to be dammit ornette to be

Publié le par Tzvetan Liétard

Je crois avoir vu tous les films de Bruno Podalydès de Liberté-Oléron à Adieu Berthe en passant par son court-métrage qui ouvrait Paris, je t'aime. Dès le début, ces films m'ont fait plaisir, mais je préférais toujours le suivant. Le dernier film est effectivement celui que je préfère et de loin. D'après Vincent d'Inisfree, le réalisateur est revenu aux fondamentaux de Dieu seul me voit, qu'il me faudra voir.

La clinique de l'amour semble réussir le projet de l'auteur expliqué ici. Je n'avais pas reconnu Dominique Lavanant.

Kaléidoscopique, Holy Motors montre plusieurs facettes de Paris, du Cinéma, de Denis Lavant. L'un de ses personnages rappelle effectivement Berk. Il y a de la satire et du satyre, aussi, un peu.

Je ne m'attendais pas à une histoire de trafic d'arme d'un réseau de banditisme serbe (qui ont volé des armes à l'OTAN) quand je suis allé voir Mains armées. Je me demande s'il y a eu des réactions. En tout cas, le film a deux ou trois répliques qui empêchent de soupçonner les auteurs d'anti-serbisme. De toute façon, cette intrigue reste en arrière-plan et on entend très peu parler serbe (« nemam pištolj, ne pucaj, ne pucaj ! »). Une réplique de Roschdy Zem discutant avec son supérieur (Nicolas Marié) m'a laissé un peu perplexe. Il justifiait sa volonté de ne pas faire remonter certains résultats de l'enquête au niveau européen et de garder le contrôle des opérations en raison de conflits d'intérêts liés à la région : les Allemands étant plutôt du côté des Croates et les Italiens plutôt du côté des Serbes. Selon Lucas, le personnage de Zem, la neutralité de la France leur permettrait une plus grande neutralité. Je connaissais la position de l'Allemagne mais j'ignorais celle de l'Italie. Quant à l'idée de neutralité de la France, elle m'a un peu surpris étant donnée la position de l'État incarné par Mitterrand. Il fallait sans doute comprendre que le personnage ne pensait pouvoir se porter garant de cette neutralité que dégagé de pressions internationales. J'ai envie de conclure quelque chose de la présence de Gérard Meylan et de Nicolas Marié, chacun associé à une famille du cinéma français (Guédiguian et Dupontel), mais je ne vois pas bien quoi. En tout cas, c'est intéressant de voir Nicolas Marié dans un contexte plus sérieux, moins délirant. J'avais bien aimé apprendre à ne pas être en position de juger les personnages.

Par contre, les braqueurs allemands de Taxi étant moins ancrés dans une quelconque géo-politique, on était plus dans l'anti-chleuisme de bon aloi (si cela était possible). J'ai reconnu cette fois-ci Richard Sammel.

 

Adieu Berthe, Bruno Podalydès, 2012

La Clinique de l'amour, Artus de Penguern, 2012

Holy Motors, Leos Carax, 2012

Mains armées, Pierre Jolivet, 2012

Taxi, Gérard Pirès, 1998

 

Pas de notice de Georges Sadoul cette semaine.

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