tu comprendras pas qu's'il y a des truands c'est parce qu'il y a aussi des cœurs et qu'ils cachent une blessure profonde qui les rend méchants

Publié le par Tzvetan Liétard

Nous aurons malgré nous mélangé cette semaine psychopathes, Bretagne et musique romantique. En parallèle, nous lûmes Le chant de l'équipage de Pierre Mac Orlan (avec son lot de bretagne, de psychopirathes et de musiques plutôt traditionnelles, dont une chanson qui me vient elle aussi de l'enfance).

 

Le film Sept psychopathes comporte trois références à la culture française (ma profession m’y rend sensible) : Une chanson de Berlioz, la différence entre les films américains et les films français, expliqué par le personnage de Sam Rockwell et une troisième que j’ai oubliée. Enfin bon. Combien de films parlent d’un bizness de kidnapping de toutous ? Le seul qui me vienne à l’esprit, c’est Archimède le Clochard. Une bonne part du casting et même le style du film renvoie aux années 90 et à Tarantino (True Romance, Natural Born Killer – pas vu -, etc.). Christopher Walken n’est pas mort. Tom Waits incarne enfin un personnage proche de ses chansons. Le titre de Berlioz, c’est 'Premiers transports que nul n'oublie..." de "Roméo et Juliette dont voici une version : 

Published on Sep 4, 2012
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maadlus

Il y a un bel écho entre ce film et la chanson de Robert Lamoureux qui me trotte depuis un moment.

 

Uploaded on Aug 23, 2010
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MurdocJarhead 

 

Trop belle pour toi (ab)use de Schubert. Existait déjà en disque laser. C’était le Depardieu de la semaine.

Au cœur du mensonge m’a refilé des cauchemars. D’abord, pour la première fois dans un film, j’ai entrevu la possibilité de tuer quelqu’un, et les conséquences. J’ai entrevu qu’il pouvait m’arriver de tuer quelqu’un. Le film a fait vaciller pas mal de certitudes. La conclusion est un abcès qui crève sans possibilité de le désinfecter. Un soulagement en quelque sorte, mais avec quelles conséquences ? On entend le personnage principal crier le nom de Vivianne. On entend lors d'un concert des mélodies de Reynaldo Hahn sur des textes de Verlaine (d’une prison) et Hugo (si mes vers avaient des ailes). Les voici successivement :

 

Published on Sep 15, 2012
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Amy Blake 

 

 

Uploaded on Jul 19, 2011
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operazaile

C’était un film très culturel avec beaucoup de citations (notamment de Drieu la Rochelle et de Wilde) qui permettent à Desmot de briller en société. La fatuité opposée à l’angoisse, cela explique bien des choses. Le film se passe à Cancale (35).

1979-2019 ou Le projet autobiographique du personnage principal du film est un film amateur de bien meilleure qualité qu’Ogroff (ce qui ne veut rien dire). Ce n’est malheureusement pas achevé, mais en l’état, il est déjà impressionnant sur ses possibilité Blier-esques (le personnage-narrateur sadressant au passé à la caméra pour raconter ce qu’il vit sur l’image), humoristiquement Baer-esque (la science du bide, le parti pris de l’amateursime), thématiquement flippant (un film de psychopathe rural, même si Brest (29) est mentionné à un moment). On entend le personnage principal crier le nom de Viviane. Mais le voici :

 

 

Nous avons regardé Le gang des frères James programmé à la Kinoteka (dans de bonnes conditions, mais toujours avec le même projectionniste stagiaire) pour prolonger notre cycle autour de Jesse James (que nous n’essaierons pas de boucler à tout prix). Nous avons été attiré par le casting qui fait correspondre aux fratries du gang James-Younger-Miller-Ford les fratries d’acteurs Keach-Carradine-Quaid-Guest et ça fonctionne plutôt bien. C’est la première que je vois tous ces personnages en même temps. De plus, tous les motifs de la légende sont présents : la course sur un train, la fuite en traversant une rivière, le tableau à redresser, la mère et la femme de Jesse James. Toutes les variations de rigueurs le sont aussi (sur les motivations de James et de Ford notamment). La narration n’est pas celle d’une biographie qui tenterait une explication romancée. Nous avons plutôt une succession de séquences plus ou moins spectaculaires dont les personnages interprétés par les frères Carradine semblent être les véritables héros. Certaines séquences sont agrémentées de ralentis sanglants dans lesquels on a l’impression d’identifier la patte de Sam Peckinpah (que je connais très mal, mais la parodie explique ce que je veux dire).

