Jesse James - Morris & Goscinny (1969)

Publié le par Tzvetan Liétard

Si ce n'est le premier*, voilà probablement l'un des albums que j'ai le plus lus dans la série. Album idéal pour une entrée dans l'univers étant donné la longue séquence d'introduction qui présente Lucky Luke et la suivante qui traite du clan James.

jesse-james-luke-1.jpg

(Image piquée ici)

Bien que caricaturale et absolument fictive (ou peut-être grâce à cela), cette histoire semble l'une des interprétations les plus lucides de ce mythe (ce hors-la-loi pris pour un Robin Hood se prenait en fait lui-même pour un Robin des Bois).

C'est aussi l'une des premières fois que j'ai vu une communauté (la population de Nothing Gulch) traitée comme un personnage capable d'évoluer, de se laisser séduire, devenir fou, puis de réagir, comme dans un film de Fritz Lang (je pense à Fury, vu il y a deux ans exactement). La ville elle-même, une cité perdue au milieu de nulle part (le Texas), rend l'expérience intrigante.

Le personnage de Clem, clochard très sympathique du moins tant qu'il est pauvre, est tout aussi marquant, puisqu'une fois devenu riche (en effet, par lâcheté, chaque membre de la société donne un quelque chose à Clem pour que le pauvre devienne riche espérant ainsi détruire la raison d'être hoodesque des vols des James - prendre aux riches pour donner aux pauvres) il se révèle lui-même aussi veule, sinon plus, que ces concitoyens quand il s'agit de protéger son propre bien avant la communauté. On a peut-être raison de comparer Goscinny à Marcel Aymé.

 

* Le premier, c'était En remontant le Mississippi, dont il m'a longtemps manqué la fin. Même si je m'en doutais, je n'ai jamais vraiment assister à la victoire de l'ami de Lucky Luke. L'autre c'était le Cavalier Blanc, que m'a rappelé Le retour de Frank James (voir le prochain écran noir de nos nuit blanche) dans lequel les frères Ford (authentique paraît-il) en ont été réduits à raconter sur scène leurs méfaits. Les réactions du public dans le film de Fritz Lang n'étaient pas sans rappeler celle de l'album.

Publié dans C'est pour lire

Commenter cet article