et ce sourire tu vois, je te hais pour cela

Publié le par Tzvetan Liétard

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Le Skylab croque plutôt bien la société française de 1979 à travers une réunion de famille. Les traits, plutôt gros, sont lisibles et pourrait permettre de faire de ce film un outil d’étude sociologique  pour un cours de civilisation française. Personnellement, le réalisme des détails m’a touché car j’y ai retrouvé de motif de la période de mon enfance : les méchouis, les parties de foot des grands après le repas, les shorts serrés, les enfants qui organisent un spectacle entre cousins pour les grands... Ce n’est pas un air de famille (il n’y a pas de climax) et c’est tant mieux.

pilot-asterix.jpgPilote : le journal d’Astérixest un documentaire qui se concentre sur la période Goscinny. Le nom de Guy Vidal n’a par exemple jamais été mentionné. Bonne révision, ce documentaire, avec des intervenants issus de strates différentes de cette histoire. On peut voir le documentaire ici.

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D’abord Otto Sander (que je ne connaissais pas) pui un mois plus tard, Lou Reed. Je dois avouer que c’est le 27 octobre dernier que j’avais décidé de voir enfin Si Loin si Proche. J’ai eu l’impression de retrouver une famille avec Winter (Rüdiger Vogler) et les autres, comme Solveig Dommartin, Horst Buchholz et les autres. Le film m'a captivé. La mise en scène maîtrisée m'a paru à la fois contemplative et entraînante. Beau travail de travellings permettant des points de vue nouveaux et émouvants. Il y a évidemment Lou Reed dont les trois apparitions contribuent à sa légende.

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Cette vidéo comporte deux documentaires tronqués et ressemblants consacré à l’art de Franquin.

chabrol.jpgLes Bonnes Femmes est un titre qui a des intonnations misogynes. Il rappelle autant Hitchcock (on me l’a dit avant que j’aille le voir) que Le Notte de Cabiria. Pierre Bertin qui joue le rôle de monsieur Belin, y ressemble un peu à Claude Chabrol à cause de certaines grimaces.

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La Fiancée du pirate est une sorte de Dogville (que je n’ai pas vu) 40 ans avant. Pas très bien foutu (budget), il n’en demeure pas moins efficace entre grâce aux acteurs qu’on a plaisir à revoir (Jacques Marin, Michel Constantin, Julien Guiomar, Georges Géret) ou à découvrir (Henri Czarzniak, Claire Maurier, Jean Paradès). On a envie d'aller voir High wind in Jamaïca et Belle de Jour.

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Au pays des… n'est pas un film mais une pièce de théâtre dont j'aimerai bien voir les acteurs imprimer du celluloïde étant donner leurs gueules marquante. On l'a vu à Belgrade sous-titré en serbe. La pièce utilise aussi des enregistrements vidéo.

En hommage à Carlo Lizzani, la Kinoteka de Belgrade a organisé une rétrospective de neuf de ses films en utilisant les copies de leur stock, j’en ai vu les deux premiers.

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Attentions ! Bandits !m’a été présenté comme un film important pour le néoréalisme italien. Les conditions de visionnage (les soustitres tchèques m’ont fait prendre consciende que cette langue et le serbe ne sont pas si proches).

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Banditi a Milano était dans une veine bien différente et assez typique de la façon dont je me représente le cinéma de genre italien des années 70 même si je n’en connais quasiment que quelques westerns. La narration éclatée au début (pendant un moment, je ne comprenais pas bien ce qui se passait, que venait faire la version italienne de "je voudrais être un noir" de Nino Ferrer pour illustrer la trajectoire d’un personnage pas très utile au récit) arrive finalement assez vite à se concentrer sur la traque des bandits du titres. La police (dirigée par Tomas Millian) tente en effet de stopper une bande de braqueurs de banques violents (menée par Gian Maria Volonte). J’aime bien ce film d’abord pour son souci du détail (comme dans beaucoup de film de la période). Je l’aime bien aussi pour ce sens du récit et de l’immersion. Enfin, je l’aime pour son ambiguité politique. Que l’on soit pour ou contre la peine de mort, la vengeance est un formidable ressort dramatique. Ici, c’est la foule qui est en colère. L’ouverture narrativement éclatée et plutôt violente peut évoquer un Milan proche de Gotham City. D’ailleurs quelques plans sur un Batman de comics sont insérés. Parlant de lecture, le personnage principal dans sa chambre hésite à lire La Peste puis choisit le repos du guerrier de Christiane Rochefort.

 

Le Skylab, Julie Delpy, 2011

Pilote : le journal d’Astérix, Philippe Picard & Jérôme Lambert, 2009

In weiter Ferne, so nah!, Wim Wenders, 1993

Franquin, Laurent Boileau & Éric Verhoest, 2005

Houba !, Christophe Heili, 1994

Les Bonnes Femmes, Claude Chabrol, 1960

La Fiancée du pirate, Nelly Kaplan, 1969

Au pays des… , Laurent Maindon, 2013

Achtung ! Banditi, Carlo Lizzani, 1951

Banditi a Milano, Carlo Lizzani, 1968

 

Les notices de Georges Sadoul…

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Cette semaine, Claude Chabrol :

(Paris 24 juin 1930) Personnel, convaincu, truculent, il fit ses débuts avec la sincérité du Beau Serge et l’éclat des Cousins, 1959, qui le placèrent au premier rang de la Nouvelle Vague. Ne résistant jamais à l’envie de diriger un film : 1960 À double tour, 1961 les Godelureaux. 1962 l’Œil du Malin, Ophélia, il se gaspilla par la suite malgré : 1960 les Bonnes Femmes et 1962 Landru, en gardant une haute ambition : « Les seuls sujets honnêtes, a-t-il dit, sont à l’image de la réalité. Le problème du cinéaste est double : faire saisir sa pensée au plus grand nombre, ce qui est un problème de forme, et démonter le mécanisme de cette réalité : fuir le sentiment faux, montrer que le propre d’une société aliénée est dans la putréfaction des valeurs fondamentales. » [une liste].

Après un long purgatoire dans les « tigres », films d’aventures policières où il rentrait ses griffes, non sans lancer parfois de sournois coups de patte, Chabrol a pu revenir en 1966, avec le Scandale, aux sujets qu’il tenait pour sérieux : la mise à nu des bassesses bourgeoises, en des récits soigneusement refermés sur eux-mêmes, aux éclats sourds. Mais un film comme Docteur Popaul laisse une question en suspens : ce parti pris de dérision ne risque-t-il pas de devenir le plus court chemin vers une certaine facilité ? [une liste].

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