les points sur les i, les cardinaux, les terminus, point à la ligne, les points de suspension de Céline...

Publié le par Tzvetan Liétard

J’ai abordé l’édition 2014 de Fest un peu différemment.

Habituellement, je n’achète pas de place avec trop d’avance de sorte que j’évite la sélection principale où il n’y a généralement plus de place.

Cette année, j’ai tenu à essayer à voir quelques films manqués l’année précédente.

J’en profite pour dire qu’en l’état, le festival est une aberration. Une quarantaine de films diffusés chacun deux fois, quasiment pas de rencontre ou de conférence de presse qui justifierait la pleine appellation de festival. Surtout, il y a une certaine incertitude quant à l’exploitation future des films à Belgrade puisqu’elle semble dépendre du bouche-à-oreille qui de fait précède le festival.

A revoir le programme, je me rends compte du nombre de films que j'ai bêtement raté.

Cela dit, en l’occurrence, The Grand Budapest Hotel, la Grande Bellezza, The Zero Theorem, Her, Philomena, sont ou ont été ensuite à l’affiche. Mais ce sont des productions avantagées par les noms impliqués (des réalisateurs et des acteurs). Tout ça pour dire qu'à Belgrade, l'AFCAE me manque.

 

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Je n’ai jamais vu autant de films en si peu de temps au cinéma. J’ai essayé de réunir quelques motifs communs à certains d’entre eux. Je n’en ai pas trouvé de pertinent pour l’ensemble des films.

 

  • La première livraison concerne donc les films que je qualifierais d’agricolxploitation.

Bauyr, Serik Aprymov, 2013

Moj Pes Killer, Mira Fornay, 2013 

Stop the pounding heart, Roberto Minervini, 2013

Boven is het stil, Nanouk Leopold, 2013

Le démantèlement, Sébastien Pilote, 2013

Mandariinid, Zaza Urushadze, 2013

  • La deuxième livraison traite des films attendus (ceux dont on a plus ou moins entendu parler). C'est le Glavni Program.

Only Lovers left alive, Jim Jarmush, 2013

Inside Llewyn davis, Joel & Ethan Coen, 2013

The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson, 2014

La Grande Bellezza, Paolo Sorrentino, 2013

The Zero Theorem, Terry Gilliam, 2013

  • La troisième livraison consistera en une sorte de fourre-tout.

La Paz, Santiago Loza, 2013

Kapringen, Tobias Lindholm, 2012

Gehen am Strand, Caspar Pfaunder, 2013

Enough said, Nicole Holofcener, 2013

Canibal, Manuel Martín Cuenca, 2013

 


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I. Agricolxploitation

Beaucoup avaient pour cadre une exploitation agricole ou pour être plus exacte un élevage. C’est souvent pour décrire la fin d’un monde, dont on attend qu’il meurt. Certaines exploitations sont familiales et modestes et ne visent qu’à la satisfaction de besoins personnels (Bauyr, Moj Pes Killer), d’autres sont présentées comme les vestiges d’une activité agricole dépassée en occident (Le Démantèlement, Boven is het stil), Stop the pounding heart présente l’exploitation comme une utopie allant à contre-courant et si Mandarines montre une exploitation en décalage avec la société, ce n’est plus pour des raisons économiques mais de guerre.

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Petit frère (Bauyr) est un film du Kazakhstan dans la tradition des films italo-soviétiques sur l’enfance (oui, c’est un peu vague) on suit ce petit garçon se démerder pour sauver la face et rester digne malgré les abandons ou les arnaques de son entourage. Le film commence dans une salle de classe dans une école de campagne. On ne sait pas encore qui sera le héros mais on sent déjà une société particulière étant donné les uniformes de ces gamins et la leçon de russe très ennuyeuse que les enfants suivent docilement. Parmi les éléments qui lient ce film à 2013, il y a un smartphone ramené par le grand frère étudiant à la ville et l’affiche d’une comédie russe avec entre autre Gérard Depardieu sur un cinéma. On y voit aussi Assaut de Jean-François Richet. Curieusement, c’est une vieille pellicule d’un film soviétique que le petit garçon tenait à montrer à son grand frère, un peu comme si je te garantissais qu’il fallait voir Chatran ou  Un Enfant de Calabre.

