un ikh bin in der yidishe medine der same letster, vos hot zi gekent

Publié le par Tzvetan Liétard

L’actualité de janvier m’a poussé à me gaver de mémoires.

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J’ai vu Shoah, un film particulier, dans un contexte particulier. Il a été projeté à Rex. Rex est un centre culturel qui se situe à Dorćol. Dorćol est l’ancien quartier juif de Belgrade. Rex occupe l’ancienne Synagogue (tout comme Bitef, un théâtre, occupe l’ancienne église catholique qui ne se trouve pas d’ailleurs pas très loin du Rex, Je te ferai visiter tout ça, si tu passes dans le coin un jour). Me rendre à Rex, c’est-à-dire me promener dans un quartier que je connais finalement assez peu, est comme un voyage dans le temps qui me rappelle Kad Svane Dan, un film que je ne peux que recommander.
Shoah a été diffusé en deux jours, avec deux pauses par projection. Les pauses permettaient les invités de faire des commentaires. C’était présenté comme un séminaire, mais c’était plutôt une rencontre-débat, débat auquel je n’ai pas pris part.
Pour suivre ce film, j’avais, très utile, le recueil en folio des sous-titres. En parlant de folio, je venais de lire Auschwitz de Léon Poliakov, poussé par le contexte médiatique alors en vigueur sur la facebookosphère française.
(En passant, je distingue le problème du Négationnisme de celui de la Censure, afin d’éviter de dire des bêtises. Toujours en passant, le travail de Mémoire que font les communautés me concernent toutes puisque je tâche n’en faire partie d’aucune.)
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Le film de Claude Lanzmann m’a beaucoup rappelé un le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls alors que je ne l’ai pas vu. Je ne connais qu’une scène traitée dans Cinéma et Histoire de Marc Ferro (toujours chez Folio). On y verrait Marcel révéler les contradictions d’un collaborateur. En tout cas, dans Shoah, c'est, d'un point de vue dramatique, extrêmement efficace.
Pendant les rencontres, si j’ai bien compris, une intervenante (d’origine israëlienne) a reproché à ce documentaire l’absence de questionnement politique, alors qu’il suffit de le constater.

 

Les films suivants parlent aussi de racisme.

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Tout ce que le ciel permet a donc été la source de Angst essen Seele auf. Ici, le rejet vient d’une différence de classe, non d’origine ethnique (c’est curieux comme dès qu’on pose des mots sur ces phénomènes, ils s’en retrouvent comme désamorcés). J’aime dans la scénographie de ce film le too much dans les couleurs et, parfois, la mise en scène (le joli daim). Rock Hudson me rappelle un Sylvester Stallone qui ne serait pas déglingué par les matchs de boxe, il a un côté très fifties (le film date de 1955) qui n’est pas sans rappeler Elvis Presley, son cadet de dix ans.

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Je me demande si Le vieil homme et l’enfant est subversif. Le traitement du personnage incarné par Michel Simon est en tout cas très provocateur. Il est sympathique malgré son antisémitisme presque caricatural, ce qui est propre à déranger. Quand il compare la proportion de juifs dans la population française à celle dans l’élite et la politique, on ne peut s’empêcher de se rendre compte que ce discours a été ravivé. Le vieil homme et l’enfant pourrait être un film d’apaisement national. Pépé est par ailleurs un personnage plus fort que la plupart des opportunistes qui l’entourent. Là où j’attendais un vieux réac conservateur, il fait preuve d’un grand progressisme sur certains points, ce qui peut paraître étonnant étant donné le contexte social.
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C’est le deuxième film autobiographique de Berri que je vois. J’avais constaté que Je vous aime était très proche de  l’amour en fuite (tout en étant très original, bien sûr). Celui-ci rappelle énormément Les Quatre-Cents coups, tout en demeurant encore une fois très personnel.
Les parents, Charles Denner et Zorica Lozi
ć sont touchant. Un petit salue aussi à Marco Perrin, que je n’aurais pas mentionné si…
C’était le premier long-métrage de Claude Berri.

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La victoire en chantant est aussi un premier long-métrage, celui de Jean-Jacques Annaud, et le seul film co-produit en Afrique à avoir reçu un oscar. On pense à Coup de torchon, à d’autres productions engagées de Jacques Perrin. Le casting est uniquement composé de comédiens ayant brillé dans des seconds rôles. Ils sont tous bons (Jacques Dufilho, Maurice Barrier, Claude Legros…)  mais c’est Jean Carmet qui marque le plus. L'une des meilleure séquence.

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Il y eut une pause de près d’une semaine avant de revoir un film. Je voulais voir un western, genre dans lequel la problématique du racisme a souvent été traitée. J’ai choisi Hombre dans lequel Paul Newman interprète un Apache (John Russel est d’origine européenne mais a été élevé par des Apaches). Nous sommes en Arizona en 1884. Le sujet de ce film est l’aporie dans laquel le racisme peut poser les ressortissants de peuples dont l’un est dominé par l’autre, dont l’un a été massacré par l’autre. Je l'ai formulée, cette aporie, et elle me paraît si naïve, que je ne la dévoile pas. D'ailleurs sa mise en scène m'avait posé un problèmeLe film est très pessimiste. On ne s’en sort pas.

 

 

Shoah, Claude Lanzmann, 1985

All that heaven allows, Douglas sirk, 1955

Le vieil homme et l’enfant, Claude Berri, 1967

La victoire en chantant, Jean-Jacques Annaud, 1976

Hombre, Martin Ritt, 1967

 

 

Les notices de salaud de Georges Sadoul !!!

 

Cette fois-ci Martin Ritt :

(New York 2 mars 1920) Venu de la télévision, il débuta de façon très intéressante, en 1957, avec deux films à petit budget : L’homme qui tua la peur Edge of the City), les Sensuels (No down Payment). Ensuite, reconnu par Hollywood comme « director » de film A, il ne donna plus que des œuvres médiocres.


Toutes les illustrations sont de Šejma.

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