Le temps déforme les ondes lentement pour ne laisser qu'un bourdon de mots inutiles

Publié le par Tzvetan Liétard

36, Quai des Orfèvres a des qualités pour faire un bon film, j’ai ma petite idée sur ce qui cloche.

Judas & Jesus est un autre putain de film. Il me rappelle cet autre film et tes commentaires sur ces deux-ci s’appliquent encore mieux sur ces deux-là. J’aurais bien voulu assister à court métrange.

Les combattants de l’insolence appartiennent à une autre époque, une autre géopolitique. La place du "prisonnier" russe dans le camp du commandant Massoud est étonnante et dit quelque chose sur le combat de ces Afghans.

La troisième génération est plein d’acteurs qui finissent par devenir familiers. Il y a beaucoup de bruit de fond de télévision. Le temps (celui de La Rote Armee Fraktion) y est clairement dénoté. Je lis le Précis de décomposition, il y a des échos.

40 millions d’homme en trop en Inde ou en Chine est l’une des nombreuses conséquences de la croyance en La malédiction de naître fille. 70 femmes pour 100 hommes ici, 100 femmes pour 136 hommes là, des infanticides que la technologie a transformé dans certains cas en féticide ("fœtus" de 5, 6 ou 7 … mois). Des femmes qui font des enfants et qui avortent jusqu’à ce qu’un petit mâle arrive.

On trouve aussi des échos de Cioran dans la tentative des étudiants dans Le Pornographe. Aporie est un mot qui vient souvent à l’esprit devant la représentation de cette époque qui confine à la solitude. Il donne aussi envie de voir les films pornographiques du temps de Jacques Laurent (Jean-Pierre Léaud) d’avant le formatage, d’y chercher une certaine grâce au milieu de laideur possible, comme aurait dit le personnage. En lisant cet article, on peut se demander pourquoi la pornographie devient masculin abrégé. On y entend la chanson citée ici en titre.

Jacques Dufilho a quand même une sacrée belle gueule. L’autre Nosferatu étant encore frais, la vision de ce Nosferatu, fantôme de la nuit, d’après le titre de la version tournée en allemand, était encore plus troublante.

 

 

36, Quai des Orfèvres, Olivier Marchal, 2004

Judas & Jesus, Olaf Encke & Claudia Romero, 2009

Les combattants de l’insolence, Christophe de Ponfilly, 1985

Die Dritte Generation, Rainer Werner Fassbinder, 1979

La Malédiction de naître fille, Manon Loizeau & Alexis Marant, 2006

Le Pornographe, Bertrand Bonello, 2001

Nosferatu the Vampyre, Werner Herzog, 1979

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Tétard Lénifiant 08/11/2011 16:55



Je n'ai vu que des bribes du Nosferatu d'Herzog mais ça donnait sacrément envie...



Tzvetan Liétard 08/11/2011 18:49



Moi je voulais le voir au moins depuis le pif gadget spécial horreur. Ils avaient détourné quelques photos de films d’horreur assez gores et une de Nosferatu se préparant à sucer
le sang de Jonathan Bruno Ganz Harker. Satisfais donc cette envie, cher ami, je ne pense que ce film puisse te décevoir.