some people dress cause they like to get dress, but you just dress to get dress

Publié le par Tzvetan Liétard

Il ne faut pas cultiver les souvenirs d’(E comme) Enfance. Cependant, certains perdurent. Deleuze se souvient de 1936 comme quelque chose d’effarant. Ce n’est pas l’arrivée au pouvoir du front populaire (à côté du quel mai 68 semblait, sinon moins bouleversant, du moins d’une autre portée) mais la réaction antisémite des petits bourgeois à l’encontre de Léon Blum. C’est un souvenir d’enfance de Deleuze.

Pour contextualiser L’Ennemi Public n°1, il convient d’avoir entendu parler des Brigade Rouge et de la Bande à Baader, des assassinats d’Aldo Moro et de Robert Boulin. On n’a pas tant montré que ça les QHS. On en a bien sûr beaucoup parlé. Ce deuxième opus n’était pas si complexe. Le premier avait livré pas mal de clefs. On a un personnage plus sûr de lui. On y repense souvent. On se dit que Mesrine, mort avant notre naissance, était un personnage fascinant, que Cassel est malgré tout un grand acteur, et que Richet (dont ce sont les seuls films que j’ai vus) sait raconter des histoires.

La (F comme) Fidélité dont il est question ici, c’est celle en amitié.

Où l’on apprend comment l’engagement à (G comme) Gauche a pu empêcher des études sérieuses aux militants distributeurs de tracts.

Les blogs d’Inisfree et du Docteur Orloff m’ont décidé à visiter Gordon Douglas. À l’issue de ces visionnages, je suppose que résidant à Paris, j’aurais posé une semaine le temps de cette rétrospective d'il y a trois ans. On a repéré des motifs communs à ces trois films, un langage commun aussi, malgré des styles différents. Ce sont peut-être des clichés. Je n’y connais rien en western.

On se souviendra de l’ouverture de Barquero et de Warren Oates qui fait un méchant formidable. On dirait un spaghetti. Comme dans les films suivants, des relations amoureuses extra-sociales ont lieu. Je le note, mais je ne sais pas pourquoi.

Les 7 voleurs de Chicago donnent une leçon de classe américaine, mais la scène d’épilogue rappelle étrangement celle des Trois frères. Je me demande pourquoi Sinatra fait toujours le chef et Davis Jr. un larbin. Grâce à des sites de partage de vidéo, on peut certainement montrer les séquences musicales, mais je suis bien content de les avoir découvertes ici. Peter Falk est génial en mafieux au fort accent italien. On se demande pourquoi Edgar G. Robinson n’est pas crédité. Comme souvent, je parle beaucoup des acteurs. Il faudrait tout souligner (décors, dialogues, humour, etc.). Meilleur que Ocean’s eleven (peut-être) et 4 for Texas (sûrement)

Chuka le redoutable me rappelle que je ne suis pas encore critique : je l’aime autant que Johnny Guitar et pour d’autres raisons qu’Ernest Borgnine. Ils ont commun une atmosphère existentielle liée à l’isolement d’une communauté (ici un fort tenu par des soldats et des officiers dont on s’aperçoit qu’ils n’avaient que le choix entre ce poste et la prison) et à la musique (on apprécie jamais autant des arpèges de guitare que dans un film hollywoodien des années 50).

J’envisage souvent de me lancer dans des mini-cycles de réalisateurs. Passé le deuxième film, j’insiste rarement. Je laisse reposer .Ici, le réel plaisir procuré par ces films m’a poussé à regarder de suite les autres pour comprendre comment il fait et à quoi je marche. Je ne sais pas si Gordon Douglas est un auteur (je suis perverti par ces putains de cahiers du cinéma des 50's – je me soigne) mais je lui dois de grands plaisirs. Il y a plus que trois ans entre Barquero et Chuka. Chuka semble dater d’années 50 et Barquero, venir d’Italie.

 

E comme Enfance, Pierre-André Boutang, 1996

L’Ennemi Public n°1, Jean-François Richet, 2008

F comme Fidélité, Pierre-André Boutang, 1996

G comme Gauche, Pierre-André Boutang, 1996

Barquero, Gordon Douglas, 1970

Robin and the 7 hoods, Gordon Douglas, 1964

Chuka, Gordon Douglas, 1967

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Vincent 13/04/2012 13:26


Très heureux de vous avoir aidé à ouvrir vos DVD de GD :) J'avais vu "les 7 voleurs de Chicago" il y a bien longtemps, je m'en souviens comme d'un film agréable mais guère plus. C'est vrai que
les séries du rat Pack mettaient souent en avant Sinatra et Dean Martin.


"Chuka", je l'ai découvert l'an dernier. J'aime beaucoup l'actrice italienne, Lucianna Paluzzi (superbe dans "Le pistolero de l'Ave Maria) mais j'avais trouvé que le film manquait d'un petit
quelque chose, une tension que je trouve plus palpable dans "Only the valiant".

Florian 23/04/2012 19:38



Il me faut donc voir only the valliant ! Merci pour les conseils et le contact.


A bientot.