On y voit un gamin mettre au lit un pauvre vieux. On y voit un enterrement.

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Mon chien Killer est un film slovaquo-tchèque dont le protagoniste, un skinhead, entraîne son chien à tuer dans la vigne où il travaille. C’est la première fois que je vois dans un film contemporain un film avec un bistro à l’entrée duquel il est écrit sans complexe que l’entrée est interdite aux Rroms. Le temps écoulé entre fest 2014 et la publication de cette note me permet de dire que c’est probablement l’un des films les plus marquants de ceux que j’ai vus. Je ne m’y attendais pas alors, mais il résonne tellement avec l’actualité.

On y voit un gamin mettre au lit un pauvre vieux. On y voit escamoter un cadavre.

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Le Cœur battantdécrit un univers assez insupportable, un projet d’utopie auquel je n’ai pas envie d’adhérer (mais alors pas du tout). Cela ressemble à un documentaire sur une famille qui avait décidé quelques années plus tôt de vivre en communauté. Les parents ont été à la fac, mais ils ont fait toute l’éducation de leurs enfants (une demi douzaine) sur la base de la religion. La scène dans laquelle la mère explique à ses filles la gloire pour la femme d’être soumise à l’homme est l’une de celles qui rendent le plus évident la position de l’auteur. Une autre séquence, de révolte, réjouit comme une éclaircie dans un ciel nuageux.

L’exploitation est celle de chèvres, mais l’univers rappelle également celui de The Lusty Men, celui des rodéos modernes. Chaque fois qu’on explore un nouvel univers, la vie d’une communauté qu’on ne connaît pas, on lui donne le bénéfice du doute. Dans ce cas, et pour le conservatisme volontairement passéiste, non merci.


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C’est Henri Garcin qui m’a donné envie de voir Tout est si calme. C’est ainsi que j’ai appris que ce comédien à la diction impeccable, amant de Catherine Deneuve dans La Vie de Château, époux de Fanny Ardant dans La Femme d’à côté, voisin de Rosy Pierre, je veux dire Roger Varte, enfin Rosy Varte et Jean-Marc Thibault, que ce comédien, donc, était néerlandais. Henri Garcin est à des lieux de ses personnages de bellâtre dans ce film où il interprète un vieillard grabataire à la charge de son fils contraint de gérer seul l’élevage de moutons. Comme le titre l’indique peut-être, c’est un film austère et âpre. Il décrit un malaise, mais contre toute attente, il ne s’agit pas d’un malaise paysan.

On y voit un gamin mettre au lit un pauvre vieux. On y voit un enterrement.

Le-d--mant--lement.jpgLe-d--mant--lement2.jpgLe démantèlementest en revanche le plus sympathique. Gabriel Arcand interprète également un éleveur de mouton mais lui écoute de la musique. Comme dans Camion, la musique folk et les paysages rendent ce film attachant. Leur origine québécoise n’est pas le seul élément qui justifierait une comparaison de ces deux films. L’exode rural y paraît une thématique importante. C’est à Montréal que tout semble se passer, mais hors-champ (hormis un joli plan sur Sophie Desmarais). Concernant cette histoire où ce vieil exploitant décide de démanteler sa ferme pour aider l’une de ses filles à conserver la maison et le confort que son divorce risque de lui faire perdre, on m’a parlé d’une variation sur le père Goriot. Je n’y avais pas pensé car hormis ce motif, on en est bien loin : Gaby (le père, Gabriel Arcand) n’est pas dupe et le film est plus doux qu’amer.

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Je rangerais Mandarines parmi mes westerns de série B des années 50 préférés s’il ne s’agissait pas d’un film estonio-géorgien de 2013 dont l’action se situe en Abkhazie en 1992. Ce film en huis-clos dans lequel des ennemis (un mercenaire tchétchène du côté des russes – on est en 1992 – et un Géorgien) sont obligés de composer (par l’Estonien d’Abkhazie qui les a recueillis et soigné) peut faire penser à No Man’s land auquel je le préfère, mais aussi à ces films qui réunissent nordistes et sudistes. Le film ne parle pas d'Abkhaziens.

