in girum imus nocte et consumimur igni

Publié le par Tzvetan Liétard

Où l’on mesurera le temps passé pendant les fêtes devant un écran dans le car (4 films, dont un 2 fois), de télévision (5 films dont un court et un docu), de cinéma (3 films, dont un aux 400 coups, à Angers), en compagnie (4 films).

 

Un dernier tour a Monza (je traduis littéralement) est un polar empreint de culture américaine, où l’on entend Hey Joe, With a little help from my friends, Georgia on my mind et Knockin’ on Heaven’s door, interprétés par des musiciens amateurs, dans des bars ou bien en version originale. Malgré certains comportements un peu illogiques et inattendus, on aime suivre ce film pour le rythme et le jeu de certains acteurs dont Dragan Nikolić. Parce qu’une partie de ce film se situe en Italie, on repense au contemporain Anđeo Čuvar.

J’avais pensé ne pas mentionner Montevideo, Dieu t’a vu (le titre original sonne mieux) car je ne l’avais pas vraiment suivi. Et puis finalement j’en parle pour trois raisons : d’abord, ce n’était pas la première fois que je le regardais dans de telles conditions (dans le bus donc). Ensuite, il y avait quelque chose dans le thème historique (la première coupe du monde en 1936) et nationaliste (une équipe serbe, pas très royaliste ou communiste) qui rappelait le film suivant. Enfin, je l'ai vu encore une fois au retour (c'était la superproduction 2009, et une suite est en préparation).

En effet, l’as des as aborde aussi un thème sportif et historique (les jeux olympiques de Berlin) et montre un Belmondo flattant un certain type de nationalisme. Dans les deux cas, il s’agit de spectacle sportif et cela n’est pas si nauséabond. Dans les deux cas, en fait de nationalisme, il faut comprendre unité nationale. Je ne connais pas bien les comédies des autres pays européens (hormis quelques italiennes ou anglaises) mais il me semble qu’il y a beaucoup d’affinités entre les serbes et les françaises sur ce point-là (avec rakia et kajmak d’un côté et vin rouge et camembert de l’autre, ‘voyez).

Sur ce point, l’Animal est assez différent et fait plaisir. On y retrouve 40% de l'aventure, c'est l'aventure et Julien Guyomar.

Si je ne trouve rien en Bretagne, j’irais peut-être m’installer en Normandie. C’est jolie aussi, et puis culturellement, il y a sans doute plein de chose à découvrir. Je n’ai été au Havre qu’une fois, et bien on le reconnaît quand même dans ce film. Je voudrais ne m’exprimer que comme André Wilms ici, dans la vie de Bohême ou même dans Monsieur Hire.

J’ai vu les Compagnons de la nouba en français et les Joyeux compères en anglais. C’était sur Arte. Le documentaire suivant (Laurel & Hardy, une histoire d’amour) apprend pourquoi même en français, Laurel et Hardy ont un accent anglosaxon (ils tournaient simultanément des versions dans d'autres langues sans forcément tout comprendre). Si on en croit ce film (et on le veut bien) leur collaboration et leur amitié fut exemplaire.

Après avoir trouvé quelqu’un pour me montrer Calvaire, j’ai trouvé quelqu’un à qui le montrer : « long, décevant et vide » pour l’un, « glauque – mais bien – mais glauque » pour l’autre. Bon. Je l'aime comme j'avais aimé Irréversible par exemple : beaucoup de matières, de textures visuelles et perturbantes, faisant appel à autre chose que l'intelligence, sans être pour autant stupide, bien au contraire.

Il faudrait montrer Intouchables comme un documentaire à des étudiants qui voudraient comprendre la société française. Pas le film en lui-même, mais ce que le public y cherche. Réconciliation nationale ? Identification ? Ou bien, comme le dernier gros succès ch'ti, l’histoire de deux personnages qui ne s’en sortent qu’en aidant l’autre. Ce ne serait qu'une pièce. Omar Sy est phénoménal.

Après William Wyler (et Cédric Klapisch), je n’avais qu’un a priori favorable des adaptations théâtrales. Après Who’s afraid of Virginia Woolf, des huis-clos qui dérapent. J’ai bien ri avec Carnage, mais il m’a semblé bien rapide et concentré. Comme aucune de ces allégories (chaque personnage représente un point de vue, une façon d’appréhender le monde) ne m'a permis de m'identifier, j'en suis sorti déconcerné sans y avoir trouvé la caricature qui m'aurait mis le nez dedans. J'en trouve ailleurs. Mais il aurait fallu ajouter d'autres personnages et on ne s'en serait plus sorti.

Le retour en bus a commencé comme une spéciale Europacorp. D’abord je me suis résigné à suivre Banlieue 13, une fiction autour d’un thème comme j’aimerais en lire plus souvent. Ensuite, j’ai suivi Hitman distraitement, comme le son était coupé. On trouve dans les deux la patte de la société de production.

(Le retour s’est donc poursuivi avec Montevideo…)

 

Poslednji krug u Monci, Aleksandar Bosković, 1989

Montevideo, Bog te video, Dragan Bjelogrlić, 2009

L’As des As, Gérard Oury, 1982

L’Animal, Claude Zidi, 1977

Le Havre, Aki Kaurismaki, 2011

Sons of the desert, William A. Seiter, 1933

Them Thar Hills, Charley Rogers, 1934

Laurel und Hardy, Andreas Baum, 2011

Calvaire, Fabrice du Weltz, 2004

Intouchables, Olivier Nakache & Eric Toledano, 2011

Carnage, Roman Polanski, 2011

Banlieue 13, Pierre Morel, 2004

Hitman, Xavier Gens, 2007

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