it's time that we began to laugh and cry and cry and laugh about it all again

Publié le par Tzvetan Liétard

Une nouvelle série de films de cinéclub, certains à l'université et d'autres à l'institut. Les deux premiers, on les a vus avec le chicon. Sacré double bill, quand on y pense.

Ce sont des films vus entre le 17 mai et le 25 mai.

 

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C’est l’été dernier que j’avais lu Amerika. C’éait un roman dont les scènes étaient particulièrement facile à se représenter. Tellement qu’une adpatation fidèle, quel qu’en soit le style, ne peut en altérer le souvenir. Cela fait qu’Amerika-Rapport de classe se distingue fortement du livre original mais a contribué à le faire ressurgir. Outre l’histoire, le film avait en commun avec le roman d’être aussi austère, drôle et révoltant. Je me souviens d’avoir pensé à Kaurismaki en regardant Angst essen seele auf. La même réflexion ici pour l’humour et la lenteur.


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Bêtement, j’en ai un peu honte, je retiens que Serpico était quelqu’un de très stylé. On retrouve ce qui me paraît un élément dramatique efficace chez Stanley Kramer, Yves Boisset, Costa Gavras et d’autres. Efficace, quoique galvaudé aujourd’hui : la démythification de la Justice. Je dis galvaudé car il me semble qu’aujourd’hui, un film avec un tel personnage d’incorruptible paraîtrait irréaliste. A force d'avoir passé tant de temps à expliquer que tout le monde était corrompu, le moins qu'on puisse dire est qu'on y est parvenu. On a certainement l'air plus aguerri quand on dit "tous pourris", "ça marchera jamais", etc. Ce type de fiction aurait dû armer les idéalistes, il en aura finalement désarmé plus d'un. C'est triste.


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La Rose et la Flèche est un très beau film. Il m’a semblé un poème médiéval (un lai) simplement porté à l’écran. On n’est pas dans l’adaptation d’un univers à la sauce hollywoodienne (de quelle époque que ce soit) mais dans un mouvement qui me paraît fidèle à une conception que l’on peut avoir de l’époque à travers sa littérature. Façon alambiquée de dire que le cinéma existait à l’époque, on aurait un film qui ressemblerait à celui-ci (plus qu'au Perceval de Rohmer ou au  Lancelot de Bresson). Et le plus étonnant, c’est que ce soit un scénario original. L'univers de Marian et Robin n’a rien à voir avec celui d'aujourd’hui. Ce sont des archétypes, mais cependant ils existent. Paradoxalement, on croit sentir l’influence des Monty Pythons sur la volonté de réalisme, la littéralité des situations (on les a félicité pour la vision construite dans Holy Graal). Il y a quelque chose de ridicule dans ces armures inconfortables, mais cette maladresse renforce la beauté du film. Je me souviendrai du shériff de Nottingham sous les traits de Robert Shaw (que je découvre décidément avec plaisir depuis the Sting). Ce n’est pas la performance de Richard Harris, en accord avec le film, qui m’a frappé, mais le traitement scénaristique de Richard Cœur de Lion qui est loin de ce que la culture populaire m’a conduit à imaginer. (Une des redondances de ce blog consiste à faire la part entre le jeu et le texte). Un film hantant.


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Puisque le cinéma est un art de la représentation, un art qui peut être pédagogique, donner à faire comprendre des choses, nous avons, en cinéclub à l’Institut, présenté Lumumba. Comme il ne s’agit pas d’un cours, je me permets de n’avoir pas vu le film. Comme le public n’est pas nécessairement aguerri, il est nécessaire de faire un travail de présentation, ce qu’on a fait en étduiant un peu l'histoire du Congo. Cela m’a d’ailleurs permis de synthétiser des infos glanées ici et là. J’avais vaguement entendu parler du Katanga après la présentation d’une chanson de Gainsbourg, et voilà que je peux me le représenter. Le film lui-même pourrait trouver place dans le corpus des histoires étudiées dans le cours « crime politique, élucidation romanesque » que j’avais suivi en LGC à l’université chez monsieur Bouju.  Si tu veux on en reparlera. C’est dans ce cadre que j’avais dû me pencher la première fois sur l’affaire Kennedy. L’affaire Lumumba n’en est pas moins passionnante. La colonisation belge n’était décidément pas plus exemplaire que la française.
Certains connaissaient déjà ce personnage car il y a à Belgrade une cité universitaire qui porte son nom.


