on s'enroulait, on se souvient, on s'enroulait

Publié le par Tzvetan Liétard

Messages codés, poursuites en voiture ou sur le toit des trains, on trouve encore tout cela dans l’homme des poisons.

Mais ce sont les noces sanglantes les plus macabrement impressionnantes. Pour quelques secondes, on trouve Guérande (le vieux jeune premier) plus sympathique que Mazamette.

On a revu par la suite le réveil de l’artiste (intitulé aussi c’est pour les orphelines) et le regard a bien changé depuis que l’on y a reconnu une bonne partie de la distribution. (Ici, malheureusement,  en anglais, seule version trouvée sur internet ; malheureusement car en français, c’est plus rigolo à cause du jeu de mot).

 

 

Ramon Novarro et Greta Garbo, deux des interprètes principaux de Mata Hari, firent partie des gens que fréquentaient Jacques Feyder et Françoise Rosay lorsqu’ils vécurent et travaillèrent à Hollywood (j’en r’caus’rai). La performance de Lionel Barrymore me donne envie de m’intéresser plus à sa carrière (dont on n’a vu que  you can’t take it with you). jusqu’alors, je ne connaissais qu’une chanson au potentiel de standard bien que je n’aime pas trop les arrangements actuels.

 

Uploaded by on 10 Apr 2009

 

On apprend plusieurs définitions du mot Savages dans le film du même nom. Difficile de s’identifier à aucun des personnages ce qui produit un effet similaire à DKR, par exemple (qu'un personnage imite bizarrement). Je n’avais pas prévu d’aller le voir. Ce film s’intégrerait dans la branche filmique de Stone qui contiendrait U turn. Travolta et Del Toro y ont les meilleurs personnages. Il est amusant d’y retrouver des motifs des Vampires.

Quant à Walter Brennan, sa performance de pasteur dans Sergent York était si radicalement différente de ce que je l’avais vu jouer ailleurs que je l’avais presque pris pour Barrymore. L’histoire que raconte ce film en effet très américain (voir ci-dessous) est si incroyable qu’aucun producteur sérieux n’en aurait probablement voulu si elle n’avait été vraie. Bah. Malgré son âge, Cooper est crédible. Edit Je voulais voir ce film depuis que Wayne a fait le rapprochement entre le nom des deux interprète successifs de Jean-Pierre dans ma sorcière bien-aimée.

 

Si j’avais vu à l’âge que j’ai aujourd’hui Pour une poignée de dollar à sa sortie, j’aurais été plus vieux que Clint Eastwood. Comme je ne l’avais jamais vu, j’ai eu l’agréable impression de voir la matrice de la petite dizaine de spaghettis que j’ai vu auparavant (dont les motifs seraient un héros immoral – quoique – et un massacre de masse), matrice extrêmement bien foutue donc.  

 

Les Vampires, Louis Feuillade, 1915

9        L’homme des poisons, 48 mn

10    Les noces sanglantes, 56 mn

Mata Hari, (George Fitzmaurice), 1931

Savages, Oliver Stone, 2012

Sergeant York, Howard Hawks, 1941

Per un pugni di dollari, Sergio Leone, 1964

 

Les notices de Georges Sadoul

Cette semaine Howard Hawks :

(Gosen 30 juin 1896 /) « Homme moderne, il l’est totalement. Ce qui frappe, c’est à quel point son cinéma devance celui de son temps. Américain, il l’est, certes, mais pas plus qu’un Griffith, qu’un Vidor, mais son œuvre, dans son esprit comme dans sa physionomie est née de l’Amérique contemporaine et se découvre être celle avec laquelle celle-ci puisse le mieux s’identifier et totalement, dans notre admiration comme dans notre critique. » (Henri Langlois.)  Il fut célèbre en France dès 1928 avec Une femme dans chaque port . Il avait débuté comme pilote : les films d’aviation sont nombreux dans son œuvre : les Rois de l’air, la Patrouille de l’aube, Seuls les anges ont des ailes, Air Force, Brumes, qui eurent comme thèmes communs la fraternité virile, un héroïsme du quotidien sans panache ni coup de clairon, les rapports des hommes et des machines tantôt dociles, tantôt hostiles. On peut ranger dans les westerns au sens large : Ville sans loi, le Vandale, co-ré W. Wyler, le Banni, co-ré H. Hugues, le très américain Sergent York, drame de conscience dans le sud, la Rivière rouge, la Captive aux yeux claires,  Rio Bravo  et même Hatari, pourtant situé au Kenya. Là aussi, la fraternité virile, les « poings de fer, cœur d’or » tinrent une grande place, allié souvent à la magie naturelle des paysages. « Les gens que je montre, a-t-il dit, ne dramatisent pas les grandes situations, ils les mettent en sourdine, ce qui est normal avec ce type d’homme ; le film moyen parle beaucoup trop. Vous devez bâtir vos scènes, bien les planter, puis laisser le spectateur faire un peu de travail pour qu’il se sente concerné. Tout script qui se lit avec aisance n’est pas bon. [,,,] Vous devez écrire ce que le personnage pourrait penser : il motive votre histoire. C’est parce qu’un personnage croit à quelque chose qu’une situation se produit, non parce que, sur le papier, vous décidez qu’elle se doit se produire. »

On lui doit de remarquables « policiers », westerns, comédies légères ou de mœurs, sujets de guerre. Faulkner aimait travailler comme scénariste avec ce cinéaste. Il donna avec Scarface un film sur le gangstérisme auquel seules peuvent se comparer les Nuits de Chicago, mais, dit-il « Sternberg gonfle un petit rien aux dimensions d’une grande situation, alors que je prends une grande situation et la mets en sourdine ». Il donna aussi un grand classique du « film noir » policier, avec le Grand sommeil . Train de luxe, « tout illuminé par la féminité de Carole Lombard », fut une comédie dramatique où apparut en filigrane la grande crise américaine de 1930. Il réalisa également une parfaite comédie légère américaine, l’Impossible M. Bébé, qu’il préfère de loin à ses autres films du genre :  la Dame du vendredi et même Chérie, je me sens rajeunir. [une liste]

Commenter cet article