I laughed as you wobbled in your platform shoes

Publié le par Tzvetan Liétard

Jason Bourne : L’héritage, c’était bien. On sourit (ou s’agace) à voir s’afficher l’heure exacte à la minute près en dessous du lieu, et une poursuite dure peut-être un peu. Mais le spectateur est dans la première partie actif, la distillation des informations est bien faite sans être évidente ce qui peut entraîner deux sortes de plaisir : la surprise ou l’expectation. Dans le deuxième cas, deviner est un plaisir parce qu’’il n’est pas dû à des clichés, mais à la satisfaction d'avoir su assembler les pièces d'un puzzle (et dans une moindre mesure à une certaine connaissance du genre - je viens d’achever la lecture de The Company avec grand plaisir).

Entendons-nous bien : Laissez bronzer les cadavres n’est pas un film mais un roman. Je le mentionne pour deux raisons : d’abord je l’ai lu dans les conditions d’un film (du début à la fin sans pause en un après-midi, comme on lit dans un train, unités de temps et de lieu redoublées par celles du livre) ; ensuite, les auteurs l’ont écrit avec l’ambition d’entrer à la Série Noire (réussi) et de le vendre à des producteurs (réussi je ne sais pas, mais il n’y a pas eu de film). À la lecture, on se fait son cinéma.

J’avoue avoir été très agacé par Deps pourtant original et sincère. On l’a vu dans le cadre d’une rétrospective consacrée à feu Bekim Fehmiu, l’un des rares acteurs yougoslaves à avoir eu une carrière internationale avant Rade Šerbedžija. Ce qui m’agaçait dans cette garde-à-vue métaphysicomique à flash-back était simplement le jeu des acteurs (à l’exception de celui de Fehmin) particulièrement cabotin. Ce surjeu, repérable dans tout ce qui dans la vie quotidienne peut susciter une mise en scène (réunions, noces...), et l’impression que les acteurs s’écoutent jouer pendant une performance évoque un amateurisme qu’il faut cependant relativiser. Bekim Fehmiu, né à Sarajevo, élevé au Kosovo, étudiant à Belgrade, a comme beaucoup vécu avec difficulté les années 80 et 90.

En regardant Samedi soir, dimanche matin et en se rappelant Billy Liar, par exemple, on se rend compte de quelle tradition peut provenir un film comme Trainspotting.

 

The Bourne Legacy, Tony Gilroy, 2012

Laissez bronzer les cadavres, Jean-Patrick Manchette & Jean-Pierre Bastid, 1971

Deps, Antun Vrdoljak, 1974

Saturday night and sunday morning, Karel Reisz, 1960

 

Les notices de Georges Sadoul

Cette semaine, Karel Reisz :

(Tchécoslovaquie 1926) Très brillant cinéaste du Free Cinema anglais. Il a démontré dans ses documentaires pris sur le vif son sens de la vie quotidienne, de l’humanité saisie dans ses actes les plus courants tout en sachant choisir l’essentiel. Il est, en 1963, l’un des plus sûrs espoir du cinéma anglais.[une liste].

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