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Les chiens de paille, ça, c’est vu. Ça faisait drôle de retrouver David Warner (découvert chez Resnais dans Providence) dans un tel rôle. Les paysages m’ont rappelé ma Bretagne où une terrible langueur me gagne. Mais qu’importe, ici on envoie des danses.


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On l’aura compris, je suis entré dans une période cinoche américain des années 70. C’est à cette occasion que j’ai décidé de regarder Woody et les robots, qui est l’un des deux Woody Allen que j’avais vu étant petit (l’autre étant Guerre et Amour, que je compte bien revoir également). C’est entre autre un formidable hommage au slapstick. Je crois même que Demoliton Man en est un remake qui ce serait « contenté » d’ajouter un superméchant.

Après the Sting sorti la même année, on constate un autre film nostalgique des années 20.


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Husbands est un beau poème. Comment peut-on prendre l’avion aussi facilement ?


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"Bac+2, les enfants"

 

 

J’avais oublié que lles Cordes de la potence faisaient partie des films détourné dans La Classe Américaine. Je crois que c’est la première fois que je vois George Kennedy jouer un méchant, presque un méchant de spaghetti. J’ai même pensé une fois à la Nuit du Chasseur. Il faudra que je revoie ce film.

 

Klassenverhältnisse, Danièle Huillet & Jean-Marie Straub, 1984 

Serpico, Sidney Lumet, 1973

Robin & Marian, Richad Lester, 1976

Lumumba, Raoul Peck, 2000

Straw Dogs, Sam Peckinpah, 1971

Sleeper, Woody Allen, 1973

Husbands, John Cassavetes, 1970

Cahill US Marshall, Andrew V. McLaglen, 1973

 

Les Notices de Georges Sadoul.

Aujourd’hui, Sam Peckinpah.

(US 1926) Son Coups de feu dans la Sierra en 1968 fut salué en France et en Grande-Bretagne, sinon aux USA où il était passé inaperçu, comme le coup d’éclat qui renouvelait le estern : une attention extrême aux détails « archéologique » - costumes, décors, qui dans un tout autre contexte, passionnaient déjà Sergio Leone – et plus profondément encore à « l’histoire des mentalités » donnait à cette très classique poursuite une dimension exceptionnelle. Et l’on apprenait bientôt que ce « fils de l’Ouest », né au pied du mont Peckinpah, descendant de pionniers, métissé d’Indiens, réalisait ainsi son rêve, après ses débuts à la TV et un premier film inédit en France : faire revivre le « vrai » Wild West. C’est à cela qu’il allait se consacrer, élaborant sur le mode épique ( Major Dundee), tragique (la Horde sauvage), élégiaque ( Un nommé Cable Hogue , sa plus grande réussite sans doute, teintée de mélancolie), une « contre-mythologie de l’Ouest des ratés » (« Tous les joueurs sont des perdeurs au fond, dit-il – in « Écran 72 » n°141 – et la personnalité de ces perdeurs, de ces vaincus, de ces gens qui vivent en se détruisant me fascine. ») Avec un danger au terme de cette démarche : que la contre-mythologie sécrète un nouveau mythe, servant à masquer l’histoire qui se fait : ce qui se passe à partir de son avant-dernier film sur un couple de « hos-la-loi » contemporains : Guet-Apens.[une liste]


Toutes les illustrations sont de Šejma.

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