Là-bas, all the world is green

Publié le par florian

Comme j’ai fini de regarder tous les films, je peux commencer à les revoir.

 

Déjà vu la Jetée, mais pour la première fois sur grand écran. Émotion. Une fois, j’avais entendu ce film à la radio, sur Canal B, qui rediffusait un programme d’une autre radio de la Férarock. C’était en 2007. C’était une bonne idée.

Déjà vu Bernie. J’en avais déjà aimé l’expression du désarroi extrême de ce grand adolescent. Le film et la belle chanson de Noir Désir à la fin m’évoquait les baskets dans un coin de chambre, les devoirs de techno ou de français qu’on a la flemme de faire, les chemises en carton et les classeurs décorés au feutre et au blanco©, la honte, les entraînements de foot du mercredi après-midi, les mouches qu’on regarde voler, les premières cuites à la bière, les remontées puériles quand on voudrait séduire, les connards qui font un peu trop les malins, ce gros truc qui se passe, qu’on comprend à peu près pas et qui s’appelle la vie. Il y a de ça, un peu, dans ce film. Il me rappelle la médiocrité qu’ado, on s’imaginait faire n’importe quoi pour fuir. Quoi ? Pas toi ? Moi non plus. Ado, je voulais pas grandir. Maintenant, je m’assagis, je veux juste ne pas vieillir. La cinéphilie du réalisateur sourd, mais n’en dissimule pas les premières impressions. Un putain de film.

Déjà vu Zelig. J’avais confusément compris que c’était bien, mais je crois que je manquais de culture. Plusieurs noms, plusieurs visages me sont depuis devenus familiers. Un peu comme pour Bernie, l’histoire de Zelig touche de toute façon.

 

En fait, j’ai menti. Je n’ai pas regardé tous les films. Il m’en reste encore quelques-uns, comme :

 

Le Scaphandre et le Papillon est un joli film, oui. Il y a une des chansons que je préfère. Je vais sans doute la retrouver quelque part.

J’avais lu Clair de Femme. C’est un livre important, parce que s’y trouve le premier mot serbe que je n’ai jamais appris, il y a bien dix ans. Smrt, ça veut dire mort en Serbe. Le premier mot serbe que j’ai rencontré était bioskop, dans la Femme piège, d’Enki Bilal, qui s’appelle Jill Bioskop. Chouette nom. En serbe, bioskop, ça veut dire cinéma, salle de cinéma. Mais je ne le savais pas à l’époque. Donc smrt est le premier mot serbe que j’aie consciemment appris. Le film ressemble aux coproductions européennes de cette période, que j’ai vues notamment cette semaine-là. Il y a un côté cynique et décadent que le numéro de Galba avec singe et caniche rose illustre parfaitement. On y retrouve tout du livre et peu des thèmes habituels de Costa-Gavras. Et puis de jeunes Roberto Benigni et Jean Reno.

28 jours plus tard m’aurait préparé à The Road. Manque de pot, j’ai vu celui-ci avant celui-là. Dans celui-là, les personnages sont dans l’action, ils ont des problèmes à résoudre vite, un peu comme dans une pièce de théâtre, alors que dans celui-ci qui se passe bien plus que quelques jours plus tard, on ressent bien "mieux" une angoisse métaphysique liée à la précarité et à la nature humaine. Mais c’était quand même bien. Cillian Murphy ressemble plus à Guy Pearce que Danny Boyle à John Hillcoat. Ici aussi, on maltraite les singes.

28 semaines plus tard, ce n’est pas encore assez pour que l’onde de choc soit passée et que les salauds s’organisent. Des trucs scénaristiques à la Shakespeare.

 

La Jetée, Chris Marker, 1962

Bernie, Albert Dupontel, 1996

Zelig, Woody Allen, 1983

Le Scaphandre et le Papillon, Julian Schnabel, 2007

Clair de femme, Costa-Gavras, 1979

28 days later, Danny Boyle, 2002

28 weeks later, Juan Carlos Fresnadillos, 2007

 

Joyeuses fêtes !!! (ou ce qu'il en reste)

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