it's hard to make the good things last, you realize the sun don't go down, it's just an illusion caused by the world spinning 'round

Publié le par Tzvetan Liétard

En voyage, on a vu un documentaire dans une chambre d’hôtel de Rotterdam, un film à la télé et un autre au cinéma.

Ce sont des films vus entre le 20 juillet et le 25 août.

 

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Je ne sais pas si Clothes to die for sera exploité en France. Ce documentaire raconte la catastrophe du Rana Plaza qui a eu lieu en 2013, l’été dernier, donc, à Savar, au Bangladesh. Édifiant et bien loin des junk reportage à laquelle la télévision anglosaxone (je parle de la langue) m’a habitué via ces chaîne de type discovery channel. Il y a de l’humanité et de l’objectivité dans ce documentaire. Il cherche à faire comprendre ce qu’ont vécu les victimes de ce drames aux quelles se joignent tous ceux qui sont poussés à accepter des conditions de travail lamentables. Autant que je me souvienne, il ne remet pas en cause le système de production qui profite des inégalités, mais préconise une certaine moralisation de ce système. On sent bien sûr une certaine hypocrisie de ce point de vue. Le plus important dans ce documentaire, ça reste le témoignage des survivants et la modification de leur rapport au travail. Ceux-là ne pensent généralement plus que la pauvreté justifie la prise d’autant de risques.

 


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Le Viager est un film quand même assez mal foutu. Le plaisir ne vient pas de ce que c’est un film mais de tout ce qu’il contient, un humour mi-potache, mi-cruel, un contexte partagé par les Français d’une certaine époque, de bons comédiens, une idée originale liée au passage du temps.


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Boyhood aussi est basé sur une idée originale, pas tant l’histoire d’un passage de l’enfance à l’âge adulte, que la décision de tourner le temps que les acteurs grandissent.
On pense à une sitcom ou à un soap, une longue série sur une famille qui vieillit, et notamment à ces épisodes à flashbacks dans lesquels on mesure le temps passé, le vieillissement des acteurs qui ont porté si longtemps leur personnage, notamment les enfants devenus adolescents. De ce point de vue le film était plaisant parce qu’une fois l’idée posée, il ne jouait pas sur cela. C’est à peine si on voit une photo du protagoniste enfant vers la fin du film. Pas de rétrospection nostalgique. Il a d’autre travers de soaps (des discussions définitives sur la vie notamment).
Je ne sais pas si c’était voulu, mais le film m’a révélé à quel point j’étais conditionné par les médias. Chaque épisode contenait un moment qui habituellement appelle un drame qui ne s’est jamis produit en l’occurrence. Par exemple, à un moment, lors d’une première soirée arrosée entre ados, on joue à des jeux dangereux mais, semble-t-il, aucun accident n’a lieu. À un autre moment, on consulte son i-phone en conduisant, comme dans une pub de la sécurité routière, mais sans accident (il faut dire que les routes du Texas sont plus longues et moins fréquentées). Parlant du Texas, on apprend à manier des armes, on s’attend, encore une fois à un accident (étant donné l’abondance de faits divers sur le sujet) mais tout va bien. Certains clichés étaient volontairement amenés pour être déjoués, c’est patent dans l’écriture (quand le deuxième beau-père demande à Mason l’heure qu’il est), mais dans les cas mentionné plus tôt, je me dis que ce gamin, comme beaucoup d’autres moi compris, revient de loin.
Le film a donné lieu à beaucoup de discussions, de parallèles avec la réalité. Il est propice à des « dossiers de l’écran » privés dans la mesure de son côté universel. On sait gré à ce film de ne pas expliquer ce gamin qu’on suit à peine. Ce n’est pas de la télé-réalité, le film, ou du moins les séquences qui le composent, est clairement écrit.
Le personnage interprété par Ethan Hawke est particulièrement attachant. Celui de Patricia Arquette, la mère, est à la fois plus présent (c’est elle qui s’occupe des enfants), et plus en retrait (ils communiquent moins). C’est évidemment une question de point de vue. Il n’en reste pas moins que le parcours de ces deux parents séparés est aussi intéressant, sinon plus, que celui de Mason.
(Le titre de cette note vient d'une chanson entendue dans Boyhhood.)

 

Clothes to die for, Zara Hayes, 2014

Le Viager, Pierre Tchernia, 1972

Boyhood, Richard Linklater, 2014

 

Les notices de Georges Sadoul…

Aujourd’hui, Yves Robert, qui joue dans le Viager, mais dont je n’ai vu aucun film, ce que je regrette. Cela dit, dans le Viager, on chante « un éléphant, ça trompe, ça trompe, un éléphant, ça trompe énormément. » En tout cas, voici la notice :

(Saumur 19 juin 1920) Venu du cabaret (« la Rose rouge ») et du théâtre, il est passé à la réalisation et a emporté un grand succès avec la Guerre des boutons (1962),suivi de Bébert et l’omnibus (1963) et des Copains (1964).

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