On y voit un vieux mettre au lit des gamins salement amochés. On y voit un enterrement.

 

Bauyr, Serik Aprymov, 2013

Moj Pes Killer, Mira Fornay, 2013 

Stop the pounding heart, Roberto Minervini, 2013

Boven is het stil, Nanouk Leopold, 2013

Le démantèlement, Sébastien Pilote, 2013

Mandariinid, Zaza Urushadze, 2013


 

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II. Le Glavni Program 

Le glavni program, ce sont les films que la plupart des top ten ont mentionné en ce mois de janvier 2014. Ce sont des films que j’aime mais qui ne constituent pas des découvertes quelle que soient les affinités que je peux avoir avec les univers de leurs auteurs. J’ai été content de les retrouver au cinéma. Tilda Swinton est présente trois fois.

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En effet, la dernière fois que j’ai vu un film de Jim Jarmusch au cinéma, c’était pour Ghost Dog (autant dire que c’était au siècle dernier), mais le pied que j’ai pris avec  The Limits of Control m’a fortement encouragé à aller voir Only Lovers left alive, premier film de la sélection que je vois.

Quand on a un univers aussi maîtrisé que celui de Jim Jarmusch, les "critiques" du type « un Jarmusch en petite forme » me dépassent un peu. Je me souviens justement d’un ami à la sortie de Ghost Dog qui ne comprenait pas qu’on puisse critiquer le réalisateur. C’était à l’époque de la petite polémique entre Patrice Leconte et les critiques. Sa réaction m’a longtemps fait cogiter (celle de mon ami, pas celle, qui la rejoint, de Patrice Leconte). Effectivement, quand un réalisateur a livré des œuvres aussi maîtrisées et aussi personnelles, il construit une œuvre en prenant des risques.

C’est l’un des films qui aborde le plus profondément la question de la culture et de la sensibilité. Il est facile pour un lecteur de télérama-chronic’art-inrockuptible-kessejenkor de s’identifier à ces vampires esthètes non pas conservateurs mais ayant retenu toutes les strates de toutes les cultures qui s’est accumulée depuis leur apparition. Eve connaît le nom scientifique de toutes les plantes et de tous les animaux (elle a eu le temps de se construire une érudition), Adam maîtrise tous les instruments. On aperçoit parmi les portraits adorés par Adam ceux de Joe Strummer (RIP) et de Neil Young (LIP). On rend hommage une fois de plus à Nikola Tesla, on passe d'ailleurs devant la maison de Jack White…

Malgré leur raffinement, ce sont des vampires qui ont besoin de sang.

On y voit un corps escamoté. On y voit un enterrement.

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En effet, la dernière fois que j’ai vu un film des frères Coen au cinéma, c’était pour The Big Lebowski (autant dire que c’était au siècle dernier). Après quoi, je n’ai vu qu’une copie de Burn after reading. Inside Llewyn Davis confirme s’il en était besoin la certitude qu’un film de ses auteurs sera un bon moment. Ce sont des formidables raconteurs d’histoire.

Le lien avec O brothers et l'Odyssée a déjà été mentionné. Chaque fois que je repense à ce film, je pense au temps où mes chaussures ne supportaient pas la neige.

 

Remarquons que les derniers mots d’Only Lovers Left Alive et d’Inside Llewyn Davis étaient en français dans le texte : « Pardon, s’il vous plaît. » et « Au revoir monsieur ». Et du français, on va en entendre dans le film de Wes Anderson.

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Remarquons également que ces deux films comportent respectivement dans leur casting Tilda Swinton et François Murray Abraham, présents dans The Grand Budapest Hotel. Outre pleins d'acteurs, il contient de la littérature début XXème (Kafka, Zweig surtout, paraît-il) mais aussi du Spirou avec au moins deux motifs :

- Le château qui sert de prison a certainement la même source que celui de QRN sur Bretzelburg. 

