Tant de misère, de désespoir avaient de quoi vous rendre fou

Publié le par Tzvetan Liétard

C’est avec ce énième cinéclub que je réalise l’importance de la thématique de la famille (à part Avida et les Herbes folles). Le Vilain et Pieta (que j’avais aimé, je ne dis pas toujours mon sentiment car tout le monde s’en fiche à raison) semblent raconter la même histoire.

Le fort de la dernière chance était tout-à-fait inattendu même si le titre original qui m’intriguait aurait dû me mettre la puce à l’oreille. le personnage d’Audie Murphy est un Yankee qui déserte pour rentrer dans son Texas natal et prévenir des raids indiens. Malgré son uniforme il se fait accepter par les sudistes dont il est un rejeton. Arrivé dans une région sans hommes (tous partis à la guerre) il aide la communauté des femmes à s’organiser pour tenir un siège. Comme souvent dans ce genre de film, les personnages sont des archétypes. Ici, ce sont des archétypes de femme et non d’homme transposé en femme. Mais si dans le détail, on ne trouve pas nécessairement de correspondance, on la trouve dans les groupes (dans les deux il y a des couards, des hystériques – eh oui – des gens courageux, des pittoresque). Les types de femmes seraient la bigotte, l’entraîneuse, l’esclave, la conservatrice, la femme abandonnée par son homme qui l’a mise enceinte par inconséquence. Toutes sortes de rapport ssociaux, féminins ou non d’ailleurs, y sont mis en scène, de façon parfois violente. Le féministe que je suis pourrait être dérangé par le fait que ce soit un homme qui mène cette organisation, mais ce serait se méprendre : le choix de Murphy pour prendre la direction des opérations a été accepté en conscience par la communauté pour ses compétences militaires. D’autre part, ces femmes en jupons, qui se battent, tirent et flinguent, meurent aussi au combat. Ça bouge les représentations auxquelles le Hollywood de l’époque pouvait nous avoir habitués.

Duel dans la boue est assez particulier dans sa structure : il a les moyens et la durée d’un western standard mais s’étend sur plusieurs années. C’est aussi une fable particulière dont le déroulement dépend de l’attitude des personnages. Ce film repose sur le cas de conscience de Lat Evans, un jeune cowboy ambitieux qui risque son innocence. Je ne connaissais aucun de ces acteurs et il semble qu’il fallait un jeune acteur inconnu – Don Murray l’était-il ? – pour l’interpréter. Aucun acteur hormis Lee Remick, impressionnante et très sexy dans Anatomy of a murder. Je parle beaucoup des acteurs. Je ne choisis plus de western en fonction du nom du réalisateur : trop de belles surprises sont cachées derrière les noms inconnus que je retiendrai peut-être. Je me laisse guider par le titre, parfois par la distribution, par l’affiche, par Eddy Mitchell*…

Le Mouton à cinq pattes est intéressant : tous les personnages sont Fernandel et pourtant, ils sont tous différents. J’en déduis que Fernandel est différent. On l’avait vanté ici pour l’excellent duel dans un bateau et c’est vrai que ce duel dilatté est excellent, avec un Fernandel violent (dans ce sketch) à la – il est vrai aussi – Sergio Leone.

C’est étonnant de voir les efforts scénaristiques pour éviter les clichés. Dans la vallée de la poudre (c’est le nom du lieu) le héros veut élever des moutons comme l’indique le titre original. Avec Shirley McLaine.

Georges (...) Perec : propos amicaux à propos d’« Espèces d’espaces » est bien conçu. Les illustrations du texte ne sont pas redondantes et le montage des témoignages pertinent. Le film émeut comme un livre de Perec.

Je me demande comment Cœur d’apache a été perçu à sa sortie. Pas très impressionnant, je suppose étant la couverture média. Il ne semble pas moins moderne dans le propos que de nombreux films du genre de 1930. Avec Lilian Gish.

 

Le Vilain, Albert Dupontel, 2009

The Guns of Fort Petticoat, George Marshall, 1957

These thousand hills, Richard Fleischer, 1958

Le Mouton à cinq pattes, Henri Verneuil, 1954

The Sheepman, George Marshall, 1958

Georges (...) Perec : propos amicaux à propos d’« Espèces d’espaces », Bernard Queysanne, 1999

The Musketeers of Pig Alley, David Ward Griffith, 1912

 

 

Les notices de Georges Sadoul

Cette semaine, Henri Verneuil :

(Rodosto, Turquie 1920) Vingt courts métrages, des films « régionalistes » : la Table aux crevés, 1951, le Boulanger de Valorgues, avec Fernandel, un « policier » aux grandes recettes, Mélodie en sous-sol en 1963, et une carrière internationale de « best-sellers » jusqu’au Serpent, en 1972, soit vingt-cinq longs métrages au total.

 

 

* J’appelle Eddy Mitchell tous les bloggers cinéphiles qui parlent beaucoup de westerns, ce sont, en bas dans la colonne de droite Christophe, Tepepa et Bertrand Tavernier. Vincent Jourdan est un spécialiste de John Ford. Chuck Tatum a partagé les titres d’ouverture de These thousands hills. Il est des communautés stimulantes.

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Vincent 25/01/2013 16:43


Bonsoir, je suis moi aussi flatté de me retrouver en si bonne compagnie. Mais dites-moi, ne nous étions nous pas croisés sur un autre blog de votre main où il était quetsion de "d'eau de vie de
songes et de liqueur de rêves" ? Je confonds peut être mais la présentation ciomme le style...

Tzvetan 25/01/2013 23:04



Et moi, je suis encore plus flatté de vos visites à vous et à Christophe.


Nous nous somme effectivement croisé sur la toile mais pas à cette occasion.


J'avais laissé quelques commentaires sur Inisfree (par exemple au sujet de Gordon Douglas ou de l'Enfant Sauvage) sous le nom de Tzvetan ou de Florian. Plus récemment, J'avais communiqué un
extrait du 'Petit Bleu de la Côte Ouest' à propos de 'Wake of the Red Witch'.



Christophe 11/01/2013 16:06


Le qualificatif est flatteur. Merci.

Tzvetan 25/01/2013 22:55



Oula ! Je ne découvre que maintenant ce commentaire !
Cela me donne l'occasion de vous remercier directement pour la concision des articles d'"avis sur des films" et des pistes dont il recèle !