Les extremes satyres

Samedi 26 mai 2007 6 26 /05 /2007 01:28

Une bande-dessinée : René Vautier, personnage.

C'est chez Styl Ou Nko que j'en ai entendu parler pour la première fois, sans doute. Ou alors, c'est d'abord un copain qui m'a parlé de l'intervention de Kriss et Davodeau aux champs libres, à Rennes. Kriss, le scénariste de un homme est mort y racontait comment l'engagement de son grand-père l'a conduit à s'intéresser à ce qui se passait à Brest dont il ne restait rien en 1950. Il fallait bien tout reconstruire. En ce printemps 1950, la police a réprimé une manifestation d'ouvriers pas payés depuis un moment. Alors, un homme est mort. Edouard Mazé, qu'il s'appelait. Kriss (le scénariste) et Davodeau (le scénariste et le dessinateur) ont choisi de mettre en scène cette chronique à travers le point de vue de René Vautier, témoin professionnel (au sens de vocation, et pas lucratif) et donc cinéaste. L'occasion de découvrir Brest détruite et le cinéma d'action (système de diffusion qui n'est pas un vrai système : on montre le film où on peut, comme on peut). Le dossier final est très utile pour comprendre le contexte. C'est surtout l'occasion de découvrir un cinéaste et un évènement historique.

Un Film : René Vautier, réalisateur.

René Vautier est l'auteur, entre autre, d'Avoir 20 ans dans les Aurès (1972) Je viens de le voir à l'instant, intrigué par la démarche de ce bonhomme libertaire. Habitué au genre du documentaire, c'est en fait une fiction documentée qu'il réalise ici avec Alexandre Arcady, Jean-Michel Ribes et Philippe Léotard comme acteurs connus. C'est l'histoire d'un commando d'appelés ("on a pas demandé à venir") venus en Algérie de Bretagne ("tu comprends, le père Trividic, il nous a dit, faut vous mettre à la place des fellaghas, face à une armée de racistes... des fils de prolos, ça peut pas faire les mêmes saloperies... faut qu'vous y alliez, pour ceux d'en face.")

 

Ces jeunes soldats ont été idéalistes, avant de débarquer en Algérie. Dans Lacombe Lucien, de Louis Malle, le "héros" était attiré par l'action : pas d'idéologie chez lui. J'en parle parce que j'ai ressenti comme un écho entre ces deux films, qui fait aussi résonner la France ambigüe du siècle dernier et dont on n'est pas près de sortir. A moins qu'on diffuse plus souvent ces deux grands et beaux films et leurs cousins.

J'ai un problème avec l'"identité".

J'aurais voulu dire un dernier mot sur la société de production de ce film qui se revendique bretonne (Vautier auteur de la Folle de Toujane, avec Gilles Servat), mais je ne sais pas trop quoi en conclure. Je n'ai pas résolu mes problèmes avec les revendications nationalistes. Cependant, la revendication semble saine ici, car ce que propose le film n'est pas en vase clos. Il touche à l'universalité avec une histoire particulière qui révèle la tension entre l'homme et le monde. Pourtant, le logo de la société qui consiste en une carte de la Bretagne me rappelle l'idée d'une fraternité pas précisemment supra- ou inter-nationale mais "délivrée du carcan étatique", constitué ici par l'Etat Français. Je ne crois pas que ce fut le but des producteurs et de l'auteur. Je ne sais pas encore comment considérer l'Etat par rapport à la/aux nations. J'ai énormément de mal à mettre sur un même plan de victimes de la colonisation l'Algérie et la Bretagne, comme l'ont fait certains. A mon avis, ce n'est pas ce que fait ce film (heureusement) mais j'y vois quand même une critique salutaire de l'emprise de l'Etat sur les individus (et les peuples ?).

Oui, c'est un film politique.

Et Un homme est mort aussi est politique. Elle a montré à ceux qui ne l'imaginaient pas possible (voir témoignages dans les dossiers) que la bande dessinée pouvait aussi être un moyen de contestation, de revendication sociale et/ou de mémoire et avoir d'autres fonctions que celle (honorable) de divertissement. (ben oui, comme le cinéma). Si la bande dessinée est réussie, c'est une autre histoire.

Allez, salut et fraternité !

Par m. florian - Publié dans : Les extremes satyres
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Samedi 5 avril 2008 6 05 /04 /2008 21:52

 C'est en faisant deux choses en même temps que l'on peut prendre conscience des lois de l'univers.

 Par exemple, hier je lisais une biographie de John Reed en regardant l'aile ou la cuisse ?

  

 

L'aile ou la cuisse ?  (diffusé régulièrement sur les chaînes belgradoises, presque aussi souvent que Darling) raconte, entre autres, les relations tendres et conflictuelles entre Charles Duchemin (Louis De Funès) et son fils Gérard (Coluche).






John Reed est un journaliste américain et communiste auteur de Les 10 jours qui ébranlèrent le monde sur la révolution de 1917. Il est né à Portland et son père s'appelait CJ Reed.

   

Les coincidences en forme de frictions temporelles  :
  

  • - CJ, ce sont aussi les deux lettres de la plaque d'immatriculation de la Rolls des Duchemin.
  • - Dans l'usine de Tricatel, Gérard parle enfin intimement à son papa de ses projets au moment où je retrouve le père de John Reed qui meurt alors qu'on ne parlait plus de lui depuis plusieurs pages.
  • - Toujours dans cette usine, Charles perd sa montre au moment ou j'apprends que CJ lëgua la sienne à John Reed.

 Il est des moments où les extrêmes s'attirent, et quand ça arrive, ça fait des petites étincelles parfumées et des chatouillis de neurone.

  
 Il ne manquerait plus qu'un satyre ait trouvé un exemplaire de
Reds, (un film de et avec Warren Beatty dans le rôle de John Reed) et que ce satyre soit né le même jour que John Reed.

Par Florian - Publié dans : Les extremes satyres
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Samedi 19 avril 2008 6 19 /04 /2008 17:46
Il y a trois jours, je consulte l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache (puf, Quadrige), mise au point par Senghor. Dans sa préface de 1948, Sartre explique aux blancs la force de la poésie, et pourquoi Césaire est important. Il explique aussi le racisme anti-raciste, éclairant à l'heure de la discrimination positive.

J'avais envie d'y retourner depuis les cours de lettres de term' L d'il y a dix ans, quand Senghor était au programme.
Par un extrême satyre - Publié dans : Les extremes satyres
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