île de logoden logoden logoden les petites souris qui trottent dès qu'on débarque sur l'île

Publié le par Tzvetan Liétard

Après Fest (voir note précédente) je me suis limité aux films montré en "cinéclub institutionnel". Les films choisis ne correspondent pas à l'élaboration d'une histoire du cinéma (mais il y a des vieux films). Il ne s'agit pas non plus de diffuser les grands succès populaires (mais il y en aura). Ce sont surtout l'illustration de problématiques culturelles et/ou civilisationnelles. On en parlera pas ici.

On verra ici en alternance des films vus à l’Institut Français de Belgrade dans une salle de cours et des films vus dans une salle de l’université.

A part les Trois Frères et Mon Oncle d'Amérique, j’ai découvert d’entre eux au moment de la projection. Le choix était un mélange d’éclectisme et d’envie (sans ce dernier point, ce n’est pas la peine). j’ai l’impression que les films comme Itinéraires, 8 fois debout, les Petits Ruisseaux ne sont pas des films qui se regardent dans mon entourage virtuel parce qu’ils ne sont pas assez bis (j’aime bien le bis), pas assez "classique" (j’aime bien le "classique"), pas assez glamour (j’aime bien le glamour), mais à première vue surtout trop mollassons, trop déprimants, bref, trop franchouillards. Je dois avouer mon goût (non exclusif) pour ce type de film.


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On parlait vraiment d’une drôle de façon à l’époque des Trois Frères. On a montré ce film en cinéclub à la fac. Je guettais particulèrement les réactions pour la scène avec le yougoslave (évidemment) et celle avec le petit prince étant donné que les étudiants doivent connaître sur les bout des doigts ce livre qui leur sert de base d’analyse. Je crois que ça a fonctionné.

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Quel Resnais montrer aux étudiants parmi ceux disponibles à la médiathèque de Belgrade ? J’ai choisi Mon oncle d’Amérique pour son côté didactique et captivant : la première fois que je l’avais vu, le film était à la fois clair et éclairant. C’est grâce à lui que j’avais découvert Henri Laborit. J’ai mieux apprécié cette deuxième vision, non pas parce que je le connaissais déjà, mais j’ai été plus sensible au travail de montage, en fait musical, de ce film avec ses accélérations et ses ralentissements, ses répétitions de motifs et ses accords. Dans le (petit) public, on lui a reproché sa lenteur alors que le rythme était maîtrisé. On a aussi reproché à Depardieu d’être « en petite forme ».

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Le Petit Dragon est une sorte de Toy Story où l’on apprend que l’esprit de Bruce Lee ne disparaîtra jamais. Depuis, je vu ce drôle de numéro de Blow up, mais pas encore le film traité (Le Jeu de la Mort).

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Je n’avais jamais entendu parler d’Itinéraires ni de Christophe Otzenberg, mais j’ai été intéressé par le sujet (variation inachevée sur le faux coupable), la location et les acteurs. Je le rangerais avec  La Raison du plus faible et pas seulement à cause de Patrick Descamps. Il est vrai que j’ai d’abord été attiré par le casting, Jacques Bonaffé que je n’avais pas vu depuis longtemps en premier lieu.
Expliquer le film nous a conduit à parler de motifs spécifiquement français comme Victor Hugo et les Misérables, le polar qui permettent une description sociale, Simenon, etc. Personne ne connaissait Simenon.

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J’avais présenté 8 fois debout comme une comédie, à cause de l’affiche. En fait, ce serait une sorte d’En avoir (ou pas) un peu plus léger. L’affiche trompe également quant à la place de Denis Podalydès, même si la trajectoire de son personnage est proche de celle du personnage interprété par Julie Gayet que je n’avais pas vu que dans Delphine 1, Yvan 0. C’est une actrice excellente. Outre une balade dans le Périgord, le film a été l’occasion de montrer qu’en France aussi il y a des galères. Ce fut une surprise.

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À la française d’Édouard Baer est un drôle de spectacle qui brasse des problématiques et des motifs auxquels je suis de plus en plus sensible mais qui risquent d’être indigestes pour un Français de France qui se contrefiche (avec raison) de l’image de la France à l’étranger. Pour moi, c’était l’occasion d’une révision générale, mais je me demande comment la pièce peut être perçue de l’intérieur de l’œil du cyclone. Je me suis aperçu que la distribution de la pièce était alternée. Je regrette de ne pas avoir vu certains acteurs comme Philippe Duquesne ou Jean-Michel Lahmi.

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À la française C’est aussi le titre d’un court métrage d’animation situé à Versailles en 1700. Le château, les jardins, y sont parfaitement représentés, mais la cour est interprétée par une volaille qui en font une basse-cour.

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Il annonce les Caprices d’un fleuve dont le début est également situé à Versailles vers 1784. Il commence avec une tapisserie pleine d’oiseaux et file un peu plus tard également la métaphore de la basse cour et de la cour. La trajectoire de Jean-François de la Plaine (interprété par Bernard Giraudeau) paraît superposer plusieurs strates de l’histoire coloniale française. Là encore, c'est le casting qui a fait plaisir bien qu'il ait été globalement en retrait par rapport au personnage de Giraudeau. Richard Bohringer, acteur franco-sénégalais, dont j'attendais plus d'importance. Je mentionne aussi Roland Blanche et le jeune Thierry Frémont.

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Cul de bouteille est un petit garçon dont la mauvaise vue l’amène à voir des choses que les autres ne voient pas. Par contre il entend ce que tout le monde entend, dont une radio qui parle tout le temps du Rhône. Le dessin peut évoquer un Vanoli.

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Dans les Petits Ruisseaux, il est aussi question d’hallucination puisqu’Émile (Daniel Prévost) déshabille littéralement et à son grand dam la gent féminine de son entourage. Il est également question de fleuves français : la Loire et la Garonne. C’est Sören Prévost qui joue le rôle du fils d’Émile. Comme il est aussi comédien, la séquence dans laquelle il intervient est assez étonnante autant pour la mise en scène, géométrique (un peu comme chez Wes Anderson), que pour leur ressemblance, un air de famille, ainsi révélée. Cette séquence a plu pour sa gentillesse et le film a intéressé pour sa façon d’aborder la libido du troisième âge, sujet rarement abordé s’il en est. Le personnage préféré aura été celui de Philippe Nahon, dont le peu de présence a été déploré. Les hippies de Corrèze énervent les Français du public.

 

 

Les Trois Frères, Didier Bourdon & Bernard Campan, 1995

Mon oncle d’Amérique, Alain Resnais, 1980

Le Petit Dragon, Bruno Collet, 2009

Itinéraires, Christophe Otzenberger, 2005

8 fois debout, Xabi Molia, 2009

            … À la française, Édouard Baer, 2013

            À la française, Morrigane Boyer, Julien Hazebroucq, Hsu Ren-Hsien, Emmanuelle Leleu, William Lorton, 2012

Les Caprices d’un fleuve, Bernard Giraudeau, 1996

            Cul de bouteille, Jean-Claude Rozec, 2010

Les Petits ruisseaux, Pascal Rabaté, 2010


Toutes les illustrations sont de Šejma.

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