I like burning houses down, and factories as well
I like burning anything, this the truth I tell
Librairies and museum, both of them have fell
I like burning things, burning things is swell
Le début de Dracula est une surprise merveilleuse. L’absence de musique, la lenteur des répliques, les silences entre elles… Renfield y est le personnage que je préfère. La séquence du voyage en bateau parvient à traduire en peu de temps et sans grande installation le journal de bord du bateau.
The Thin Man est le premier roman que je n’aie jamais lu en anglais, (en débarquant à Malte). Je n’y avais rien compris, mais j’en avais retenu le mot swell bien utile pour apprécier les Tiger Lillies. Je l’ai relu dans la perspective de voir L’Insaisissable. William Powell se tortille un peut trop et surjoue parfois l’étonnement, mais sa complicité avec Mirna Loy est fort sympathique. Un ton moins tough et plus familial que le roman, l’histoire est pourtant bien respectée.
Humphrey Bogart est vraiment là dans Play it again Sam, très belle imitation. Une diction peut-être un peu plus mouillée que le vrai, mais les mimiques et le langage sont respectés.
J’ai regardé Tonnerre Sous Les Tropiques après avoir relu certains articles du Manière de Voir 88 et notamment celui-ci.
Il y a quelques mois, dans le commentaire de cet article, je pris violemment la défense de James Stewart, le sentant injustement attaqué. Ma défense était, elle aussi, injuste, à deux titres. 1° il est tout à fait capable de se défendre tout seul. 2° Hormis deux films d’Hitchcock que j’avais vu quand j’étais petit et la Classe Américaine, je ne le connaissais absolument pas. J’ai depuis vu The Man who shot Liberty Valence et Anatomie d’un meurtre. J’assume à 200% ma défense. Ici, il est copain avec Duke Ellington (ils jouent du piano à quatre mains). Ben Gazzara ressemble à Johnny Cash et Lee Remick joue l’un des personnages féminins les plus aguichants de ma carrière de spectateur (auquel James parvient non sans peine à résister). Il y aussi George C. Scott, l’acteur le plus outrageusement comique de Doctor Strangelove ! J’ajoute pour finir que la lecture de Maigret chez le Coroner peut s’avérer utile à un spectateur français qui veut essayer de comprendre le déroulement d’une instruction de procès américain.
Un rapport entre Catch-22 et Tropic Thunder, en dehors duquel ils n’ont rien à voir, sont deux morts violentes et choquantes. Dans chacun des films on voit un personnage être pulvérisé instantanément et un autre perdre ses viscères. Catch-22 ressemble à un film européen, mobilisant notamment Kafka et Fellini. Orson Welles y joue aussi un rôle. J’avais lu Catch-22 lorsque j’étais étudiant en littérature à Malte (le corpus comprenait en outre The Crying of Lot 49 et Beloved). Avec Art Garfunkel.
Aldo Ray, Peter Ustinov et Humphrey Bogart sont des méchants sans complexe, des frères Dalton, des Rapetou, des voleurs et des tueurs sympathiques. La dernière minute de La cuisine des anges (la peste soit des titres français) est une insulte au reste du film. Elle rappelle d’ailleurs sans la détrôner celle d’Angels with Dirty Faces. Il y eut à Hollywood un code à respecter pour pouvoir sortir des films. Disons-nous qu’une dernière fois, Joseph, Jules, Albert et Adolphe se foutent des autorités et font juste semblant pour permettre au film de vivre sa vie. Rappelons-nous aussi la fin de Casablanca qui dédouane Michael Curtiz.
Carne, presque parfait. Je dis presque parce que sans ça, Melkior Abraham n’aurait pas fait Seul contre tous.
À bientôt trente ans (tic – tac – tic – tac) j’ai longtemps été nourri de second degré, entraîné à chercher et apprécier ce qu’il peut y avoir de subversif dans œuvre pop’ comme prop’. J’ai peut-être vu ou lu plus de parodies et de détournements que d’originaux. Concernant l’armée et le racisme ordinaire, ce furent les Innommables qui m’apprirent à en rire, vers le lycée (Cloaque et le cycle d’Aventures en jaune). J’ai repensé aux personnages de Yann & Conrad en regardant Aventures en Birmanie à cause bien sûr du lieu et de l’époque traitées mais aussi parce qu’Errol Flynn (que je découvre ici) joue un rôle indirect dans la bande-dessinée. Bref, je l’ai abordé à titre documentaire pour prendre clichés et codes à la source. Mais le film était bon, grâce, entre autres, au rythme.
Dracula, Tod Browning, 1931
The Thin Man, W.S. Van Dyke, 1934
Play it again, Sam, Herbert Ross, 1972
Tropic Thunder, Ben Stiller, 2008
Anatomy of a Murder, Otto Preminger, 1959
Catch-22, Mike Nichols, 1970
We’re no Angels, Michael Curtiz, 1955
Carne, Gaspar Noé, 1991
Objective Burma, Raoul Walsh, 1945
Le Manière de voir 88 sur les cinémas engagés (Août 2006). Deux parties, l’une diachronique mais quand même synchronique, et l’autre synchronique quoique localement diachronique. Et une grande filmographie. Mais rien sur la Yougoslavie. Il faut donc lire l’article de Laetitia.
Supreme Lounge est l’une des nombreuses anthologies de cinéma de monsieur Stéphane Lerouge, à qui l’on doit notamment cette fameuse collection de bandes-originales. Monsieur Stéphane Lerouge a raison de faire attention aux musiques des films et à leurs compositeurs. Celle-ci est à diffuser l’été, lors d’une party au bord de la piscine. Il y a surtout Cosma et Legrand, mais aussi Sarde, Magne et Bolling. Intéressante chanson en langue inconnue de Paul Misraki. Ces musiques ne sont généralement pas reprises dans les anthologies en raison de leur anecdotisme frisant l’easy-listening : elles ne sont jamais le thème principal d’un film, mais un thème utilitaire dont on peut supposer que sitôt composé, sitôt oublié. Et pourtant… Rassemblées ici, plus que l’insouciance et les discothèques de nos parents, elles reflètent l’atmosphère d’un univers parallèle d’où sont sortis les films d’Yves Robert et de Georges Lautner.
Entre deux chapitres des Fantômes du Chapelier, j’apprends la mort de monsieur Chabrol.
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