Moi qui suis femme de président, j'en ai pas moins de coeur pour autant

Publié le par Tzvetan Liétard

Cette semaine, j’ai vu Jean Gabin, Yvonne de Carlo, Peter Falk et Michel Galabru en pyjama.

Ces scènes de la vie quotidienne, ces truands qui se brossent les dents avant d’aller se coucher font partie des images les plus étonnantes de Touchez pas au grisbi.

En regardant La ballade d’un soldat avec des sous-titres serbes, on a eu l’impression que le lexique russe comporte plus de mots utilisés en français (tribunal, lieutenant) que le lexique serbe (sud, poručnik).

À part le projet de film de Tarantino, j’ignore si le terme southern (calqué sur western) désigne un genre spécifique (historique sur les rapports entre les noirs et les blancs dans le sud des États-Unis, par exemple). Si c’est le cas, L’esclave libre pourrait en faire partie. C’est la première fois de vie que je vois un film avec Clarke Gable, et avec Sidney Poitier. Je me demande dans quelle mesure Rau Ru, le personnage intérprété par ce dernier, exprime les revendications noires ou incarne une perception blanche de la colère des esclaves. Ce n’était ici malheureusement qu’un second rôle. La musique était très présente du folklore WASP (my darling clementine) au noir (God’s going to trouble the water), des thèmes connus mais quand même émouvant grâce à des arrangements étonnants malgré mes enceintes. Mais le mieux, c’était quand Sidney Poitier chantait une chanson de marin. Comme dans Vera Cruz, on entend beaucoup parler le français.

Les cinq détectives et leurs side-kicks d’un cadavre au dessert sont tous plus ou moins reconnaissables. Je suis assez fier d’avoir pu identifier le couple de Nick et Nora Charles du Thin Man et d’avoir reconnu le style de Charles Addams dans le dessin du générique. Un plan du haut d’un escalier m’a rappelé ma première murder guingampaise.

Un poison violent évoque la naissance des pieuvres, l’un des derniers films que j’ai vus avant d’entreprendre cette espèce de liste, de même à l’occasion d’un festival du film francophone. Le thème de l’homosexualité en moins, mais le poids de la religion en plus dans cette société sud-finistérienne. On ressort étonné de ne pas avoir entendu Youen Gwernig. Il y avait Louise Ebrel et la musique d’Olivier Mellano.

Même thème que le précédent mais autres tons, car ils sont nombreux dans l’omnibus le diable et les dix commandements, qui est un peu comme un catalogue du savoir faire frââânçais de l’époque. Nous sommes contents de retrouver Maurice Biraud, Lino Ventura et Charles Aznavour juste après un Taxi pour Tobrouk et le duo Louis de Funès et Jean-Claude Brialy avant Carambolage. Un allstar film, qui donne envie d’en voir d’autres.

 

 

Touchez pas au grisbi, Jacques Becker, 1954

Баллада о солдате, Grigori Chukraï, 1959

Band of Angels, Raoul Walsh, 1957

Murder by death, Robert Moore, 1976

Un poison violent, Katell Quillévéré, 2010

Le diable et les dix commandements, Julien Duvivier, 1962

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