Les ceusses qui s´enquiquinent le soir après l´dîner se payent une mezzanine et s´en vont au ciné

Publié le par Tzvetan Liétard

Toute la soirée ils restent
Assis à digérer
Des navets indigestes
En salle réfrigérée

J’accumule les titres sur un fichier de traitement de texte, puis en bout de semaine, j’écris ces commentaires. J’avoue que ce titre, Meurtre en musique m’avait laissé perplexe. J’ai dû regarder la liste d’en bas (en vo) pour l’identifier. De fait, le jazz prend une grande place et beaucoup de musiciens donnent à ce film une ambiance inimaginable en 1934 (date du premier opus de la série).

C’est que Jambon, jambon traînait depuis un moment. J’avoue que c’est l’actualité qui m’a amené à le regarder. C’était très beau. J’ai ai été sensible à la structure croisée autour du personnage de SIlvia et au déplacement final autour d'un autre personnage. C’était conçu comme une tragédie implacable. Beaucoup d’animaux (pas que du jambon). Le décor, au moins autant que les personnages, que ce soit l’intérieur ou l’extérieur, m’a paru exotique comme un chaînon manquant. Gainsbourg aurait peut-être aimé.

Javier Bardem évoque Marlon Brandon dans Un tramway nommé désir dont je venais de lire la pièce (depuis la lecture de la bio de Louis Jouvet, j’essaie d’en lire, et de variées, j’ai lu L’École des Femmes, Pelléas et Mélissande, a Street Car named desire et un traité de diction, Dire le vers de Milner & Regnault, un traité de phonologie de l’alexandrin classique en fait, très intéressant). La succession des tableaux de Tennessee Williams n’était a priori pas très dramatique hormis le final perturbant. Le jeu de Vivian Leigh m’a semblé bien "théâtral" en regard de celui de ses partenaires, Karl Malden, Marlon Brando et les autres. À propos de distribution, un personnage de femme noire, shunté dans le film, était joué par un homme lors de la création sur scène, en 1949.

Généalogie d’un crime respecte parfaitement le genre. Je me demande quel est l’apport de Pascal Bonitzer. Le film est clairement un film de Ruiz. C’est tourné à Paris, ou dans la région, mais j’ai toujours l’impression que l’on se trouve à Montevideo. C'était très bien.

Avec La part des anges, il semble que Ken Loach se soit inspiré d’un principe d’Aki Kaurismaki selon lequel une dose d’optimisme, finalement, n’est pas si inutile. J’ai été heureux d’y voir du genêt. Il donne à découvrir, le whiskey, notamment, Edimburgh et Glasgow, mais pas que.

Deux conférences avec Pacôme Thiellement.

Quelque jour après avoir vu cette Soirée "Mon cul" avec Delfeil de ton, et alors que je relis L’Ecume des jours pour la première fois et près de 20 ans après la première (en 1995, ça ne nous rajeunit pas) je me rappelle quand j’ai entendu parler de Delfeil de ton pour la première fois : l’édition 10/18 d’alors avait en quatrième de couverture un extrait d’une critique de D.D.T. Il disait combien étaient rares les auteurs identifiables en quelques phrases. « Lire Vian, lire Léautaud… » J’aimerais bien lire Léautaud. J’ai bien aimé lire Delfeil de ton.

 

Elvis Yoga est une conférence séminale. Ç’aurait été un pléonasme si j’avais ajouté l’adjectif bonne au substantif conférence. Il m’a donné envie de voir Man on the Moon et de m’intéresser à Andy Kaufmann, de revoir des films de Jim Jarmush et David Lynch. Il fallait étudier les représentations d'Elvis.

 

 

Song of the Thin Man, Edward Buzzell, 1947

Jamón, jamón, Bigas Luna, 1992

A Street Car named desire, Elia Kazan, 1951

Généalogie d’un crime, Raul Ruiz, 1997

The Angel’s Share, Ken Loach, 2012

Deux moments avec Pacôme Thiellement :
        Soirée "Mon cul" avec Delfeil de ton (Librairie Monte-en-l’air)
           Elvis Yoga (Forum des Images)

Commenter cet article