oui, mais personne n'a demandé la permission

Publié le par friolan

Quand les hommes meurent, ils entrent dans l’Histoire

Quand les statues meurent elles entrent dans l’Art

Cette botanique de la Mort, c’est ce que nous appelons la culture

 

C’est ainsi que débute Les statues meurent aussi dont la simple vision permet de comprendre qu’à un lieu et une époque donnée, on ait voulu l’interdire.

Petit à petit j’aurai mon building… c’est une chanson leitmotiv de Damouré. Par pure coïncidence, j’ai commencé la semaine avec deux co-auteur de l’An 01 et la dernière partie de ce film (qui dans la version longue se serait appelé l’imagination au pouvoir) sent bon cette époque. Je me demande où en sont ceux de l’an 01 qui doivent actuellement traîner du côté de l’an 37…

Je sais quel est le sketch que je préfère dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe (sans jamais oser le demander).

Ce film de propagande contemporain des faits relatés (quoique prêtant à caution) amène à une uchronie : quel aurait été le destin de la Yougoslavie du XXème siècle si Churchill avait continué à soutenir Dražan Mihailović et ses Chetniks, plutôt que Tito et ses communistes. (C’est comme si Churchill nous avait choisi un autre que de Gaulle). Le mot "serbian" n’a été prononcé qu’une fois, Mihailović est ici, curieusement, le champion des Yougoslaves (royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes avant la guerre) plutôt que des Serbes. Quelle bonne idée de situer l’action à Kotor !

Les cinq secrets du désert est un film qui s’ouvre avec un tank livré à lui-même et dont l’équipage est mort sauf un soldat qui sera le héros du film. On a plaisir à retrouver le cadre d’un Taxi pour Tobrouk même si les lieux de tournage n’étaient évidemment pas les mêmes. Le rôle attribué aux français doit sans doute servir à remonter le moral des FFI, le personnage principal faisant la part des choses entre Laval (« Who told you that [lie] ? Laval ? ») et les Français qui participeront à ce qui s’annonce comme le débarquement. On voit déjà dans ce film ce qu’on aime dans les films de Billy Wilder.

Ténèbres se rangera peut-être avec The Mouth of Madness. 

1 3 4 2 5La Chasse risque d’être obsédant. Il s’apparente à Partie de chasse de Christin et Bilal, entre autres pour la métaphore politique. 1 3 4 2 5 Et puis c’était un film espagnol produit sous la dictature de quelqu’un qui, si j’en crois l’autobiographie du Général Franco*, s’intéressait au cinéma. 1 3 4 2 5 L’un des personnages l’évoquait avec sa petite moustache et l’obsession de son image. Je ne sais pas ce que j’en aurais pensé si l’on ne me l’avait pas présenté comme une métaphore. Mais l’œuvre, simple en elle-même, se remplit de sens. 1 3 4 2 5. Je me demande quelle impression ce film m’aurait laissée si la cinémathèque de Belgrade avait diffusé les bobines dans l’ordre. Ils ont quand même la première et la dernière à la bonne place.

 

Les statues meurent aussi, Alain Resnais, Chris Marker & Ghislain Cloquet, 1950

Petit à petit, Jean Rouch, 1969

Everything you always wanted to know about sex * but were afraid to ask, Woody Allen, 1972

Chetniks, the fighting guerillas, Louis King, 1943

Five graves to Cairo, Billy Wilder, 1943

Tenebrae, Dario Argento, 1980

La Caza, Carlos Saura, 1966

 

Ces deux films américains de 1943 semblent régis par un cahier des charges qui se déterminerait ainsi :

- des protagonistes exclusivement européens,

- des italiens rigolos au service d’allemands sérieux,

- un nazi cruel et un haut gradé allemand respectable,

- un débat sur le patriotisme et la nécessité du sacrifice individuel pour le bien de tous,

- des libertés avec l’actualité (en 1943, la deuxième guerre mondiale n’est pas encore l’Histoire) soutenu par une certaine connaissance géopolitique de la situation,

- la perspective de lendemains qui ne chantent pas en allemand.

On remarquera que von Stroheim ressemble plus à Rommel que Dorn à Mihailović.

 


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Après la chasse, la cinémathèque remit un prix (Златни печат , le sceau d'or) à Alejandro Jodorowsky, ce qui fut l’occasion d’une petite rencontre à laquelle, étant sur place, nous assistâmes, avec bonheur. Je n’ai plus ouvert ses albums que je collectionnais pourtant au lycée et que je lisais et relisais. Je m’aperçus, ce samedi, que cette lecture assidue, quoique ancienne, me marqua suffisamment pour qu’à chaque maxime, anecdote, blague, ou réflexion philosophique, surgisse une image, une scène…

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