j'ai envie de m'évader, de passer les frontières et de m'extrader

Publié le par Tzvetan Liétard

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Nous sommes en 1830 et quelque. Au-delà du Missouri n’est peut-être pas le meilleur western que j’ai jamais vu, mais il est peut-être l'un de mes préférés. Il m'a touché pour des tas de raisons, de détails que j’ai rarement vu ailleurs. Clark Gable joue un trappeur qui traverse le Missouri. Dans le genre, je pense à The Drums Along the Mohawk et la première séquence de How the West Was Won (avec James Stewart et Karl Malden). Le traitement des rapports entre européens et indiens laisse ici entrevoir une certaine complexité même s’il y a des indiens très méchants.
L’autre chose est la place laissée aux langues. C’est l’un des sujets du film, Flint Mitchell, trappeur anglophone se marié avec Kamiah, une indienne, malgré leurs efforts pour apprendre la langue de l’autre, ils ont besoin de Pierre, polyglotte, pour leur servir parfois d’interprète. Cette situation n’est d’ailleurs pas sans rappeler le trio formé par Gabin, Parlo et Dallio dans la Grande Illusion.
Pierre, c’est Alfred Menjou que je connaît surtout pour son rôle dans Paths of Glory (encore un film de guerre avec une scène d'amour qui dépasse les incompréhensions linguistiques). Et j’ai vu dans ce western la plus longue scène francophone que je n’ai jamais vue dans un western. On entend même Clark Gable entonner Alouette dans un fort.
 côté de cela, il y a des scènes épatantes, notamment un final d’action haletant.
Je penserai à ce film chaque fois que j'entendrai "Skip to my lou".


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Nous sommes en 1860. Le début d’Arizona m’a paru plein d’un naturalisme soviétique. En 1940, William Holden (22 ans) avait déjà un charisme fou et le couple qui forme avec Jean Arthur (40 ans) fonctionne. L’âge ne se voit pas certainement parce que le personnage que joue Jean Arthur est à des lieues des clichés des jeunes femmes de l’ouest tout en étant crédible (ce n’est pas Bandidas – que je n’ai pas vu). Il y a aussi Edgar Buchanan qui semble avoir toujours le même jeu.


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Nous sommes en 1850 et quelques (c’est la ruée vers l’or). En poussant à l’ouest, on arrive en California avec Ray Milland et Barbara Stanwyck. Le film est en couleur, Anthony Quinn est un jeune acteur prometteur. Je crois que ses performances même sporadiques justifient la vision de ses premiers films. Cette période paraît longue avant qu’on lui confie des rôles plus importants.

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Nous sommes en 1880. Missouri Breaks est une belle surprise. J’ai été nourri de préjugés vis-à-vis d’Arthur Penn. Il y a un nouveau jeu qui consiste à trouver cinq raison de (re)voir un film. Ici on en trouverait facilement cinq en cherchant du côté du casting (Harry Dean Stanton), de la musique (John Williams), du fait que ce film se situe au firmament de la carrière de Brando et Nicholson (qui sortent respectivement d’un travail avec Coppola et Bertolucci pour l’un, avec Polanski et Forman pour l’autre), d’une scène à la fois économe, intense et inattendu en gros plan, et de quelques gags.

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Across the wide Missouri, William A. Wellman, 1951

Arizona, Wesley Ruggles, 1940

California, John Farrow, 1947

The Missouri Breaks, Arthur Penn, 1976

 

Les notices de Georges Sadoul…

 

Cette fois-ci Arthur Penn :

(US 1922) Après un beau départ (le Gaucher) sur un western « oedipien » qui donnait « Billy the Kid » pour ce qu’il avait dû être : un adolescent à problèmes, une carrière partagée, semble-t-il, entre le souci de faire œuvre personnelle, l’intransigeance et une certaine usure devant les pressions du « système » (qui culminèrent avec l’abandon auquel il dut se résoudre du film le Train).

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