she's gonna break some heart tonight, she's gonna make them learn

Publié le par Tzvetan Liétard

Le troisième cinéclub de l’année à la fac se poursuit avec Tatie Danielle dont la méchanceté est délectable. Je me souviens avoir vu ce film à la télévision dans les années 90 et d’un grand malaise. C’est un peu par masochisme que je l’avais montré car je l’ai de nouveau ressenti. Toutefois, il semblerait qu’il ait plu. Mes collègues français s’étonnent du fait que je n’ai pas vu la vie est un long fleuve tranquille. J’espère combler cette lacune

Les Indomptables, je chiale. Je voulais comme chaque semaine un western fifties. Si le XIXème est une condition siné qua non, ce n’en est pas un. Si les rodéos le sont, alors ça va. On s’interroge tout du long sur le personnage de Robert Mitchum. Susan Hayward a une certaine classe. Mais ce sont les plans sur les gens solitaires qui émeuvent le plus.

À Londres, on s’est offert deux coffrets d’Agnès Varda. Outre huit films, on peut voir divers court-métrage et retour sur des films qui sont tout aussi passionnants. Je garde les Plages d’Agnès, apparemment retour sur une vie, pour la fin, mais j’ai bien hâte de le voir.

Les dites cariatides par exemple donnent à voir ces statues parisiennes dont j’ignorais le nom et aux quelles je n’avais jamais même fait attention. Le débit d’Agnès Varda et l’humour de ses commentaires la rendent extrêmement attachante. Sa lucidité et son professionnalisme, impressionnante. Je sais comment alimenter mes prochaines balades parisiennes.

 

 

Une des thématiques de la Pointe courte rejoint celle the lusty men. Les scènes de dialogues entre le jeune Noiret (24 ans, et sa diction déjà tellement reconnaissable) et Silvia Monfort sont au choix hypnotiques ou ennuyeux (on pense à un film de Bergman pas trop réussi, jusqu’à la coiffure de Noiret qui rappelle celles de Max von Sydow dans les films médiévaux). En revanche, les parties documentaires sont plus prenantes, notamment les mises en scènes de la vie quotidienne des locaux de la Pointe courte, petit quartier de Sète où vivaient des pêcheurs.

Du côté de la côte rappelle évidemment à propos de Nice. Beaucoup d’idées de mise en scène, d’association d’idée et de visions plastiques rendent ce film drôle et agréable.

 

C’est la qualité qui manque à Ai Wei Wei : Never sorry intéressant mais tellement mal fichu, c’est-à-dire produit comme, disons, une bande-annonce MTV. A des dramatisations faciles et à ces choix de distillation d’information, j’aurais préféré de la neutralité. Je ne parle pas de neutralité dans le parti pris pour le sujet (ce serait absurde) mais dans le traitement du matériel (fondus, musiques fades et lourdes etc.) dans lequel le personnage central fait plutôt penser à une caricature de success story (malgré l'intérêt réel de son projet de liste). Une autre frustration vient sans doute de l’absence d’analyse des relation entre l’artiste et les réseaux sociaux dont il s’est beaucoup servi. Le dernier bémol concerne le fait que ce film est fait par et pour des occidentaux. On n'apprend absolument rien sur la Chine qui ne soit vu à travers le spectre occidental (le mot "démocratie" aurait besoin de mieux être expliqué : ce n'est pas une chose évidente surtout en Chine, et s'il est présenté comme tel, il est galvaudé) Mais le sujet justifie que ce premier film en tant que réalisatrice fasse une telle carrière de festivals (on l'a vu en Slobodna Zona). Encore une fois, le document est très intéressant, à ses moments d’humour.

Car en somme que demande à un documentaire sinon de documenter ? Théo Klein juif, français, israélien est aussi une personnalité attachante. Il faisait partie des intervenants de Comme un juif en France. On l’écoute parler. Ça peut être ennuyeux mais ça fait moins mal aux yeux que le long clip (dans le mauvais sens du terme) que constitue le film précédent. Les contradictions, les paradoxes apparents font beaucoup de bien. Le film est dit écrit par ses auteurs malgré le fait qu’on n’entende quasiment que monsieur Klein.

 

Tatie Danielle, Étienne Chatilliez, 1990

The Lusty Men, Nicholas Ray, 1952

Les dites cariatides, Agnès Varda, 1984

La pointe courte, Agnès Varda. 1954

Du côté de la côte, Agnès Varda, 1958

Ai Wei Wei : Never sorry, Alison Klayman, 2012

Théo Klein juif, français, israélien, Jean-Baptiste Frappat & Stéphane Khémis, 2008

 

Les notices de Georges Sadoul

Cette semaine, Nicholas Ray :

(Raymond Nicholas Kienzle)(La Crosse 7 août 1911) Un auteur (mais pas à tous les coups) qui sut exprimer l’inquiétude de la jeunesse et de la société américaines dans la Fureur de vivre, un film qui compte dans l’histoire du cinéma et où il tira de James Dean, ce « rebelle sans cause », le meilleur de lui-même. Il avait débuté, avec les Amants de la nuit, par un film qui fut en quelques sortes une préface à son œuvre maîtresse ; cette inquiète sauvagerie, cette interrogation sur le sens de la vie ne se retrouvèrent pas toujours dans les films qui suivirent, exécutions parfois de commandes de producteurs : les Ruelles du malheur, etc. Il se retrouva pleinement dans  Johnny Guitar , western intellectuel, puis dans la Fureur de vivre, aue furent loin de valoir le trop recherché Derrière le miroir ou la Forêt interdite. Malgré quelques faiblesses, Amère victoire fut une grande œuvre par où il exprima son horreur de la guerre, son sens de la nature et du comportement humains. Il réussit encore à émouvoir dans auelaues scènes des Dents du diable où des Esquimaux furent incarnés par des Américains et des Japonais. Mais il succomba lourdement dans un remake cinq fois milliardaire du Roi des rois et dans une super-production :  les 55 Jours de Pékin .

D’abord architecte ; radio ; scénariste. [une liste]

Commenter cet article