce n’est pas ça qui manque).

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La Chanson du Passé est peut-être l’une des inspirations de The Broken Circle Breakdown. Il devrait clore ce cycle commencé il y a quelques temps malgré moi sur les films dans les quels les enfants s’en prennent plein la gueule.

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À perdre la raison, Joachim Lafosse, 2012

L’inconnu du lac, Alain Guiraudie, 2013

Orphée, Jean Cocteau, 1950

A High Wind in Jamaica, Alexander Mackendrick, 1965

Penny Serenade, George Stevens, 1941

 

Les notices de Georges Sadoul…

 

Cette semaine, Alexander Mackendrick :

(Boston US 1912) Sans doute le meilleur réalisateur anglais de la génération qui se révéla pendant les années 40. Il débuta comme scénariste pour les cinéastes formés par le documentarisme et par Calvacanti, Crichton, Basil Dearden. Puis il s’imposa par son truculent Whisky à gogo, lui, Ecossais, né par hasard aux Etats-Unis. Si Mandy fut trop sentimentale et si Tueur de damessacrifia aux poncifs de l’humour anglais, l’Homme au complet blanc eut l’accent d’un conte philosophique moderne, Maggie et Whisky à gogo celui de savoureuses satires. Il devait ensuite réakiser à Ney York, avec  le Grand Chantage, l’un des meilleurs films américains des années 1950.

 

Toutes les illustrations sont de Šejma.

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