j´ai changé, sachez-le, mais je suis comme avant, comme me font, me laissent, et me défont les temps

Publié le par Tzvetan Liétard

Dix ans après la petite série de films vus l’an dernier, Cherry, Harry & Raquel continue d’utiliser une grammaire à base de vignette. Russ Meyer parvient à rendre cette technique dynamique.

C’est en regardant Rien ne va plus que j’ai le plus identifié Claude Chabrol, que par ailleurs je connais fort mal, à un Hitchcock de la période anglaise pour les motifs et américaine pour la maîtrise. Qu’est-ce que je me suis amusé ! Qu’est-ce que tout le monde à l’air de s’être amusé !

Il y a du monde de cinéma dans l’émission-hommage à l’Arroseur arrosé. Outre Pierre Tchernia et René Goscinny on notera la présence de Marie Dubois et de Micheline Dax (voix de Cléopâtre), celle de Georges Van Parys. Mais c’est surtout un formidable hommage au cinéma et au patrimoine français et mondial revu par les Dingodossiers. Épatant ! Ce que je me suis amusé ! Beaucoup de parodie et de sketches à la Dingodossier. Je continue de louvoyer : il faudra bien qu’un jour je regarde un spectacle de Roger Pierre et Jean-Marc Thibault.

 

 

 

L’Homme qui en savait trop et le plus beau de tous ces bijoux. À cette [bonne] liste de raisons de voir ce film, j’ajouterais la parcimonie de la musique et je préciserai les deux interprétations signifiantes de Que sera sera.

Luc Moullet aussi s’amuse avec les deux jeunes étudiantes que sont Brigitte et Brigitte. La même bonne humeur un peu absurde. Quelques gags et caméos sympathiques.

 

 

 

En regardant enfin L’Année dernière à Marienbad, j’ai eu un aperçu de ce que David Lynch ou le Stanley Kubrik de Shining pouvait devoir à Alain Resnais. Un plaisir onirique similaire pour le spectateur grâce à une maîtrise de la construction et des enchaînements. Contrairement à la légende, ce n’était pas ennuyeux : il faut dire que je ne l’avais pas abordé par hasard. La vision de certains documentaires du réalisateur alors âgé de 38 ans m’a habitué à un style et à la contemplation de statues (Les Statues meurent aussi) et de couloirs (Toute la mémoire du monde, revu récemment). Non, avec ce film, je n’étais pas en terre inconnue.

Plus déconcertant était La naissance de l’amour. J’ai retrouvé des traces de cinéma français et allemand. Le vendre en mettant en avant Jean-Pierre Léaud relève un peu de l’escroquerie malgré sa performance marquante puisque c’était au personnage de Lou Castel qu’on s’attachait particulièrement. Je l’ai abordé familier depuis la veille de la musique composée et interprétée par John Cale. Âpre, radical, caricaturable, j’ai pris ce film au sérieux, au premier degré. Malgré une certaine difficulté à m’y investir totalement, il va sans doute me hanter un certain temps.

 

 

 

Cherry, Harry & Raquel, Russ Meyer, 1970

Rien ne va plus, Claude Chabrol, 1997

L’Arroseur arrosé, Pierre Tchernia, 1965

The Man who knew too much, Alfred Hitchcock, 1956

Brigitte et Brigitte, Luc Moullet, 1966

L’Année dernière à Marienbad, Alain Resnais, 1961

La naissance de l’amour, Philippe Garrel, 1993

 

Les notices de Georges Sadoul

 

Cette semaine, Luc Moullet

(1937) Le franc-tireur du cinéma français, une œuvre en marge, toute d’humour et de nonchalante rigueur : des courts métrages : [une liste].

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