on fait tout pour se calmer puis on éclate

Publié le par Tzvetan Liétard

Une nouvelle série de films de cinéclub, certains à l'université et d'autres à l'institut. Le quatrième, on l'a vu avec le chicon mais je ne sache pas qu'il en ait parlé.

Ce sont des films vus entre le 27 mai et le 10 juin.

 

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À propos du cinéclub de la fac, je me suis aperçu que beaucoup d’acteurs apparus dans les films programmés précédemment figuraient également dans Camille redouble que j’ai donc décidé de programmer en clôture, pour le plaisir de retrouver des acteurs familiers dans un film populaire. C’est que les étudiants ne connaissent quasiment aucun acteur français (et c’est bien normal). Restait d’ici-là à faire éventuellement découvrir d’autres acteurs et univers. Des films avec Samir Guesmi, il n’y en avait pas tant, et aucun où il jouait autre chose qu’un second rôle. Dans Anthony Zimmer, il joue un personnage important même s’il n’a que peu de scènes (pas étonnant qu’il ne soit pas sur l’affiche). Mais il fait partie des éléments positifs de ce film par ailleurs bien mené. Yvan Attal est très bien, la main dans son polo lacoste pendant son voyage en TGV.

On en a parlé dans les Caves.

Comme un air

« Vous les femmes, vous le charme », c’est la chouette chanson de Julio Iglésias qui parcourt de fredonnement en performances Comme un air. On a choisi ce court-métrage pour proposer un contrepoint contemporain au film suivant tourné en studio en 1942.


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L’Assassin habite au 21 mais il n’est pas le seul puisqu’au 21, il y a une pension. Captivant. Suzy Solidor était joyeusement agaçante et Pierre Fresnay sympathique mais maladroit. Cela me donne envie de lire du S-A S. (Stanislas-André Steemanns) surnommé par certains le Simenon belge. L’usage de la caméra subjective, l’accumulation des motifs, et quelques passages proches du réalisme-poétique (Bussières sur son lampadaire, la mort de la première victime), en font un vrai film de cinéma, ce qui n'était pas évident si on en croit une certaine tendance du cinéma français.

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Desert Victory est un documentaire primé aux Oscars dont l’intérêt principal semble consister dans le montage et les images proches de la réalité. Quoique documentaire, cela s’inscrit bien dans ce mouvement de cinéma de propagande. Je préfère quand même les fictions franches.

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Touki Bouki était un beau poème. Il m’a renvoyé au lycée, en cours de lettres avec Senghor (beaucoup de choses me renvoient au lycée) pas tant pour le poète que pour la contextualisation. Je sais si peu de chose du Sénégal.
Il avait une nature à la fois élégiaque et documentaire. Certains passages matinés de satire (la préparation de l'accueil de Gaulle) ne sont pas parvenus à trivialiser le propos.


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Tous au Larzac, c’était le documentaire de la session (chaque session dure 7 semaines). Avec Desert Victory, on a appris le rôle de la cornemuse dans les batailles. C’est justement une cornemuse bretonne qui sert de bande originale (animée par André Le Meut). Instructif. On est triste car la victoire du Larzac face à l’État, si elle tient à la constance et la détermination du mouvement, sembl in fine devoir aux circonstances.

les vieux de la vieille

Par contre, Les Vieux de la Vieille, c’était un peu ennuyeux. Notons un parallèle avec les 400 coups inspiré par la présence de l'acteur Guy Decomble qui joue chez Truffaut un instituteur et chez Grangier un chauffeur de car. Le parallèle entre ces deux films, c'est la dénonciation des institution d'enfermement, recours de la société pour les classes qui la gêne (les jeunes ici, les vieux là).


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Par contre, 2 days in new york, c’était chouette. De Julie Delpy je ne connais que ses comédies de famille et interculturelles qui sont très efficaces. Après 2 days in Paris et le Skylab, le plaisir est renouvelé.

 

Anthony Zimmer, Jérôme Salle, 2005

          Comme un air, Yoann Gloaguen, 2006

L’Assassin habite au 21, Henri-Georges Clouzot, 1942

          Desert Victory, Roy Boulting & David MacDonald, 1943

Touki Bouki, Djibril Diop Mambety, 1973

Tous au Larzac, Christian Rouaud, 2011

Les Vieux de la Vieille, Gilles Grangier, 1960

2 days in New York, Julie Delpy, 2012

                                       

Les Notices de Georges Sadoul.

Aujourd’hui Henri-Georges Clouzot.

(Niort 20 novembre 1907) Grand spécialiste du suspense policier, parfois inquiet et trouble, il s’imposa après 1942 par des filmsà grands effets, par son sens de l’atmosphère, le choix des acteurs, sa direction intelligente et un certain goût pour les recherches plastiques, qu’il exprima notamment dans le Mystère Picasso. Ses trois premiers films, L’assassin habite au 21,  Quai des Orfèvres  et le Corbeau, malgré les réactions émotionnelles que ce dernier suscita, étaient avant tout des « policiers ». On le loua, pour ce film un instant interdit, de s’être orienté vers une critique sociale, qu’il voulut affirmer avc Manon, qui n’eut pas la valeur du Salaire de la peur. « Une fois mon découpage esquissé ou terminé, déclarait-il alors, je vais jusqu’à dessiner chaque plan important. Je ne crois pas aux choses prédéterminées. Film et réalisateur font partie d’un « cosmos » complexe dans lequel l’œuvre doit germer, trouver sa matière, sa pâte. Je suis avant tout un physique. Mon plus grand plaisir, c’est le tournage,le montage… Le dialogue, qui tenait une assez grande place dans mes premiers films, a diminué d’importance. Le Salaire de la peur est un film plastique où le dialogue est surtout un fond sonore. J’ai cherché un montage de chocs permanents. Je vise toujours à opposer la lumière à l’ombre. Cela a pu me faire accuser d’être un peu simpliste. Mais je poursuis un effort de simplification pour accentuer les contrastes. […] Et que nous importent les drames mondains, les drames de l’avant-guerre, même relevés d’épices nouvelles ? Le drame social, le drame de notre temps est là. C’est lui qui nous étreint, lui que nous souhaitons fixer sur pellicule. » Les projets qu’il forma alors furent contrariés par la censure. Avec les Diaboliques et la Vérité, fut-il certain de ne pas retourner vert un avant-guerre pimenté d’épices nouvelles (ou non) ? [Une liste]

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