"Serviette-éponge" parfait !
Je ne suis pas certain des comptes, mais il semble qu’aujourd’hui c’est le centième têtard composé de commentaires lénifiants sur des films que je mate. Avec un peu de retard, donc, les films de la semaine dernière.
La vie de Rachida dans le film Lettres d’Algérie semble tellement allégorique. Chacun de ses enfants constitue un type de la société algérienne. Il y a les frères ennemis, Samir le policier et Mohammed, l’islamiste. Il y a la jeune femme qui s’émancipe malgré les difficultés locales et patriacales. Il y a les autres.
La traversée clandestine est peut-être l’un des documentaires récompensés par le prix Albert Londres pour lequel les journalistes ont pris le plus de risques. Et ce n’est pas pour avoir enquêté dans des milieux mafieux. Le risque se situe dans les conditions de voyages de ces émigrants que les journalistes ont partagé.
Ces 5 jours à Sarajevo alternent vie quotidienne et géopolitique (avec les interventions de Boutros Boutros Ghali et de Srđan Dizdarević). J’avais un a priori assez négatif sur les médias occidentaux concernant ce sujet, basé sur quelques polémiques et Veillées d’armes, un documentaire de Marcel Ophüls. On a ici un journaliste qui dans ces cinq fois deux minutes de reportage parvient à faire passer un certain nombre d’informations sur la situation d’alors ainsi que quelque chose sur la vie quotidienne. Ce ne doit pas être la même chose de les regarder de façon choisie et de les regarder quotidiennement dans le bruit du 13 heures.
Hantise fait partie de ces films qui donne envie d’entrer dedans pour ouvrir le yeux de la victime d’une manipulation. Heureusement que Joseph Cotten est là (il peut aussi bien être très effrayant – shadow of a doubt – que très sympathique – ici ou the magnificient Ambersons). Toujours dans le bouquin de Stanley Cavell, qu’il sera bien temps de commencer. Je mettrai un jour ici l’extrait qui se trouve dans mon bouquin de philo de terminal (où se trouve aussi cité Bergson). Avec Angela Lansbury dans son premier rôle !
J’aurai peut-être été très impressionné par le charme discret de la bourgeoisie si je n’avais pas vu avant les Monty Pythons (surtout the meaning of life pourtant fait dix ans plus tard). Bulle Ogier a été vu souvent dans cette période. Elle ressemble en plus bizarre à son personnage de Die dritte generation.
Les deux reportages qui constituent La Corse parlent d’une guerre entre les différentes factions nationalistes et indépendantistes. Ces factions rappellent les Figatellix et les autres dans Astérix en Corse. On rencontre avec intérêt certains membres fondateur du FLNC et on s’étonne des mises en scène à cagoule qui ont fini par constituer un folklore local dont les "local folks" se passeraient apparemment bien si on en croit les reportages. L’image de ces enterrements célébrés en cagoule et avec des salves en plein jour est assez étonnante. On en non-dit plus sur les responsabilités de l’État et les difficultés pour les juges et policiers à faire respecter la loi que sur les revendications indépendantistes corse. Si l’on en croit les membres fondateurs retirés du combat, c’est que ces revendications ne cacheraient qu’un réseau de crime organisé. Le reportage ne cesse de dire que les Corses ne comprennent plus rien et ces conflits internes, il ne cherche pas non plus à les expliquer.
Les prophéties de Hias dans Cœur de verre sont assez effrayantes. Heureusement, elles ne se sont pas réalisées, n’est-ce pas ? Cette évocation des souffleurs de verre fut l’une des deux fois où j’ai pensé à l’ami île-grandais cette semaine. L‘autre étant due à cette vidéo argentine.
Rachida, Lettres d’Algérie, Florence Dauchez, 1994
La traversée clandestine, Grégoire Deniau & Guillaume Martin, 2005
5 jours à Sarajevo, Jean-Jacques Le Garrec, 1993
Gaslight, George Cukor, 1944
Le charme discret de la bourgeoisie, Luis Buñuel, 1972
La Corse, Claude Sampère, 1997
Herz aus Glas, Werner Herzog, 1976
Commentaires