Like a lazy ocean hugs the shore, hold me close, sway me more

Publié le par Tzvetan Liétard

Une petite pause Hitchcock avant de reprendre Fest avec les 39 marches. Les paysages écossais sont tournés comme dans des westerns. Certains mystères demeurent irrésolus : quel âge a Mae West et pourquoi les coqs font-ils cocorico ?

Tout comme the rum diary avec Volare, La Folie Almayer commence avec une chanson de Dean Martin, Sway. C'est le film où l'acculturation est le plus problématisé. Ce film est un peu une épreuve, mais il y a une récompense offerte par la performance de Stanislas Merhar et la patience de Chantal Akerman.

Trente ans après the Hunger, Willem Dafoe joue dans The Hunter. Tout comme dans La folie Almayer, il y a un conflit lié à la musique classique et la musique populaire. Ce film, et certainement le roman dont il est l'adaptaton, mérite sa place dans le corpus des histoires racontant une élucidation et celui des histoires d'ouvrier spécialisé qui prend conscience d'une vue d'ensemble. Il faut décidément que je relise Anil's ghost. Contrairement à ce qu'on peut craindre, la bataille opposant écolos et antiécolos reste en arrière plan.

Les familles de Festen et d'Un air de famille sont très différentes l'une de l'autre. Celle de Orpheline de père (je critique les traductions de titre, mais quand il s'agit de s'y mettre, hein...), l'est tout autant. Cela vient sûrement de ma cohabitation avec des germains, il y avait quelque chose de familier, à commencer par la chanson de Rio Reiser (Für immer und Dich)  qui ouvrait ce film. Comme dans les films de Vittenberg et de Bacri-Jaoui-Janon ? –Jasi !, on observe la transformation des personnages comme à travers une psychanalyse. C'est probablement la plus grande émotion de la semaine.

Avec Poongsan, c'est la première fois que je vois un film coréen de genre. J'avais entendu parler de ce genre comme les nouveaux spaghettis, et en effet on y mange beaucoup de nouille. Mais le lien avec les italiens se situe bien sûr dans le personnage principal qui comme Le Grand Silence refuse de parler et les situations inattendues organisées par vengeance. L'un des thèmes, vocal, rappelait même Ennio Morricone. La métaphore politique est évidente, et on aime ce film pour la distance du personnage principal dont on suppose qu'il est Coréen mais dont on ignore s'il vient du nord ou du sud. Le film déplore l'anachronisme bizarre de guerre froide opposant communistes et capitalistes. Le sujet était familier grâce à Han, le prix de la liberté  et au livre de Oh Yeong Jin le visiteur du sud.

Dans Parked, ce ne sont plus deux mais trois goûts musicaux (jazz, métal, classique) qui définissent les personnages principaux. Ça ne les empêchent pas de s'entendre. On voit la mer. On connaissait Colm Meaney, mais on n'a jamais retenu son nom. Il est temps. On découvre aussi Colin Morgan.

Les Marches du pouvoirs ont constitué une pause dans le festival peut-être parce qu'après toutes les émotions des films précédents, les protagonistes agissaient plus froidement et étaient interprété par des acteurs familiers. Ça parlait de morale et d’éthique. Leurs situations offrant toujours une porte de sortie, il était difficile de s’identifier à eux.

C'est avec Le complexe du Castor que j'ai commencé à ressentir une certaine saturation, à ne plus supporter les nappes agrémentées de mélodies au piano. Bien que n'ayant pas entendu OK Computer depuis quoi dix ans, j'ai reconnu immédiatement Exit music (for a film). Je préfère à ce film Lars & the Real Girl pour trois raisons : la pudeur, le rapport au temps et le traitement de la chose qui sert au transfert. Dans les deux cas, l'entourage du personnage principal est perturbé par sa lubie, mais l'histoire de Lars est plus plausible (sans l'être bien sûr totalement).

D'une certaine manière, Beduin permet de boucler la boucle commencée avec Here I am. Malgré la saturation sus-évoquée, le film a réussi à me captiver, et malgré tout ce que le personnage principal se prend dans la gueule, le film parvient à être positif. La rencontre de cultures différentes excluant la mienne est une expérience intéressante. Il y a des Chinois, des Russes, des Gitans, des Ukrainiens, un bateau qui part en Norvège. Et puis la gueule de Mikhail Evlanov.

Rien que pour la musique Vie sans principe était bien. C’était une bonne conclusion pour ce festival, il donnait envie d’y revenir, il a désaturé. Il n'y avait pas de chorégraphie, de personnage se jetant d'un coin à l'autre d'une pièce en tirant, d'atmosphère bleutée dans la nuit.

 

Fest est fini pour cette année. J'avais pensé jouer à trouver les motifs récurrents d'un film à l'autre. Je me bornerai à constater le nombre de film racontant la vie de paumés dans des situations extrêmes, avec un handicap social et des problèmes filiaux sérieux, avec des situations interculturelles plus ou moins infranchissables (et avec en fond musical des nappes musicales agrémentées de piano). Après cette semaine enneigée et grippé à regarder des films faciles, je pensais avoir une certaine endurance mais ces films furent globalement très éprouvants. Mon amie le Chicon masqué suppose que le fait de les avoir vus au cinéma y est pour quelque chose. J'ai du mal à faire la part des choses entre eux, mais chacun continue d’apporter sa part de réminescence, d’émotions et d’images.

J'aurai cette semaine voyagé et chialé !

Il y a beaucoup de films que je regrette de n'avoir pu voir, à commencer par the Artist, sur lequel je pourrais déjà facilement écrire une page sans l'avoir vu, rien qu'en considérations culturelles (sur les relations franco-américaines, sur la cinéphilie, les attentes, les références) j'ai dû avoir vu la bande-annonce 20 fois et j'ai attendu ce film depuis que j'en ai appris la préparation à la sortie du deuxième OSS117.

En plus de m'aider à retenir les noms liés aux films, ce journal, dont je n'écris pas d'un jet chaque note (je taille beaucoup d'inepties avant publication, beaucoup mais malheureusement pas toutes), me permet justement quand j'en ai l'occasion de me défaire d'idées, de les exprimer ici pour ne pas embêter ceux qui n'y sont pas intéressés, ou bien de me permettre de les formuler pour une conversation qui permettra de les approfondir. Cette semaine, il m'aura surtout permis de me défouler.

 

The 39 steps, Alfred Hitchcock, 1935

La Folie Almayer, Chantal Akerman, 2011

The Hunter, Daniel Neitthem, 2011

Die Vaterlosen, Marie Kreutzer, 2011

Poongsan, Juhn Jaihing, 2011

Parked, Darragh Byrne, 2010

The Ides of March, George Clooney, 2011

The Beaver, Jodie Foster, 2011

Beduin, Igor Voloshin, 2011

Life without principle, Johnny To, 2011

La semaine prochaine, je commencerai bien un cycle Dean Martin !

 

 

 
Uploaded by on 23 Mar 2011

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