Le risque couru par les documentaires transversaux est de présenter superficiellement les conflits qu’ils évoquent. J’ai douze ans et je fais la guerre présente autant de cas d’enfant utilisé comme soldat que de conflits éparpillés dans le monde. En cherchant à saisir le point de vue de l’enfant, on a l’impression que les auteurs de ce film le malaxent pour l’adapter à une vision un peu trop ethnocentriste (occidentale et contemporaine) de l’enfance (ce qui rappelle, dans le principe le documentaire sur les Bébés). On sait bien que le but n’était pas d’expliquer ces conflits, mais on les perçoit ici comme des spectacles absurdes dont on déplore, un peu hypocritement, l’implication d’enfants. Cent fois mieux vaut lire Allah n’est pas obligé… de Kourouma.
Le couperet est peut-être aussi un remake de Carambolages. Avec Baudu, nostalgique de la rue Lauriston, ce film (sorti le 15 mai) dispute à celui de René Clément, le jour et l’heure (sorti le 5 avril), d’avoir été le premier à littéralement insister sur la collaboration lors de l’occupation. Si celui de Clément la montre et en parle quelques semaines plus tôt, celui d’Audiard est plus inquiétant car ses dialogues suggèrent qu’elle n’a pas tellement été inquiétée, qu’elle a survécu tranquillement et a conservé ses nostalgiques jusque dans la société des années 60. Papon était alors encore préfet de police.
Cet article a ravivé mon envie de regarder la fiancée de Frankenstein. On y trouve ce qui manquait à Frankenstein pour compléter l’adaptation du roman, notamment la scène où il apprend à parler avec un aveugle. Dans le rôle du docteur Praetorius, Ernest Thesiger évoque Jean Cocteau et annonce certaines compositions de Max von Sydow. On m’a ensuite expliqué le sous-texte gay de ce film, qui était James Whale et un sens possible du double rôle joué par Elsa Lanchester (Mary Shelley & The Bride herself).
Avec Giulietta Masina j’avais vu Ginger & Fred et, au collège, la Strada. Dans Les nuits de Cabiria, elle est un autre personnage plein de gouaille, je me souviendrai de son sourire en coin, son sourire de celle à qui on ne la fait pas, qui regarde les choses de haut, et pourtant… Quand à François Périer, il avait une moustache et quelque chose d’à la fois avenant et inquiétant qui rappelaient Robert De Niro (dans the King of comedy, pour la moustache, et mettons Cape Fear pour le côté à la fois avenant et nquiétant).
New York Miami est un titre plus explicite que l’original. Avec 20 ans de moins que dans Band of angels, Clark Gable a l’air de savoir jouer et ses oreilles moins grandes. Ne pas confondre Claudette Colbert (qui joue ici) et Paulette Godart (qui joue là). Quatrième volet du cycle Cavell, premier volet réalisé par un autre que Cukor.
Archimède le clochard est une coproduction franco-italienne. D’italien, il y a deux figurants (deux clients dans un café) et un percolateur qu’Archimède dégomme. Il y a surtout la musique, du français Jean Prodromidès, qui sonne comme celles des comédies transalpines et les extérieurs typiquement néo-réalistes sur des chantiers de barres d’immeubles. Ce n’est peut-être pas typiquement néo-réaliste, c’est peut-être juste un cliché de film italien des années 50/60 que je me suis formé.
J’ai douze ans et je fais la guerre, Gilles de Maistre, 1990
Carambolages, Marcel Bluwal, 1963
Bride of Frankenstein, James Whale, 1935
Le Notti di Cabiria, Federico Fellini, 1957
It happened one night, Frank Capra, 1934
Archimède le clochard, Gilles Grangier, 1959
Viennent de s’ouvrir les journées du film italien à Novi Sad. Il y a une rétrospective Monicelli dont je ne pourrais malheureusement voir aucun film. Il y a des films récents. J’avais annoncé ici l’évènement. Depuis, la musique de l’extrait montrant Catherine Spaak me reste en tête. La scie scie, mais la fille est jolie. Ça compense. Voici comme vaccin la chanson des frères Rigual :
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