j’en connais d’autres à sa place qui s’contenteraient d’être contente sans rien dire d’autre que de la fermer

Publié le par Forlani

Hormis l’obsolescence du système de classement par fiches qui fait sourire les utilisateurs de systèmes de bases de donnée, la Bibliothèque Nationale impressionne, et Toute la mémoire du monde… émouvra qui a déjà poussé un chariot de livre à remettre en place. Je le rangerai avec Detective Story dans la catégorie des film où on voit une page de Dick Tracy.

Les Fantastiques années 20 ressemble à la plupart des films de gangster avec James Cagney de la période avec des images d’archive en plus (avec Hitler, Mussolini et Roosevelt). Le film annonce la seconde guerre mondiale pas difficile à flairer semble-t-il. Mais c’est d’abord un film qui soutient Roosevelt et de sa politique contre la prohibition accusée de la montée de la criminalité. Cagney offre ici sa meilleure performance dans le genre (criminel sympathique, parti de rien, arrivé au sommet et déchu), mais il est plus inquiétant dans White Heat.

Je crois que Farrebique annonce les films paysans de Depardon. Je n’en ai encore vu aucun, mais j’y compte bien. Le lien renvoie à un article de Georges Sadoul que je me suis permis de reproduire, n’étant nulle part sur le net.

Nous, les gossesfonctionne mieux que Le Petit Nicolas. Des gamins se débrouillent pour réunir l’argent nécessaire au remboursement d’une verrière brisée par l’un d’eux : personne ne songe à voler, et ce n’est pas l’une des moindres invraisemblances. On s’y laisse mieux prendre que la dernière victime de Remo Forlani. De la semaine, c’est le film qu’on lit le mieux dans le cadre de l’occupation, avec les enfants de bandes rivales qui savent s’unir quand la situation est difficile.  Et quand l’un des chefs de bande regrette une erreur et veut abdiquer mais que les autres enfants soutiennent d’un « tout le monde peut se tromper », on pense immanquablement à la relation du peuple français d’alors avec le Maréchal Philippe Pétain. Je crois que ce film m’aurait fait un bien fou si j’avais 30 ans à Paris pendant l’occupation.

Les caves du Majestic a tout d’une histoire de Maigret, sauf Maigret. Les seconds rôles, les situations, les coups de théâtres, sont comme dans les romans de Simenon, mais Albert Préjean, sans doute à cause du scénario, des dialogues, est trop malin, sarcastique, nerveux, violent et sûr de lui pour faire un bon Maigret. C’est le film dont Charles Spaak écrivit le scénario pour la Continentale alors qu’il était emprisonné, d’après Laissez-passer.

Goupi mains rouges remet La Horse à sa place. On y retrouve des motifs (omerta familiale, cousin inadapté revenu des colonies ici, de la guerre d’Indochine là, rejeton citadin rentrant dans le rang) qui font du western campagnard un genre plus ancien que je ne le pensais. Avec des acteurs qui n’ont pas atteint le statut de légende malgré des gueules et un certain talent : Fernand Ledoux (et une moustache à la vas-y mets ta moustache) et surtout Robert Le Vigan (que je n’avais reconnu ni de La Bandera, ni de Quai des brumes et qui avait ici quelque chose de Sean Penn et Paco de Canal B). Je viens de me renseigner sur le destin de cet acteur.

Sur une musique jouée entre autre par Richard Galliano, un film qui fait mal aux yeux, un plaisir coupable, avec Jean-Luc Bideau qui joue à la Jean Rougerie, Le Bonheur a encore frappé et des dialogues qui brûlent les yeux de larmes. J’ai un peu peur et une sorte de traumatisme. Un plaisir interdit, qui, curieusement, a encore l’air de choquer. Vive Choron, Lindingre et les autres…

 

        Toute la mémoire du monde, Alain Resnais, 1956

The Roaring Twenties, Raoul Walsh, 1939

Farrebique, ou les quatre saisons, Georges Rouquier, 1946

Nous, les gosses, Louis Daquin, 1941

Les caves du Majestic, Richard Pottier, 1945

Goupi mains rouges, Jacques Becker, 1943

Le Bonheur a encore frappé, Jean-Luc Trotignon, 1986

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