Le ministre a dit que les français sont hantés par Racine et par Cicéron

Publié le par Tzvetan Liétard

Une nouvelle série de films de cinéclub, certains à l'université et d'autres à l'institut. Le deuxième et le troisième et l'avant-dernier, on les a vus avec le chicon.

Ce sont des films vus entre le 9 mai et le 16 mai.

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D’Airport, je retiens essentiellement l’usage du splitscreen assez virtuose (ou lourdingue, c’est selon) qui suffit à rendre stressant n’importe quoi et des scènes aussi hilarantes que dans Airplane! (je pense aux baffes qui m’ont fait exploser de rire dans le silence de ma cellule monacale). En me repenchant sur le casting, je me rappelle surtout de Van Heflin que je n’avais jamais vu à cet âge-là.

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Si L’imitiation du cinéma n’est pas du cinéma, c’est vachement bien imité. Un moment.

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La dernière séance est un titre (enfin dans sa version originale) que j’associe définitivement à du vent en noir et blanc. C’est là que j’ai appris le visage d’Eileen Brennan. Très beau.

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À propos du cinéclub dela fac, je me suis aperçu que beaucoup d’acteurs apparus dans les films programmés précédemment figuraient également dans Camille redouble que j’ai donc décidé de programmer en clôture, pour le plaisir de retrouver des acteurs familiers. C’est que les étudiants ne connaissent quasiment aucun acteur français (et c’est bien normal). Restait d’ici-là à faire éventuellement découvrir d’autres acteurs et univers. Des films avec Mathieu Amalric disponibles à la médiathèque, Poulet aux prunes était celui quii s'intégrait mieux dans la série.

O en a parlé dans les Caves.


Tu as vu l’Accordeur ? C’est un court-métrage musicalo-policier. Ça te plairait peut-être même si Grégoire Leprince-Ringuet n’articule pas très bien. On la choisi pour annoncer un autre polar. C’est une belle idée pour ce format. Bien écrit, bien structuré, on passe un peu par tous les modes en quelques minutes.

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Quand on lit un polar, un pulp, un série noire, on ne sait jamais à l’avance (sauf à connaître l’auteur) quelle en sera la qualité. Un téléfilm du service public rend plus pessimiste étant donné le rapport producteur/auteur. Même si on a été surpris de reconnaître dans un épisode de Boulevard du Palais vu par hasard (avec Jean-François Balmer et Michel Robin) l’intrigue de Moloch de Thierry Jonquet (5 ans déjà), je te parle de ça, ça fait bien quinze ans… Tout ça pour dire que Poupoupidou fait l’effet d’un bon polar bien écrit (la base de la réussite de ce film), bien mis en scène, bien joué. C’est marrant de présenter ce film à un public d’apprenants de français parce qu’évidemment quand on donne le titre en français, on ne comprend pas, mais dès qu’on imite Marilyn Monroe, on comprend.
Le film brasse des motifs familiers. Sans être familier du genre, on reconnaît pas mal de références dont les auteurs paraissent bien se sortir (Twin Peaks, l'affaire Kennedy, Dennis Lehanne...).
J’ajouterai aussi ce film dans la liste de ceux qui contribuent à jouer sur les représentations : dans un film dont le sujet est le glamour provincial et dont l’héroïne est un modèle qui s’identifie à Marilyn Monroe, il est assez plaisant de voir des pompiers nus, beaux et décomplexés posant également pour un calendrier. Et si certains personnages sont des ordures, il n’y a pas le moindre relent d’homophobie. Que ce soit un militantisme insidieux ou que ce soit fortuit, si le cinéma art de la représentation, peut contribuer à modifier les perceptions, c’est tant mieux.
Jean-Paul Rouve et Guillaume Gouix, Sophie Quinton, Olivier Rabourdin, Ken Samuels, sont tous bien employé, spécialement Sophie Quinton qui parvient à rendre plausible un rôle improbable, alors que le personnage de Ken Samuels, caricatural en diable, situe le film aux limites de la parodie.

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Dans L’Arnaque on retrouve Eileen Brennan. J’aime bien les acteurs qui traversent les univers. Si j’ai bien compris la leçon, George Roy Hill est l’opposé du Nouvel Hollywood et pourtant il réunit dans ce film classique et bien mis en scène un casting qui y a touché. Il m’a rappelé ce qui semble en être finalement une parodie sorti la même année (Anche gli angeli mangiano fagioli) avec Bud Spencer et Giuliano Gemma. On est un peu triste pour Robert Vaughn. Avec également Steven et Dave dans un film qui n’a pas du tout été utilisé pour le Grand Détournement.

 

Airport, George Seaton (& Henry Hathaway), 1970

L’imitiation du cinéma, Marcel Mariën, 1959

The last picture show, Peter Bogdanovitch, 1971

Poulet aux prunes, Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud, 2011

L’accordeur, Olivier Treiner, 2010

Poupoupidou, Gérald Hustache-Mathieu, 2011

The Sting, George Roy Hill, 1973

 

Pas de notice cette fois-ci.


Toutes les illustrations sont de Šejma.

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