en chemise de soie, pantalon de flanelle, le foulard et le pailleux rabattu sur les yeux

Publié le par Tzvetan Liétard

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J’avoue que j’ai regardé A Touch of Sin influencé par les listes des meilleurs films de l’année 2013 des Cahiers du Cinéma et de Sight & Sound. Il est effectivement réjouissant. Je me réjouis beaucoup de ces temps-ci. J’avais vu 24 hour city en dvd sans l’avoir saisi. Je savais vaguement que le film mélangeait documentaire et fiction et il m’avait donné à percevoir la Chine de façon différente. J'ai reconnu ce que je connais de l'ex-Yougoslavie dans beaucoup des quatre endroits décrits dans ce Tian zhu ding.

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Gandahar n’était à l’origine pas prévu dans le programme du cinéclub que je propose à la fac (cinélub bien peu fréquenté), mais on m’avait demandé un dessin-animé. Je n’étais pas trop motivé, je voulais montrer Baisers Volés (ce sera pour 2014) mais j’ai jeté un œil au rayon DA de la médiathèque de l'Institut Français de Belgrade (le cinéclub a lieu à Novi Sad) et je suis tombé sur le seul film de Laloux qu’ils avaient. Je n’ai plus hésité parce que ce film m’avait marqué lorsque je l’avais vu petit à la télé. J’avais toujours eu l’impression d’en avoir manqué quelque chose au cours de ses multiples diffusions sur canal plus à l’époque. Je l’ai revu ensuite rue Le Bastard, du début à la fin, et là, il m’avait semblé incomplet, pas fini, irrésolu. J’ai pensé que c’était à cause de cette histoire de paradoxe temporel. À la troisième vision, la semaine dernière, j’ai enfin eu l’impression que le film était narrativement bouclé. On m’a fait part d’une interrogation quant à la nudité des personnages. On me disait que le film n’était pas adapté à un public d’enfants. En règle générale, je ne sais pas me mettre à la place d’un enfant, mais en l’occurrence, comme je l’ai vu enfant, je peux dire que j’ai été beaucoup plus marqué par les déformés. Devenu adulte, j’ai été touché par l’amour plus que par l’érotisme qui se dégageait des caresses et des mots d’amour échangés par les personnages. J’en ai déduit qu’un enfant ne peut pas être choqué par ce genre de scène dans l’instant où n’est pas représentée la mise en cause de l’intégrité physique des personnages (fût-ce par amour). Après consultation de la fiche wikipédia du film, j’ai appris que cette scène, pour ce qu’elle pouvait suggérer à un adulte, avait été coupée de la version américaine. C’est bien con.

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The Rookie m’a amusé jusqu’au moment de sa résolution d’une simplicité ni enfantine ni évangélique. Raùl Julia me manque. Si le film peut rappeler la série des Dirty Harry par sa violence et sa radicalité, le personnage de Nick Pulowski (interprété par Clint Eastwood) n’a rien à voir avec Harry Callahan. On entend l’expression "Paisan" (Raul Julia) et on s’échange des cigares.

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Tant qu’il y aura des hommes était un film formellement un peu décevant au début jusqu’à ce que je me rende compte qu’il s’agissait d’une chronique presque télévisuelle jusqu’à l’attaque inattendue (on est à Pearl Harbour en mille neuf cent quarante et one). Ce contraste est finalement réussi. C’est un plaisr de retrouver Montgomery Clift, Burt Lancaster et Frank Sinatra (le meilleur personnage du film). D’ailleurs ce trio me renvoie à The Young Lions de Dmytryk (où Clift est accompagné de Dean Martin et où le troisième personnage est interprété par Marlon Brando). Ce n’est pas Ford mais je suis content quand il y a des scènes où les militaires chantent au coin du feu. On entend l’expression "Paisan" (Frank Sinatra) et on s’échange des cigares.

 

天注定 (Tian zhu ding), Zhangke Jia, 2013

Gandahar, René Laloux, 1988

The Rookie, Clint Eastwood, 1990

From here to eternity, Fred Zinnemann, 1953

 

Les notices (vachardes) de Georges Sadoul

Cette semaine, Fred Zinnemann :

(Vienne 29 avril 1907) Il a été un réalisateur américain important au lendemain de la guerre. Après avoir participé à l’avant-garde allemande, il s’établit après Hitler aux États-Unis et appartint à l’école de New York, réalisant plusieurs documentaires et, au Mexique, avec Paul Strand : Les Révoltés d’Alvarado. Son premier long métrage américain, la Septième Croix, est l’adaptation d’un roman antifasciste d’Anna Seghers ; puis il dirigea en Europe les Anges marqués, semi-documentaire montrant avec rigueur la détresse des enfants dans les ruinesallemandes. Le succès commercial (imprévu) de ce film l’intégra à Hollywood, pour lequel il réalisa C’étaient des hommes, film sur les paralysés de guerre, qui révéla Marlon Brando, et Teresa, qui montrait les quartiers pauvres de New York vus par les yeux d’une Italienne. Puis ce fut le triomphe international du  Train sifflera trois fois , western utilisant un peu trop les ressorts de la tragédie, mais décrivant par métaphore, le désarroi de certains au plus noir du maccarthysme. Tant qu’il y aura des hommes, sujet qui ne fut qu’en apparence « courageux », marqua un net tournant dans son œuvre. Étouffé sous les Oscars, il fut pour la « génération perdue » un homme perdu – un de plus. Le temps d’un consciencieux académisme était venu. Ses erreurs ne légitiment pourtant pas l’indignité dont l’abreuvent certains, qui accablent d’honneurs Kazan ou Billy Wilder. [une liste]

 

Toutes les illustrations sont de Šejma.

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