puis un souffle étrange a passé, une ombre au mur s'est profilée...

Publié le par Tzvetan Liétard

Films vus entre le 29 septembre et le 3 octobre

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Le Dernier de la liste fut une emplette à Noz. On trouve toujours quelque chose à noz. Je n’avais jamais entendu parler de ce film de John Huston, réalisateur à la filmographie dont on dit qu'elle est prolifique et inégale. Cette comédie policière fait donc partie de la portion dite mineure de son œuvre. Pourtant, la jacquette est remplie de teasers dont le genre (un tueur en série plutôt whodunit que slasheresque), la distribution qui comporte plusieurs caméos aussi célèbres (Franck Sinatra, Burt Lancaster, Tony Curtis, Robert Mitchum, Kirk Douglas) que méconnaissables (à part Robert Mitchum et Kirk Douglas) mais surtout George C. Scott dont j’aime beaucoup l’humour qu’il soit volontaire comme ici ou dans the Hanging Tree, ou manipulé (dans Strangelove). Beau cadeau.

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Voir Que la bête meure après des vacances en Bretagne, passées à explorer la côte Finistère, celle de Crozon en particulier. C’est bien pour ça que j’aime le cinéma. Paul Decourt est probablement le pire personnage interprété par Jean Yanne. Réjouissant.

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Le Récupérateur de cadavres (The Body Snatcher) est une chose, les profanateurs de sépulture (Invasion of the Body Snatchers) en sont une autre. J’ai donc appris grâce à ce film de Robert Wise produit par Val Lewton (ça veut dire que c’est beau) l’existence de la nouvelle Stevenson. Boris Karlof est délicieusement inquiétant.

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Ponette fait partie de ces films que j’étais curieux de voir depuis leur sortie médiatisée à la fin du siècle dernier. Je crois que j’ai voulu attendre la majorité de l’interprète de Ponette pour le voir sereinement. Ce qui m’a frappé dans ce film, ce n’est pas le mélange de réalisme et d’onirisme, ce qui m’a frappé c’est la construction des personnages d’enfants à la fois réalistes et fictifs. Ils paraissent réalistes dans le sens où ils ne comprennent que confusément ; ils semblent parfois fictifs à cause d’un raisonnement qui a été écrit par un auteur. Ce qui est montré, c’est une capacité d’affirmation, de contradiction et de doute chez ces enfants. Jouer, être acteur (sauf dans le cas de l’actor studio) m’a toujours semblé le signe d’une capacité à se décentrer, ce dont on est plus ou moins capable vers sept ans. Lorsque j’essaie de me mettre dans l’état d’esprit que j’avais à quatre ans, je me sens en plein désarroi, sans repère, seul. De ce point de vue, cette fiction donne le vertige. Ce n’est pas un doute angoissé, même s’il est douloureux pour Ponette. Il n’est pas abusif de voir dans ce film une représentation de notre condition d’humain en état de recherche permanente du jeu ou de la vérité (tiens, ça me rappelle une page de Gébé). Il ne s’agit pas d’une vision infantile de la société.

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Fanfan la Tulipe s’inscrit dans ce petit cycle de film de cape et d’épée à la française. Encore une coproduction franco-italienne avec un héros joué par un comédien français et une héroïne interprétée par une comédienne italienne. Le film commence comme un Astérix avec un rappel du contexte et des bons mots (dont Louis XV, Marcel Herrand). À ce propos, le cinéma français des années cinquante fait souvent montre d’un humour qui annonce Astérix, créé en 1959. Papa, Maman, la Bonne et moi évoque un esprit du même acabit et même la java des gaulois, chanson de Ricet-Barrier, n’est pas pour rien dans la création de Goscinny et Uderzo. On s’amuse bien avec ce film.

 

The List of Adrian Messenger, John Huston, 1963

Que la bête meure, Claude Chabrol, 1969

The Body Snatcher, Robert Wise, 1945

Ponette, Jacques Doillon, 1996

Fanfan la Tulipe, Christian-Jacque, 1952

 

Les notices de Georges Sadoul…

 

Cette semaine Robert Wise :

(Winchester, 10 septembre 1914) Modeste, acceptant souvent des besognes, mais ne cherchant pas la publicité et ne posant pas au génie, ce très honnête réalisateur réussit quelques excellents films : la Tour des ambitieux,  The Set up, Le jour où la terre s’arrêta, le Coup de l’escalier, avant de diriger avec brio et intelligence West Side Story, qui renouvela la comédie musicale américaine, beaucoup grâce à la chorégraphie de Jerome Robbins.

D’abord monteur pour Orson Welles. [Une liste.]


Toutes les illustrations sont de Šejma.

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