tout ce qui est dégueulasse porte un joli nom

Publié le par Tzvetan Liétard

Encore une semaine toute en français.

 

Ce sont des films vus entre le 11 et le 20 juin.


******


 

À l’Institut Français, on a organisé une soirée courts-métrages dont le thème aurait pu être « début d’histoire d’amour à Paris » si l’un d‘entre eux ne se situait pas à Versailles.

tous-les-garcons.jpg

Ce qui est marrant dans Tous les garçons s’appellent Patrick c’est que l’on retrouve déjà des spécificités (superficielles) de Rohmer dans le scénario et les dialogues (la thématique) et de Godard dans la mise-en-scène (beaucoup de citations et déjà la ville).


j-aurais-pu.jpg

J’aurais pu être une pute est un film de Baya Kasmi. Je le dis car on y retrouve effectivement quelques thèmes du Nom des Gens. Bruno Podalydès joue un personnage proche de celui qu’il interprète dans l’épisode Montmartre qu’il a réalisé pour Paris, je t’aime.


Versailles-rive-gauche.jpg

Mais le clou, c’était bien sûr Versailles Rive gauche avec une apparition du même Bruno Podalydès qu’il fallait jouer à reconnaître. D’un point de vue civilisationnel (je suis prof de FLE), le film comprend beaucoup d’éléments intéressants, dont la passion d’Arnaud (Denis Podalydès) pour Tintin, personnage peu connu hors du monde francophone, passion assez étrange vue de l’étranger dans un intérieur bourgeois.


Ce qui frappe dans ces trois films, c’est l’abondance de livre, voire de bibliothèques, dans les appartements. C’est aussi la passion pour les livres au moins chez Godard et Podalydès. C’est aussi la musique. C’est encore des histoires de rencontres, de séduction.

 

******

conte-de-printemps.jpg

 

Dans Conte de printemps il y a également des bibliothèques.


Conte-de-printemps2.jpg
Désormais, je peux dire que j’ai vu tous les contes des quatre saisons. Conte d’automne fut le premier film que j’ai jamais vu d’Éric Rohmer, au lycée avec Pascal. Ça l’avait ennuyé, ça m’avait séduit. J’ai attendu longtemps avant de voir en vrai (et aimer) Conte d’Été dont je vis jadis des bouts chez Olivier. Conte d’Hiver et Conte de Printemps sont des films que j’aurais donc vu plus récemment. Il est encore un peu tôt pour le dire au sujet du Printemps, mais des films de Rohmer, il me semble que ce sont ceux-là aux quels il m’arrive le plus souvent de penser.
Conte de Printemps a quelque chose d’un thriller à la Barbet Shroeder. La situation dans laquelle cette jeune prof de philo se retrouve embarquée est assez flippante en fin de compte.

la-vie-est-un-roman.jpg

La vie est un roman est la combinaison de deux histoires situées sur le même lieu (un château des Ardennes françaises) à deux époques distinctes (l’avant et l’après première guerre mondiale et une époque contemporaine) L’un des thèmes de ce film et notamment de la partie contemporaine est l’éducation. Le personnage de Pierre Arditi, un instituteur fantasque convié à ce colloque un peu surréaliste, m’a rappelé celui de Roberto Benigni dans Chiedo asilo. Pierre Arditi n’étant pas Roberto Benigni, cette performance paraît la moins convainquante du film.

 

******


Retour au cinéclub de l’Institut Français.

Un bisou pour le monde est un court métrage qui se passe dans une salle de classe. Une institutrice un peu caricaturale semble avoir un problème d’autorité. On y aperçoit également un numéro du monde. Ce sont là des motifs du film suivant.

du-vent-1.jpg

Il s’appelle Du vent dans mes mollets. Il fut l’occasion de retrouver Denis Podalydès. Cette comédie touchante pleine de gros mots et de mélancolie a bien fonctionné. Un film féminin jusqu’à la chanson finale inattendue et impressionnante, comme si le film devait servir à aborder cette chanson de Barbara.

 

du-vent-2.jpg

 

******


Dans la perspective d’un cycle autour de Jacques Demy [qui a eu lieu les deux premières semaines de juillet], j’ai choisi de voir deux films avec Catherine Deneuve.

 

agent-trouble.jpg


Je connais très mal Jean-Pierre Mocky. De lui, je n’ai vu que le Furet. Et ce n’est malheureusement pas cet été que j’aurais pu me rattrapper à la cinémathèque française. On dit du Furet que ce n’est pas son meilleur film. C’est possible. Pourtant, on y trouve déjà de quoi comprendre pourquoi aimer Mocky. Je parlais à propos de Poupoupidou le plaisir que m’a procuré l’intrigue qui est manifestement le résultat d’un certain travail de production qui remonte à l’écriture. Agent trouble, comme le Furet d’ailleurs, est encore plus proche d’un polar (dont il est d’ailleurs une adaptation) dans la tonalité. Il m’a fait l’effet d’un vieux "série noire" dont le papier a jauni, mais dont le contenu est sinon subversif du moins suffisamment choquant pour intéresser.
Catherine Deneuve à contre emploi est excellente. Les comédiens font bien leur boulot. Le personnage incarné par Bohringer est particulièrement épatant.

 

l-africain.jpg


L’Africain se situe évidemment sur un autre mode de production et Catherine Deneuve, volubile et charmante, autoritaire et touchante, est en revanche telle qu’en son personnage. On retrouve un Noiret africain plus bonhomme que dans Coup de torchon.
Une vraie comédie d’aventure que j’aurais sûrement aimé voir quand j’étais petit et dont j'aurais apprécié la redécouverte.

 

 

Tous les garçons s’appellent Patrick, Jean-Luc Godard, 1959

J’aurais pu être une pute, Baya Kasmi, 2011

Versailles Rive gauche, Bruno Podalydès, 1992

Conte de printemps, Éric Rohmer, 1989

La vie est un roman, Alain Resnais, 1983

          Un bisou pour le monde, Cyril Paris, 2007

Du vent dans mes mollets, Carine Tardieu, 2012

Agent trouble, Jean-Pierre Mocky, 1987

L’Africain, Philippe de Broca, 1983

 

 

Les notices expédiées de Georges Sadoul.

Aujourd’hui, Philippe de Broca.

(Paris 1935) Plein de savoir-faire intelligent, doué pour les aventures comiques. [Une liste]

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article