- Adrian Brody joue une sorte de Zantafio avec des cousines comme dans Spirou et les Héritiers et un brassard comme dans l’Ombre du Z). Qu'on en juge :

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Du point de vue du casting, c’est sans doute le film qui a offert le plus de croisements dans la sélection du glavni program. Outre Tilda Swinton et F. Murray Abraham, il y avait aussi Léa Seydoux (La vie d’Adèle, La Belle et la Bête), Matthieu Amalric (La Vénus à la Fourrure), Ralph Fiennes (The Invisible Woman), Willem Dafoe (Nymphomaniac).

On y voit un corps escamoté. On y voit un enterrement.

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Cela dit, c’est la première fois que je vois un film de Paolo Sorrentino. La Grande Bellezza racontait l’histoire d’un esthète désabusé, journaliste auteur d’un livre ayant eu du succès 20 ans plus tôt, passionné d’une littérature qui semble n’avoir rien produit d’intéressant depuis longtemps. Après avoir mis en exergue une citation de Céline extraite du voyage au bout de la nuit, on évoque Marcel Proust, Gustave Flaubert et son roman sur le rien et André Breton ; Luigi Pirandello, Gabriele d’Anunzio et Alberto Moravia ;Tourgueniev et Dostoïevski ; Shakespeare.

Puisque l'on parle de littérature, ce film me semble contenir l'argument d'un roman que j'aimerais beaucoup lire (tout comme j'ai énormément de plaisir à lire en ce moment L'Homme sans qualité de Musil).

Il paraît que ce qui a contribué au succès du film en Italie, c'est l'accent napolitain de Toni Servillo. Il en use avec délectation. Naples, c'est la ville de Sorrentino, Servillo et un étudiant avec lequel je travaille et qui m'a expliqué tout ça.

La bande originale correspond à celle que j'attendais également dans the Wolf of Wall Street. Scorses a préféré se faire plaisir.

On y voit un enterrement.

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En effet, la dernière fois que j’ai vu un film de Terry Gilliam au cinéma (et en fait), c’était Fear & Loathing in Las Vegas (autant dire que c’était au siècle dernier). Je crois que ce que j’ai arrêté de le suivre parce qu’il a commencé à utiliser des effets numériques. Cela m’avait paru incompatible avec son œuvre à cause de ce qu’il a dit dans un entretien sur la mauvaise qualité intrinsèque des effets numériques.

The Zero Theorem m’a paru un mix de ses thèmes et motifs habituels du moins à l’époque où j’avais écrit ce petit mémoire au lycée, quand on avait suivi cette option cinéma et qu’on était allé à Tréguier se présenter pour l’épreuve du bac. Sans ses repères, il semble impossible d’aborder ce film autrement que comme un délire arty. Pourtant on y retrouve en vrac Brazil, 12 Monkeys et the Fisher King. Pendant tout le film, je n’ai pas reconnu Christopher Waltz.

 

Only Lovers left alive, Jim Jarmush, 2013

Inside Llewyn davis, Joel & Ethan Coen, 2013

The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson, 2014

La Grande Bellezza, Paolo Sorrentino, 2013

The Zero Theorem, Terry Gilliam, 2013

 

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III. Les autres films

Malgré quelques motifs communs, je n'ai rien trouvé de suffisant solide pour rassembler ces films en un corpus.

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La Paz se situe en Bolivie, mais l’essentiel du film se passe en Argentine.

Une séquence à provoquer une hilarité localisée un peu vexante : le protagoniste, un dépressif, discute avec une prostituée dont on apprend qu'elle se prostitue pour payer ses études. Comme très peu d'étudiants avec les quels je travaille semblent avoir eu une expérience professionnelle, on comprend qu'en arriver à de telles extrêmités pour étudier puisse sembler absurde. Ce n'est pas à mes lecteurs français que je l'apprendrais. Ce motif est présent dans un autre film qui met en scène une étudiante comme protagoniste.

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Hijacking est l’un des rares films hors glavni program que je tenais à voir parce qu’il me donnait l’occasion de retrouver l’auteur de R, un film vu à l’occasion de fest 2011. À cette occasion, j’ai appris que Tobias Lindholm a également participé au scénario de Jagden. Depuis R, je n’ai toujours pas vu un Prophète, et ayant vu ce Kapringen, j’ai dédaigné Captain Philips.