 

Uploaded on Jun 2, 2006 by MrAlexSan00 

La voix de Stacy Keach ressemble à celle de Burt Lancaster. Une scène de danse lors d’une fête dans une grange nous a rappelé le début de the fastest gun alive. Avant Nick Cave (et Warren Ellis) on voit que Ry Cooder s’est déjà attaqué au thème pour un réalisateur. Avec ces musiciens, tout nous rapproche de Wim Wenders… Harry Dean Stanton vu dans Seven Psychopaths, Sam Sheppard vu dans les films de Dominik…

The Pact se situe dans un univers parallèle dans lequel Global remplace Google et où les reportages de Mystère ne verraient pas leur authenticité mise en doute. J’ai fait semblant d’avoir peur, mais en fait pas du tout. Je plaisante : dès lors qu’on accepte d’être manipulé (c’est-à-dire de regarder le film), il fonctionne bien (les silences, la métaphore psychanalytique). La bande originale suffirait à prouver que c’est un film d’horreur indé. Mais le Chicon en parlera mieux que moi.

Après hector bErlioz (1803-1869), franz shubERt (1797-1828), et REynaldo Hahn (1874-1947), Le Mystère des Roches de Kador nous permet de découvrir david PoppER (1843-1913)* dont les andante interprétés par d’Erquy plurent à Suzanne de Lormel.

Published on Oct 29, 2012
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georginasantor

Du film (qui nous a été recommandé dans l'excellent avis sur des films), outre les décors bretons, nous aurons retenu une mise en abyme du cinéma. Le passage illustrant la guérison (Suzanne subit un traumatisme qui l’a plongea dans un mutisme après la double tentative d’assassinat dont elle et son amoureux faillirent être les victimes) était étonnant. Il met en scène l’une des vertus possibles du cinéma qui serait la possibilité d’exprimer par une mise en situation narrative et visuelle (sans mot) quelque chose de difficile à exprimer rationnellement. « Elle a pleuré… Elle est sauvée ! » est une réplique qui restera gravée que ce soit au niveau de la guérison ou de la simple empathie à laquelle le cinéma (tout comme d'autres arts narratifs) peut aider à préparer.

Uploaded on Dec 8, 2011 by koldelectronics

On y retrouve une partie du casting des Vampires.

Au bout d’un moment, le solide film intitulé la fille du désert m’a rappelé High Sierra du même Raoul Walsh. Je me suis dit : « Attention, tu auteurises (motif) un réalisateur dont tu aimes surtout la façon de raconter une histoire. » De fait le western était une transposition du film noir. De fait Virginia Mayo s’est rapprochée d’Ida Lupino. Il faudrait revoir High Sierra (dont j’ai depuis mieux compris le titre français).

 

Seven Psychopaths, Martin McDonagh, 2012

Trop belle pour toi, Bertrand Blier, 1989

Au cœur du mensonge, Claude Chabrol, 1998

     1979-2019, Jérémy Le Corvaisier, 2009 ?

The Long Riders, Walter Hill, 1980

The Pact, Nicholas McCarthy, 2012

     Le Mystère des Roches de Kador, Léonce Perret, 1912

Colorado Territory, Raoul Walsh, 1949

 

 

* cette énumERation nous pErmettra de constatER la supERiorité de bERtram woostER sur au moins deux points.

 

Les notices de Georges Sadoul.

Cette semaine, Léonce Perret :

(Niort, 13 mai 1880 – Niort 1935) Peu exigeant pour ses scénarios, il accepta les pires feuilletons, la vulgarité, les propagandes cocardières, mais il possédait le sens du récit et un grand goût pour les recherches plastiques. En 1913, son Enfant de Paris fut un modèle d’écriture cinématographique, très en avance sur son temps et même sur le D.W. Griffith d’alors. [une liste qui ne mentionne pas Le Mystère des Roches de Kador et qui le fait ne faire débuter Suzanne Grandais qu’en 1913].

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