the past keeps knock, knock, knocking on my door and I don't want to hear it anymore

Publié le par Tzvetan Liétard

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Les Quatre cents coups aura été le deuxième cinéclub de la saison 2013/2014. On lit au générique le nom de Jean Constantin, et on entend Albert Rémy chanter où sont passées les…
Sachant qu’un film de Pialat que je n’ai pas vu, L’Enfance nue, a été motivé par le manque de réalisme du film de Truffaut pourtant lui-même présenté comme un film plus soucieux de la représentation de l’enfance que ses prédécesseurs. C’est vrai que certaines des anecdotes racontées paraissent invraisemblables malgré leur authenticité.

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Le film demeure émouvant à la seconde vision. La maladresse ds enfants (Antoine et le petit Richard Kanayan qui lutte avec son cahier lors de la dictée de Jean Richepin en premier lieu). Les défauts techniques du premier long métrage d’un réalisateur qui n’a jamais été assistant réalisateur sont plus visible ici. La caméra est parfois hésitante mais on ose des trucs.

 

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La première chose que je note dans L’Homme qui rit, c’est bien entendu la performance de Conrad Veidt dans le rôle titre. Son étrangeté le rendait plus monstrueux que la plupart des monstres de Universal mais il obligeait à trouver dans son regard ce que ces zygomatiques empêchaient Gwynnplaine d’exprimer. Et lorsque les conditions l’amènent à être franchement heureux, on sent dans son regard l’accord avec son sourire. J’aime un peu plus le livre que le film, mais des deux fins, c’est celle du film que je préfère.

smiling-man-2.jpgC’est la fin s’intitule plus explicitement Apocalypse à Hollywood en serbe (Apokalipsa u Holivudu).
Je l’avais abordé comme un documentaire, mes connaissances en Apatow étant parcimonieuse (le dernier épisode de Freaks & Geeks qui m’avait paru sympathique) et quelques titres intrigants. Les acteurs ont aussi été une découverte pour moi. J’attendais une satire d’Hollywood. Sur ce plan, c’était plutôt bon enfant comparé à ce qu’ont révélé certains livres racontant les années 30 et 40, et plutôt trash, dans la veine Apatow, peut-être.
Le dispositif m’avait aussi tenté : les acteurs jouant leur propre rôle  dans une fiction (comme dans Grosse fatigue). En cela, c’était aussi un documentaire puisque j’ai pu faire connaissance avec des acteurs et saisir une série de titres de films que je ne verrai probablement jamais, mais que je saurais situer (faut s’informer). Comme je ne les connaissais pas et qu’on était dans la caricature, j’ai plutôt vu des personnages d’acteurs que des acteurs jouant leur propre rôle, ce qui ne m’a pas posé de problème particulier.
Après avoir vu quelques films de la période du muet et notamment ceux qui prenaient la religion du livre comme cadre mythologique, j’ai été content de voir ce parti pris en 2013. J’ai par exemple pensé à la Charrette fantôme, au film pour les ressemblances avec les débauches de David Holm et le livre pour sa morale, sa prière finale qu’on retrouve bien moins intensément dans This is the end.
La satire était bien vue. L’élément le mieux représentée concerne le point de vue, la perception. En gros, l’égoïsme des personnages, leur incapacité à voir plus loin que le cocon dans lequel ils préfèrent s’enfermer malgré l’apocalypse est une satire claire (même si certain la diront inconsciente) qui rejoindrait presque des films dans la veine d’Elysium ou de Snowpiercer (que j’attends de voir) pour citer d’autres films de 2013.
J’ai eu vent de reproches quant à l’esthétique de l’apocalypse. J’en ai vu autant que ce qu’en ont regardé les personnages. Bon public, j’ai eu des frissons à voir les destructions s’opérer. Disons que j’ai pensé à an American wolf in London pour les scènes urbaines, à Ghostbuster pour un monstre et, effectivement, à Spawn pour certaines séquences plus spectaculaires.
Le genre de film que je suis content d’avoir vu, que je pouvais défendre (comme Cut).

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Le dernier des hommes m’a rappelé Amerika de Kafka mais pas pour des raisons typiquement kafkaïennes : le film m’a paru américain alors qu’il a été tourné en Allemagne. Ces décors n’avaient rien de la manière dont je m’étais représenté Berlin à la lecture de Berlin Alexanderplatz. Emil Janings.

Ajoutée le 23 septembre 2011 par Maximiliano Lopes

 

Les Quatre cents coups, François Truffaut, 1959

The man who laughs, Paul Leni, 1928

This is the end, Evan Goldberg & Seth Rogen, 2013

Der Letzte Mann, Friedrich Wilhelm Murnau, 1924

 

Les notices de Georges Sadoul @

Cette semaine, Paul Leni :

(Stoccarda 8 juillet 1885 – Hollywood 1929) Figure importante de l’xpressionnisme allemand finissant, ce plasticien avait été formé comme décorateur par Max Reinhardt. Si l’Escalier de service fut plutôt un jalon qu’une réussite,  le Cabinet des figures de cire fut une œuvre importante, avec son baroque extravagant et la cruauté de ses tyrans. Ce succès le fit appeler à Hollywood où il fixa un nouveau type de films de terreur, avec la Volonté du mort et le Dernier Avertissement où des caméras ultra-mobiles explorèrent des décors hallucinants et où des épisodes au comique un peu outré vinrent rompre de temps à autre un angoissant suspense.

 

Toutes les illustrations sont de Šejma.

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