Les caractères m’ont paru originaux, notamment ceux des gens chargés de négocier : du côté des pirates, le jeune homme qui n’est pas un pirate mais qui n’a pas le choix, et du côté de l’entreprise, le patron, un négociateur impitoyable en affaire, mais qui, bien que conseillé par un professionnel, se révèle responsable et humain à la fois. L’alternance des points de vue pourrait lasser, mais cette lassitude souligne la difficulté de la condition d’otage.

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Walking on the beach avait un début prometteur basé sur la contemplation. Ce film, une épreuve, est également une source de réminescences qui me le rendent attachant. Ce film met en scène une étudiante au prise avec un mémoire dont on ne sait rien.

Je me souviendrais aussi de ce film pour l'intervention avant la projection de Caspar Pfaunder, le réalisateur, qui entre autres choses, nous avait demandé d'éteindre nos smartphone. Moi, je n'en ai pas, mais j'ai appris à être impitoyable avec ceux qui regardent leur smartphone dont la luminosité est effectivement extrêmenent gênante. Je ne suis d'ailleurs pas le seul que ça agace. Une fois (pour Boven is het stil) j'ai demandé poliment à une personne de l'éteindre, et cette personne l'a poliment fait. C'était très poli, très contrasté avec l'habitude de voir les gens supporter quelque chose de désagréable jusqu'à l'irritation suprême. Une autre fois (pour La Grande Bellezza), c'était carrément tout le rang devant moi (j'exagère, mais cinq, côte à côte,  ça fait du monde) qui s'ennuyait et qui consultait ses smartphones. Cette fois-là, j'ai étais un peu plus loin, quelqu'un d'autre s'est énervée.

On y voit un enterrement.


Pas d'illu pour çuici malgré la chouette gueule de James Gandolfini


La plupart des films du glavni program (voir II, un peu plus haut)  étaient montrés à Sava Centar. J’y ai vu Enough said, modeste comédie hollywoodienne, entre deux « grands » films. La présence de James Gandolfini a achevé de me motiver. Il y joue un conservateur d'image de type INA. Son travail c'est les archives. Pour ce motif, il peut s’intégrer dans ce cycle de films présentant les dépositaires d’une culture populaire qui tend à être oublié (The Grand Budapest Hotel, Only Lovers Left Alive, La Grande Bellezza et dans une moindre mesure, Inside Llewyn Davis). De fait, cette comédie romantique mettant en scène des quinquagénaires dans une situation propice au genre raconte entre autres des gens qui ont vécu beaucoup (dont un divorce) confronté et des jeunes (leurs enfants) plus ou moins poseurs.
Le personnage principal, interprété par Julia Louis-Dreyfus, est une masseuse.

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Vu par surprise, Cannibal pourrait ravir les amateurs de Chabrol ; attendu au tournant, non, car il manque de méchanceté. Le personnage principal est donc un cannibal, un tailleur et un esthète. Un autre est une masseuse. Le film est propice à la métaphore. CRYPTO-SPOILER (comment dit-on quand on livre une grille d’interprétation qui peut gâcher la vision d’un film ?) mais il semble que ses rapports avec les femmes peuvent être ainsi fantasmés.
Ce film fut également une révélation géographique : je n'aurais jamais imaginé de tels paysage en Andalousie ; c'est bien simple, pour moi, c'était les Pyrénées.

 

La Paz, Santiago Loza, 2013

Kapringen, Tobias Lindholm, 2012

Gehen am Strand, Caspar Pfaunder, 2013

Enough said, Nicole Holofcener, 2013

Caníbal, Manuel Martín Cuenca, 2013

 


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Voilà tout pour Fest.

Nous sommes dans le quantitatif.

16 films si différents, ça en fait une liste quasi illisible.

Le titre de cette note est une chanson de Nougaro.

Je l'ai choisie car mon livre d'attente entre les films et pour le bus, c'était Le Traité de Ponctuation de Jacques Drillon.

C'était bien.

"Point final"


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Ah ! Au fait ! Toutes les illustrations sont de Šejma.

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