le temps sera beau l'été tombera un dimanche, s'il pleut c'est pas grave tant que les bistrots sont étanches

Publié le par Tzvetan Liétard

 

Cette semaine je m’adjoins les services de  Šejma pour la bonne raison que, pour une fois, nous visionnâmes tous ces films ensemble.

charly-warrick.jpgTuez Charley Warrick est un film idéal (Don Siegel, Lalo Schiffrin, surprises). À mon grand dam, ce n’est que la troisième fois que je vois Walter Mathau après Pirates qu’on nous montra quand on était petit à l’école) et Fail Safe en 2009. Le motif du protagoniste vivant dans un mobile home parmi d’autres mobile home m’a rappelé Kill Bill: Vol.2 (2004) et Killer Joe (2012) (j’ai vu très peu de film avec ce motif) auquel la moralité de certains personnages m’a fait penser. Il contient aussi une grosse référence à un film de Hitchcock.

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Chaque fois que je pense à Pipi Caca Dodo, je comprends pourquoi j’aime Marco Ferreri. C’est aussi, me semble-t-il, le meilleur rôle de Roberto Benigni. Je ne lui en connais pas de meilleur le mettant en scène avec un enfant affrontant un monde devenant hostile. Le titre français est probablement censé faire écho au « métro boulot dodo » qui illustre la routine dans laquelle est enfermé l’homme de l’ère industrielle. Soit. Mais le titre italien (« je cherche asile ») me plaît mieux car il joue sur l’ambiguïté d’un terme pouvant signifier abri et prison. Jeune instituteur dans une maternelle de la banlieue de Bologne, Roberto mène des expériences réjouissantes pour un spectateur formé (ou formaté) car elles sont impensables aujourd’hui (et probablement déjà à l’époque). On sent que Marco Ferreri (dans sa façon de capter plutôt que de mettre en scène les enfants tels qu’ils sont) et son personnage ne souhaitent pas faire de ces mômes les futurs adultes qu’ils seront fatalement (à moins de se réfugier dans l’autisme). Il est peut-être intéressant de le mettre en regard avec Être & Avoir (Nicolas Philibert, 2002) mais cette représentation m’a aussi rappelé celle que fait Romain Goupil de ses enfants dans une pure coïncidence (2002).

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De Harold Ramis, je pense n’avoir vu que the Groundhog’s day (1993) et Bedazzled (2000). Avec Chevy Chase, je crois n’avoir vu que Spies Like Us (John Landis, 1985) et Memoirs of an invisible man (John Carpenter, 1992). Je les avais vus, parfois revus, il y a entre dix et vingt ans. Tout ça pour dire que j’abordais Bonjour les vacances plutôt comme un document sur le Saturday Night Live de cette période et  sur un humour qui m’a paru assez étranger. Certains gags macabres m’ont choqués (et c’est tant mieux). Des deux films de Ramis, on a retrouvé une structure en séquences relativement indépendantes les unes des autres. Cette structure était d’ailleurs plus crédible dans les deux autres films dans lesquels les protagonistes évoluaient. Ici, cela procure une sensation assez bizarre, comme regarder un homme se taper la tête contre un mur puisqu’on attend d’un road movie une sorte d’apprentissage. Curieux.

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Par contre, Un meurtre sans importance était franchement plus drôle. Cette adaptation d’une pièce de théâtre de Damon Runian et Howard Lindsay est surtout servie par Robinson en chef de gang rangé des voitures bien sûr mais aussi Jane Bryan (découverte à cette occasion, qui s’entendant parler se reprend à tout bout de champs, car ce n’est pas évident de changer de statut social) et Allen Jenkins (l’un des hommes de mains tellement déformé professionnellement qu’il ne parvient pas vraiment à devenir chauffeur, car ce n’est pas évident de changer de statut social).

Il y avait aussi John Litel dont je retiendrai moins sûrement le nom mais qui apparaît dans La déclaration de l’indépendance, un court-métrage d’action didactique sur les circonstances de cet évènement historique (c’est toujours Benjamin Franklin qu’on identifie le mieux).

Le programme de cette soirée jointe au DVD contenait aussi une actualité sur un enlèvement d’enfant et Le veilleur de nuit, le premier dessin animé créditant Chuck Jones en tant que réalisateur. Difficile pour moi de le situer. Disons que l’animation était bonne et la folie présente dans ce conte qui m’a posé quelques problèmes moraux auxquels, gamin, je ne me serai pas arrêté. J’essaie de désapprendre à trop sous-lire. En l’occurrence, c’est inutile

En tout cas, ça m’a donné envie d’en voir d’autres. J’ai commencé avec Farce au canard, bien plus efficace. D’ailleurs le voici :

 

 

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Comme un autre film de cet été, Fantastique Maître Renard raconte aussi une histoire de résistance d’inadaptés à la civilisation industrielle. Il y a tous les ingrédients d’un film de Wes Anderson. La voix de George Clooney est l’un des éléments que je remarque le mieux chez lui. Elle allait tellement bien au renard que je n’ai pas fait le rapprochement.

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Spéciale Première n’a pas le rythme de  His Girl Friday qui adapte la même pièce. On le sent à la scène dans laquelle Mollie Malloy met leur nez dedans aux journalistes réunit dans leur quartier général (newsroom). Cette version-ci est beaucoup moins nette et plus roublarde.

 

 

Kill Charley Warrick, Don Siegel, 1973

Chiedo Asilo, Marco Ferreri, 1979

National Lampoon’s Vacations, Harold Ramis, 1983

A slight case of murder, Lloyd Bacon, 1938

The declaration of independance, Wilbur Crane, 1938

The Night Watchman, Chuck Jones, 1938

Duck Amuck, Chuck Jones, 1953

Fantastic Mister Fox, Wes Anderson, 2009

The Front Page, Billy Wilder, 1974

 

 

À la cité de la musique se tint une exposition que nous choisîmes de voir un peu par hasard (au bout d’une balade qui nous conduisit de Saint-Ouen à la Villette) la veille de sa clôture. Intitulé Musique & cinéma, le mariage du siècle ?  Un passage sur les évolutions techniques, beaucoup de couples réalisateur/compositeur, dans la boutique la collection de disques dirigée par Stéphane Lerouge. Difficile de préparer une exposition sur la musique quand on n’a pas le temps et la disponibilité. (Un concert est bien sûr plus efficace.) Ici, on pouvait retrouver ce qu’on connaissait déjà mais on a eu du mal à apprendre ce que l’on ne connaissait pas. Le meilleur moment fut la projection d’extraits compilés d’une quarantaine de films qui a rappelé de bon moments et donné de nouvelle pistes d’exploration.

 

Et puisqu’on parle d’exposition même si le lien avec le cinéma n’est pas évident (quoique), L'effet coccinelle, l’exposition sur Gotlib à Saint-Malo jusqu’au 27 octobre, permet de faire découvrir l’auteur sur la base de planches marquantes. C'est Gégé (compère d'Yvon Etienne et auteur, entre autre, de Monsieur Tendre) qui le présente ici.

 

Les notices de Georges Sadoul…

 

Cette semaine, Lloyd Bacon :

(San-José 16 janvier 1889 – Burbank 15 novembre 1955) Un des plus abondant réalisateurs d’Hollywood, formé par Mack Sennett ; il fut fameux pour 42ème Rue, qui valait surtout pour la chorégraphie de Busby Berkeley.

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